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Archive for the ‘Éducation’ Category

Une lettre qui se passe de commentaires

Posted by Jean-Frédéric Martin sur jeudi 1 décembre 2011

Jean-Frédéric Martin

par Jean-Frédéric Martin

Marjorie Raymond s’est enlevée la vie lundi dernier, ne pouvant plus subir l’intimidation dont elle était victime à l’école.  Voici l’intégrale de la lettre qu’elle a laissée à sa mère et à ses proches avant de passer à l’acte.  Triste récit d’une jeune fille qu’on a tuée à petit feu.  Il y a des mots qui blessent, des mots qui tuent.  Il y en a d’autres qui font mal.  Très mal.

Chère maman! Je suis énormément désolée de ce que j’ai fait et sache que c’est loin d’être ta faute.

Au contraire, je te ferai du mal sans le vouloir. Tu es la meilleure maman au monde. C’est juste que la vie, je n’en peux plus. Montre cette lettre aux gens qui vont te blâmer! AVIS À TOUS : Chantal Larose est une personne exceptionnelle et une mère formidable!

Je ne t’aurais échangée pour rien a……u monde!

Maman, je vais veiller sur toi. À chaque seconde qui va passer, je vais être près de toi pour te soutenir. En d’autres mots, je vais être ton ange gardien pour toujours. Je t’adoreeeeeeeeeeee.

Je ne veux pas que tu aies de la peine. Je crois que ma place est en haut.

Je ne méritais pas d’être entourée par des trésors comme toi. Je m’en veux tellement de t’avoir donné la vie dure…

Je dis fuck le proverbe qui dit « loin des yeux, loin du coeur! » Tu ne me verras plus, mais je serai là à chaque instant. Excuse-moi, maman, vous allez tous me manquer! Dis-toi que j’ai eu du mal à quitter ce monde, car je ne peux pas m’imaginer de ne pas vous côtoyer, toi, Greg et Destou. Mais, au moins, je pars pour un monde meilleur.

Ne fais surtout pas de connerie. Continue de nous aimer, nous, tes trois enfants, de prendre soin d’eux et surtout de toi.

Tu mérites tout l’or du monde. Au plaisir de te revoir en haut. Je vais t’attendre avec papi Yves à mes côtés et sache que lorsque tu te sentiras observée ou touchée, c’est moi qui te sers dans mes bras de toutes mes forces.

Je t’aime à l’infini. Aucun mot ne peut te décrire.

Greg, mon cher frère, occupe-toi de maman comme une prune. Ça va me manquer de m’obstiner. Je t’adore même si toi ça laisse à désirer.

Prends soin de toi! Et aide notre précieuse maman.

Destiny, mon petit chaton, tu ne comprendras pas ce qui s’est passé. Et je ne veux pas non plus. Continue de bien grandir, tu es mon petit amour! Je vais suivre ton parcours, parce que je ne veux pas que tu prennes les mêmes chemins que moi!

Maintenant je suis avec ton papa! Je t’aime.

Papa, je ne sais pas quoi te dire à part que tu es quelqu’un de bien et même si on ne se voyait pas souvent, tu comptais beaucoup à mes yeux.

Vous êtes tous dans mon coeur! Et je vais le répéter! Ce n’est pas la faute à ma superbe de maman!

C’est la faute de la vie et des gens jaloux, qui veulent seulement gâcher le bonheur des autres.

J’espère que vous allez me pardonner.

Je vous AIME et je vais veiller sur chacun de vous.

Marjorie Raymond

Marjorie Raymond (Photo : Facebook)

Je souhaite beaucoup de courage à ceux qui lui survivent.

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Cynisme et lucidité

Posted by Jean-Frédéric Martin sur mardi 11 mai 2010

Jean-Frédéric Martin

Un billet de
Jean-Frédéric Martin

Dans son édition de samedi dernier, La Presse publiait un excellent reportage de Katia Gagnon.  La journaliste a réalisé une entrevue avec Lucien Bouchard et Mario Dumont.  Les deux ex-politiciens apportent un point de vue très intéressant sur la crise de confiance qui secoue présentement le monde politique québécois et canadien en général.

Rappelons qu’un sondage Angus Reid, dont les résultats ont été dévoilés dans le même quotidien vendredi, faisait état du grand désabusement des Québécois face à la politique, ainsi que du manque de confiance quasi total qu’ils éprouvent à l’égard des politiciens.

Messieurs Bouchard et Dumont apportent quelques bémols aux apparences de conflits d’intérêt dont regorgent les pages et les écrans des médias, depuis les derniers mois.  Pour eux, si certains politiciens ont manqué de jugement en séjournant sur le yacht d’un riche entrepreneur en construction ou en effectuant des dépenses personnelles avec la carte de crédit d’une entreprise ayant reçu une importante subvention gouvernementale, les journalistes, en revanche, ne vont pas toujours au fond des choses et n’expliquent pas suffisamment la réalité des individus qui forment notre députation.

Les deux ex-chefs de partis s’entendent en tous points sur le fait que les Québécois ont tort de se laisser sombrer dans le cynisme.  Toutefois, on remarque quelques divergences, probablement issues du fait qu’ils sont de générations différentes, quant à certaines autres attitudes.  Ainsi, lorsque Lucien Bouchard dénonce l’irrespect de plus en plus courant envers plusieurs de nos institutions, notamment la fonction de premier ministre, Mario Dumont lui apporte son point de vue en le tutoyant et en appelant le premier ministre du Québec par son prénom.

Mais pour eux, la principale cause de cette crise provient de l’absence d’un projet rassembleur.  Il est en effet difficile de faire vibrer les Québécois avec des coupures et des hausses de taxes.

L’entrevue est relativement courte et vaut la peine d’être lue.  Vous pouvez y accéder en cliquant ici.

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Économies de bouts de chandelles

Posted by Jean-Frédéric Martin sur mardi 13 avril 2010

Jean-Frédéric Martin

Un billet de
Jean-Frédéric Martin

Le budget Bachand a fait couler beaucoup d’encre, depuis deux semaines.  Et pour cause, les mesures annoncées, notamment en santé, sont radicales et font mal à l’économie de la classe moyenne.  Il faut cependant admettre qu’il n’y a là rien d’étonnant.  Après la récente récession économique, le retour au déficit budgétaire et, surtout, le faible taux de natalité des dernières décennies combiné à l’arrivée à la retraite des baby-boomers, ce n’était qu’une question de temps avant qu’un gouvernement québécois ne se lance dans les décisions les plus impopulaires.  Celles-là auront rapidement soulevé l’ire de la population en général, en plus de propulser le gouvernement de Jean Charest vers des taux records d’insatisfaction.

Mais la mesure dont il est question dans mon billet d’aujourd’hui est passée jusqu’ici inaperçue.  Pour épargner un gros 5 millions $ (une goutte d’eau dans la mer budgétaire québécoise), le gouvernement a décidé d’abolir 31 classes de francisation pour les nouveaux arrivants.

Ceux qui ont l’habitude de lire mes billets savent à quel point je prône les investissements de nos différents gouvernements.  Il faut parfois beaucoup courage politique pour se lancer dans ce que plusieurs qualifieront de dépenses plus ou moins utiles.  Un bon investissement rapporte toujours à moyen terme ou à long terme, je l’ai récemment mentionné et même salué.  Dans ce cas-ci, le gouvernement du Québec renonce à un investissement des plus importants.

En page 229 du rapport de la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles (Commission Bouchard-Taylor), il est clairement mentionné que

« …depuis dix ans, on assiste à une baisse des dépenses allouées par personne immigrée, alors que les besoins augmentent ».

L’immigration nous permet de pallier économiquement le remplacement des générations, suite aux baisses des taux de natalité que nous subissons depuis les années 1960.  La francisation de ces nouveaux arrivants nous permet d’assurer la pérennité du français, particulièrement à Montréal et dans le domaine des affaires.  En ce sens, il s’agit sans aucun doute d’un important investissement.

En termes clairs, l’immigration ne cesse d’augmenter au Québec, alors que les ressources pour intégrer les immigrants, elles, diminuent.

En guise de mesure de rechange, le gouvernement du Québec propose des cours de français en ligne.  Ce sera possiblement suffisant pour une minorité.  Mais l’apprentissage ou la consolidation d’une nouvelle langue implique une pratique, ce que permet une salle de classe où se retrouvent un professeur et plusieurs autres étudiants.  Une conversation avec un ordinateur n’a certes pas la même efficacité.

Les impacts négatifs de cette mesure risquent de ne pas trop tarder à se faire sentir.  Quelques années tout au plus et les études nous confronterons à la dure réalité de la perte de vitesse du français chez les immigrants.  Pour économiser 5 millions $, le jeu en vaut-il la chandelle ?  En ce qui me concerne, la réponse est claire : c’est une économie de bouts de chandelles.

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