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Jean Tremblay a-t-il tort ou raison?

Posted by Jean-Frédéric Martin sur dimanche 20 février 2011

Un billet de
Jean-Guy Martin

Tout le monde parle du jugement que vient de rendre le Tribunal des droits de la personne (TDP) du Québec à l’encontre de la récitation de la prière avant les séances publiques du Conseil municipal de Ville Saguenay. D’aucuns qualifient la position du maire Jean Tremblay et de ses Conseillers d’entêtement. D’autres, comme lui et son entourage, trouvent que les Québécois sont des mous en acceptant de voir s’effriter peu à peu leurs traditions et leurs droits.

Ceux qui, comme moi, ont été Conseillers municipaux avant l’an 2000 savent que le Code municipal, dans ses premières pages, publiait le texte de la prière à réciter avant les Assemblées de Conseils. C’est ainsi que se perpétuait la tradition de confier aux lumières de l’Esprit Saint les délibérations qui allaient suivre ainsi que les décisions qui en découleraient.

Les droits des Canadiens sont enchâssés dans une Constitution. Cette Constitution s’appelle l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique. Cette Loi constitutionnelle a été votée à Londres le 29 mars 1867. Jusqu’en 1982, on nous rabâchait les oreilles avec des projets de rapatriement de cette Constitution afin que les Canadiens, et seulement les Canadiens, puissent l’amender afin qu’elle corresponde à notre réalité propre et qu’elle nous permette de progresser; tel était le beau rêve de Pierre Elliot Trudeau. Pour embellir cet amendement constitutionnel, le Parlement canadien y a enchâssé une Charte des droits et libertés. Cette charte consolidait la vision d’un Canada pluraliste et multiculturel qu’avait Pierre Elliot Trudeau.

L’amendement de 1982 fut adopté, dans des circonstances houleuses, sans l’accord du Québec. L’Histoire jugera ceux qui ont ainsi isolé le Québec qui représentait 25 % de la population canadienne. Aujourd’hui, le Québec n’a toujours pas signé cette constitution amendée.

L’Acte de l’Amérique du Nord Britannique, dans ses versions 1867 et 1982, garantissait par son article 93 le droit à l’éducation religieuse (catholique romaine ou protestante) pour tous les Canadiens. Pourtant, nos écoles ne sont plus confessionnelles, mais linguistiques et la Constitution est toujours la même; elle n’a pas changé. Comment cela est-il possible? Eh bien! nos législateurs ont trouvé le moyen de contourner les dispositions constitutionnelles par le biais de règlements; et si ces règlements ne s’appliquent qu’à la province où ils sont votés, la Constitution n’a pas besoin d’être changée. Fallait y penser; c’est comme l’oeuf de Colomb. Seulement connaissez-vous un pays, un seul, où l’on peut déroger à la Constitution sans l’amender? Moi pas! Et pourtant, chez nous ça se fait. C’est vrai que l’on doit être un peuple de mous pour accepter cela sans se révolter.

Mais revenons à Jean Tremblay, maire de Saguenay. Il a beau être comme Astérix, seul irréductible Saguenéen, il nous donne à tous une leçon. Si nous laissons effriter un à un nos droits, nos traditions, nos privilèges, c’est notre identité que nous perdons peu à peu. Et lorsque nous n’aurons plus aucune identité, nous serons soit assimilés, soit disparus.

Après nous avoir défendu de prier avant nos réunions et nous avoir forcé de décrocher nos crucifix des lieux publics, nous demandera-t-on de ne plus chanter l’Ô Canada parce qu’on y dit : « … Car ton bras sait porter l’épée, il sait porter la croix. » ou encore « … Sous l’oeil de Dieu, près du fleuve géant, le Canadien grandit en espérant. » ou enfin, sa dernière phrase qui dit : « … Et répétons, comme nos pères, «  Pour le Christ et le Roi! «  ? — Nous défendra-t-on de faire jouer le “God Save The Queen” parce qu’on y demande à Dieu Tout Puissant de veiller sur la Reine de l’Empire Britannique et de la protéger? — Exigera-t-on de ne plus arborer de saint Christophe ou de chapelets ou de Sacré-Coeur aux rétroviseurs ou aux pare-soleils de nos voitures… des autobus… des camions? — Les émissions religieuses seront-elles bannies des ondes radiophoniques et télévisuelle? — Lors de funérailles civiques, devra-t-on s’abstenir d’entrer la dépouille dans un temple religieux? Devra-t-on s’abstenir de présenter un ministre du culte priant pour la personne défunte? — Toutes les villes et villages du Québec qui porte un nom de saint ou de sainte, comme Sainte-Anne-des-Plaines, devront-elles être rebaptisées afin de ne pas offenser les athées qui y vivent?

Je pourrais multiplier les exemples d’incongruité à l’infini. Résister à ceux qui veulent nous faire perdre ou oublier nos traditions ce n’est pas de l’intégrisme, c’est du gros bon sens. Les peuples les plus en vue de la Terre sont ceux qui ont une histoire. Et les peuples qui ont une histoire sont ceux qui savent s’appuyer sur leurs valeurs et sur leurs traditions. Encore faut-il que ces valeurs et ces traditions soient correctement transmises.

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3 Réponses to “Jean Tremblay a-t-il tort ou raison?”

  1. Jean-Charles Plourde said

    Un ami m’a fait parvenir l’article que vous avez écrit : Jean Tremblay a-t-il tort ou raison?. Ça ne m’a pas laissé indifférent. Vous savez M. Martin, le Québec et le Canada d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes qu’en 1867 ou encore 1950. Sa population actuelle a connu une évolution rapide (1950 à aujourd’hui). Au Québec nous retrouvons une population de toutes croyances religieuses : Catholiques, Musulmans, Bouddhistes, Protestants, etc. sans oublier les croyances des Premières Nations. ( Toute religion  qui préconise la paix, l’amour, la tolérance, la fraternité, le partage, , l’acceptation, l’entraide, l’écoute, en un mot le respect de la vie, a sa place dans ce monde. Il y a aussi tous ceux et celles qui partagent les affinités que je viens de mentionner et qui n’ont aucunes appartenances religieuses, les athées dirait-t-on … ). Finalement des gens qui comme vous et moi qui, dépendamment de leur milieu culturel ont grandi dans un  environnement, religieux ou pas, que l’on leur a transmis. Qu’un groupe d’individus, au mêmes croyances, se rassemble dans un lieu commun afin de vivre leur spiritualité, c’est très bien ainsi.  Dans un lieu ou tous ces individus se réunissent pour discuter de la communauté afin d’y prendre des décisions concernant  tous ces individus, la religion unique n’a pas sa place. La tradition et les droits n’en sont que renforcés.  La tradition a toujours eu ses assises sur un moment présent a un moment donné dans l’histoire, qui est en quelque sorte évolutif. Le droit a su s’ajuster lui aussi, par exemple le droit à la libre expression, le droit de pouvoir exercer une religion, droit de vote des femmes.
    Dire des Québécois qu’il sont des mous ,  c’est porter un jugement sur des millions d’individus qui ne pensent pas comme vous. Au contraire c’est un peuple qui  a su et sait s’adapter,  ils sont toujours là. Ils ne se feront pas assimiler, c’est justement leur ouverture qui va l’en empêcher et ce n’est pas utopiste. Il ne faut pas confondre mollesse et souplesse; vous connaissez sûrement  la fable « Le chêne et le roseau… ». L’Église catholique rangea les livres de Copernic et Galilée  à l’Index des livres interdits. Le Pape Paul V disait que la  théorie de Copernic n’était pas conforme aux  Saintes Écritures. On m’a toujours dit que le Pape était infaillible. Tout évolue…   Heureusement.
     
    Le Canada est le seul pays ou l’on  a dérogé à la constitution canadienne par le biais de règlement provincial  applicable dans la province seulement. Çà c’est s’adapter et tout ce qui s’adapte survit dans les temps durs et vit en temps plus facile. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.  Et puis quand vous dites une seconde fois que les  Québécois sont des mous ( Je dis une seconde fois, car la première fois vous appuyez les dires de M. Tremblay )  concluez vous que le reste des Canadiens des autres provinces sont des mous pour avoir laisser faire cela à leur constitution?. Dire d’un peuple, quel qu’il soit, qu’il est mou, laisserait-il transparaitre un certain côté de la personnalité d’un individu?
     Au Québec, l’Église Catholique a eu un énorme pouvoir ( moral, politique, social ) avec tous ses bons moments et ses moins bons résultats, même éclairé par le Saint-Esprit. S’est-elle adapté ou pas…?  Le Québec a tout une histoire, la plus longue au Canada avec celle  encore plus longue de nos civilisations d’origine. Elle est distincte culturellement, politiquement, socialement. Aussi n’oublions pas que l’Angleterre est  un peuple colonialiste et doit beaucoup de sa richesse à ces pays colonisés. Presque tout ça est du passé. Beaucoup de ces pays se sont affranchis, reprenant en main leur destin. Le peuple Anglais est un grand peuple comme tous les peuple de la terre. Ce sont les gens des campagnes et des faubourgs qui font la force d’un pays.
    Et pour  Ste Anne Des Plaines, rassurez vous  elle gardera toujours son joli nom, ça c’est certain.

    • Jean-Guy Martin said

      Monsieur Plourde,

      Vous avez été plus que rapide à répondre à mon écrit. En fait, vous y avez répondu avant même qu’il ne soit officiellement mis en ligne dans le CyberSADP. Et vous avez habilement su trouver mon adresse courriel. Bravo! J’admire sincèrement l’opiniâtreté avec laquelle vous avez voulu me faire connaître votre opinion. Sachez que je respecte entièrement et profondément tout ce que vous me dites. Cependant, mon opinion étant ce qu’elle est, je ne peux souscrire entièrement à vos propos.

      Quand vous dites que le Québec a changé depuis 1867, et surtout depuis 1950, non seulement vous avez raison, mais nous devons nous réjouir qu’il ait tant changé. Par contre, le pluralisme religieux que vous décrivez est fortement concentré dans la région de Montréal. Je doute fort qu’au Saguenay toutes les croyances que vous énumérez soient effectivement présentes. Mais supposons, pour la forme, qu’il y en ait quelques-unes. L’ensemble du Québec ne vit pas, enfin pas encore, cette prolifération de croyances avec la même acuité que Montréal, convenez-en. Un point majeur pour vous cependant : les Blancs ont été incroyablement injustes avec les Premières Nations. Ni vous ni moi n’étions là, par contre.

      Comme vous, je crois fermement que toutes les croyances qui préconisent l’amour entre les humains méritent d’avoir leurs places. Mais, faire une place aux autres ne veut pas nécessairement dire céder notre place. Tous peuvent respirer le même air sans épuiser celui des autres.

      Plus loin, dans votre réplique, vous affirmez que « La tradition a toujours eu ses assises sur un moment présent à un moment donné dans l’Histoire, qui est, en quelque sorte, évolutive. » Il est justement là le problème : nos contemporains ne connaissent que le présent et ignorent totalement le passé. Demandez à des cégépiens qui sont les Lafontaine, Papineau, Cartier, Bourassa, etc. La majorité d’entre eux vous répondront qu’il s’agit de parcs, de ponts et d’artères importantes de Montréal.

      Vous me rappelez la fable « Le Chêne et le Roseau »; je vous rappelle « Le Meunier, son Fils et l’Âne » qui nous démontre qu’il est impossible de vouloir contenter tout le monde à la fois. Il faut faire des choix. L’Homme est entièrement libre de ses choix; il n’est cependant pas libre des conséquences. Les conséquences de ses choix, il doit les assumer.

      Là où nos opinions divergent le plus, c’est lorsque vous affirmez que de trouver le moyen de déroger à une constitution constitue une preuve de l’adaptation de nos législateurs. Je regrette, mais agir ainsi c’est dénaturer la loi. Comment réagissons-nous quand des individus s’enrichissent en trouvant des failles dans les lois? Ne les condamnons-nous pas? Pourquoi devrions-nous nous réjouir en silence quand cela fait notre affaire et réagir fortement quand cela ne nous plait pas?

      Pour conclure, Monsieur Plourde, laissez-moi vous rassurer : je vous confesse que je ne trouve pas vraiment que les Québécois sont mous. Oui, je l’ai écrit deux fois, comme vous le dites; mais c’est pour leur faire comprendre qu’en certaines circonstances ils sont lents à réagir ou à prendre une position claire. Autrement, comme vous, je suis persuadé que ma jolie ville conservera son beau nom; et j’ajoute que je crois très sincèrement que mes compatriotes font partie d’un Grand Peuple.

      Jean-Guy Martin

  2. J’invite tous les lecteurs de notre page éditoriale à aller lire la dernière chronique de Stéphane Laporte : http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/stephane-laporte/201102/19/01-4372027-le-crucifix.php

    Laporte démontre une fois de plus que le bon sens se situe toujours entre les deux pôles.

    Jean-Frédéric Martin, éditeur

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