Mimeau… Un an plus tard
Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Il y aura un an mercredi, la vie de millions d’Haïtiens basculait en quelques secondes. Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a fait plus de 222 500 morts. Le bilan s’est par la suite alourdi de quelques autres milliers de décès durant l’année qui a suivi le séisme, en raison de ses suites, notamment l’épidémie de choléra qui sévit dans la capitale depuis l’automne dernier.
Beaucoup de Québécois ont été directement touchés par cette tragédie. Cédric, un de mes élèves de l’an dernier qui est d’origine haïtienne, a perdu plusieurs membres de sa famille. Une de mes connaissances, l’ex-politicien Serge Marcil, y a laissé sa vie quelques heures à peine après être débarqué à Port-au-Prince. Et puis il y a mon ami Mimeau.
Comme je vous l’expliquais l’an dernier, Richard Mimeau a survécu au tremblement de terre grâce au sang froid de son accompagnateur, qui lui a perdu toute sa famille. Après avoir passé une nuit blanche à soigner des blessés, Mimeau a été placé dans le premier avion en partance pour Montréal.
Je connais Mimeau depuis plus de 20 ans. Je n’ai pas eu la chance de le voir autrement qu’à la télévision suite au séisme, mais nous avons échangé quelques courriels. Il m’a entre autres fait parvenir une lettre empreinte d’émotions la semaine dernière, une lettre adressée aux médias qui accepteront bien de la publier. Le drame haïtien a-t-il changé Mimeau ? Oui, définitivement, la lecture de la lettre me le confirme. Le fonceur que j’ai connu ne regardait auparavant que dans une seule direction, c’est-à-dire droit devant lui. Il est maintenant clair que Mimeau prend le temps d’admirer les beautés qui l’entourent, lui qui est devenu papa pour la deuxième fois au cours des dernières semaines. « Une décision prise avant mon départ pour Haïti », insiste-t-il.
Cette lettre est une ode à la vie. Je vous l’offre en vous suggérant de la lire jusqu’à la dernière ligne.
Mimeau, mon ami, merci.
Montréal le 28 décembre 2010,
Hôpital Sainte-Mary
Haïti 2010. Plus de 222 500 morts. L’une des pires catastrophes de notre histoire.
Il y a déjà presque un an le 12 janvier dernier j’y étais! Oui j’y étais vraiment et moi le chanceux, je suis vivant!
La vie s’impose
Depuis hier soir, 27 décembre 23h30, je suis de nouveau papa! Imaginez avoir un enfant après être passé si prêt de la mort mais surtout de l’avoir vue, côtoyée, combattue et même sentie! Vous savez quoi? La mort ça sent quelque chose!
Hier, Janine ma conjointe a donné naissance à Jade, une belle petite fille. La décision d’avoir un enfant avec Janine a une saveur spéciale puisque je l’ai prise avant de quitter Montréal pour Haïti et non pas au retour de ce drame. Ma décision n’a donc pas été guidé par des émotions trop vives ou encore par un choc post-traumatique. Et j’en suis fier. Donner la vie est une énorme responsabilité.
À l’hôpital Ste-Mary, c’est une infirmière d’origine haïtienne prénommée Woodeline, (que je salue en passant) qui a aidé Janine à accoucher. Coïncidence, sa fille se prénomme Jade. Le même prénom que nous avons choisi pour notre fille. C’est quand même incroyable la vie!
Bien sûr, elle voulait que je lui raconte brièvement mon périple lors du tremblement de terre en Haïti. Elle m’a ensuite remercié pour mon récit et a tenu à assister ma compagne jusqu’à la fin de son quart de travail à 23h30. L’infirmière Woodeline était persuadée que Jade allait naître sous ses bons soins. Woodeline a gagné son pari, Janine a accouché à 23h30!
À vrai dire, je n’ai jamais raconté officiellement mon histoire en détails sauf par petits bouts à des proches. Un an plus tard, je suis bien dans ma peau : pas de cauchemar ni de flash back! Suite à cette catastrophe, pas de découverte mystique ou ésotérique à propos du sens de mon existence. Je suis quelqu’un qui apprécie la vie et je la remercie chaque jour de me procurer tant de bonheur. Je savoure quotidiennement le privilège que j’ai de voir ou de marcher, entre autres. On oublie trop souvent à quel point les petites choses prises pour acquises sont si importantes! Une brise de vent d’automne sur la joue, une accolade, l’odeur d’un bon vin, un morceau de pain, avoir de bons amis et jouer un bon match de ballon sur glace.
Nous y étions…
Je travaille en politique. Le 12 janvier 2010, j’étais à Haïti pour donner une formation sur le fonctionnement de notre démocratie et sur le mode de scrutin. Mon ami Serge Marcil, ancien député libéral provincial, ministre de l’emploi et ancien directeur général de la Fondation Paul-Gérin Lajoie, y était. Serge est décédé sous les ruines de l’Hôtel Montana. Serge Marcil était un citoyen et un homme politique exemplaire reconnu pour son engagement important sur le plan humanitaire.
Serge et moi devions nous rencontrer pour le souper. Notre dernière communication remontait à 16h53 le 12 janvier. Nous nous étions donnés rendez-vous dans un resto…
Et puis, tout a basculé…
Depuis mon retour d’Haïti, je suis moins tolérant avec ceux qui s’apitoient sur leur sort, les mécontents sans solutions. J’ai pris conscience de ce problème et j’essaie d’être plus à l’écoute, de les comprendre ou de les aider à trouver des moyens pour améliorer leur sort en essayant de ne pas les juger. Ils n’ont pas vécu ce que j’ai vécu!
Quand ça fonctionne plus ou moins, eh bien, j’imagine la personne à ma place en ce 12 janvier.
Dans la main gauche, la jambe d’un petit garçon Haïtien de 7 ans, dans ma main droite son pied qui tient seulement par le tendon. Je vois seulement une larme couler de son œil gauche. Petit homme courageux, il me regarde droit dans les yeux. Sa pauvre maman à genoux lui tient la tête et implore Jésus en criant! Son père est debout derrière moi tellement stressé qu’il est entrain de me disloquer l’épaule. Il me supplie de sauver son fils. Il est convaincu que je suis le meilleur médecin de la planète. Tout va très vite! D’autres blessés attendent et d’autres arrivent! Je calme le père, je console la mère et je soigne du mieux que je peux ce petit garçon. Comment? C’est une toute autre histoire! Cette action a duré six minutes et nous avons soigné sans relâche des blessés pendant douze heures durant!
Ce sont dans ces moments qu’on voit qui peut réagir sous pression, garder son sang froid et prendre les bonnes décisions malgré le stress énorme qui vous envahit. Ce fameux 12 janvier, j’ai vu des gens perçus comme étant très forts craquer sous la pression.
Je pense souvent aux Haïtiens que j’ai tentés de sauver avec les moyens du bord et avec toute ma débrouillardise. Aux cris incessants et lancinants de détresse des Haïtiens en toile de fond sonore. Du bruit de leurs pioches essayant de déterrer des survivants durant cette nuit d’enfer! Aux Haïtiens qui ont vu mourir des membres de leurs familles, des amis et qui malheureusement en perdent encore aujourd’hui un an plus tard! Aux deux jeunes filles qui sont mortes dans mes bras. Aux décisions que j’ai prises à savoir qui soigner en premier et surtout à la décision de quitter l’hôpital de fortune que nous avions monté pour me rendre à l’ambassade le matin du 13 janvier. En quittant, je laissais derrière moi ces deux ou trois cents personnes qu’on avait tenté de sauver et qu’on devait abandonner sur place ignorant ce l’avenir leur réservait.
Voilà! Je le réitère, j’ai confiance en la vie et je suis persuadé que ce peuple Haïtien courageux et déterminé saura surmonter ce drame. Avec notre aide, sans que nous essayons de leur imposer quoi que soit! Oui j’y crois!
Je ne remercierai jamais assez la VIE. Elle est vraiment bien bonne avec moi. Moi, qui suis revenu sain et sauf de ce désastre.
Le 12 janvier prochain, je penserai très fort à Christiane Pelchat ma grande sœur qui a perdu Serge Marcil, l’amour de sa vie. À Serge un ami, un humain dans sa vraie définition! Aux enfants et petits enfants de Serge. Aux autres canadiens décédés lors de cette tragédie. À Chantale Guy et Ivanohé Demers du journal La Presse, premiers journalistes sur place à donner les informations sur ce drame. Ils ont su faire leur travail avec courage et dignité malgré les circonstances difficiles. À Gérard Latulipe, un homme de compassion et en même temps un être inébranlable. Cette nuit dramatique que nous avons passée ensemble a permis de tisser des liens pour la vie. À Marc Perreault, que je devais rencontrer avec Serge Marcil ce fameux 12 janvier et que je n’ai jamais rencontré! À Bazil mon accompagnateur qui a perdu toute sa famille pendant ces 12 secondes et qui a probablement sauvé ma vie pendant ces mêmes 12 secondes. À l’équipe du National Democratic Institute qui continuera d’aider les pays en difficulté. Aux américains : docteur Henry, Jeb un para-médic, Steve un ambulancier ainsi qu’à la propriétaire de l’Hôtel de la Villa Créole qui ont tous eu un courage formidable et avec qui j’ai combattu la mort! À ceux qui sont restés figés impuissants et incapables d’aider dans cette hécatombe. À tout les gens qui travail sans relâche pour aider Haïti. À mes parents, mon fils, Christine, la famille, amis, les élus et l’équipe d’Union Montréal qui m’ont supporté. Finalement merci à Janine, amour de ma vie.
Dans le désastre d’Haïti, l’ambassade canadienne a réagi avec diligence, ordre et respect pour rapatrier ceux et celles qui ont choisi de rentrer au Canada.
Nous avons la chance de vivre dans un superbe pays, une belle province. Cette dernière année a été difficile politiquement! Je crois que notre système en est un bon! En seulement 200 ans d’histoire, nous sommes un modèle pour tellement de pays sur cette planète. Je veux contribuer à préserver ce modèle, l’aider à s’améliorer, à corriger ses défauts et à me battre pour lui malgré ceux qui n’y croient plus ou qui le dénigrent!
Je n’oublierai jamais ce qui s’est passé à Haïti le 12 janvier 2010. J’évoquerai désormais tout ce qui concerne ou provient de ce pays avec un pincement au cœur et une complicité issus d’un sentiment d’appartenance très fort, d’une solidarité née de l’horreur d’une énorme tragédie humaine.
Richard Mimeau
Directeur général Union Montréal
Bonne Année 2011 !
Un billet de
Jean-Frédéric Martin
À tous les lecteurs du Cyber journal Sainte-Anne-des-Plaines, je voudrais d’abord offrir mes vœux de Bonheur, Santé et Prospérité pour l’année qui débute. Puissiez-vous également vous réserver tout le temps nécessaire pour bien en profiter.
L’année 2010 aura été une année de transition pour votre Cyber journal. Si le corps du Moteur de l’information propre à Sainte-Anne-des-Plaines a évolué et s’est modifié à quelques reprises au cours de nos trois premières années d’existence, c’est cette fois son âme qui a subi d’importants changements.
Il faut d’abord savoir que mon complice de la première heure dans cette aventure, l’ex-rédacteur en chef et cofondateur Pierre Guzzo, m’a annoncé en juin qu’il quittait le Cyber journal afin de consacrer son temps à d’autres projets. Du même coup, son épouse Dominique Beaudoin, qui était notre reporter attitrée aux nouvelles municipales, ainsi que leur fils Timothée Beaudoin-Guzzo, notre photographe principal, l’ont suivi hors du navire.
Pierre, Dominique, Timothée, je profite de ce billet pour vous remercier du fond du cœur pour tout ce temps et ces ressources investis avec l’équipe du Cyber journal Sainte-Anne-des-Plaines. Les gens ne réalisent pas toujours que nous faisons ce travail bénévolement, avec comme seule récompense la satisfaction liée à notre succès. Et quel succès ! C’est beaucoup grâce à vous si notre lectorat demeure en constante progression et que notre site, selon les statistiques de WordPress et XiTi, reçoit aujourd’hui une moyenne avoisinant les 3000 visiteurs par mois. À ce niveau, il ne faut pas non plus passer sous silence l’excellent travail, tout aussi bénévole, du reste de l’équipe : Monique, Pierre, Linda, Jean-Guy, Raoul et les autres, merci beaucoup.
Nous avons donc dû procéder à une restructuration et une réorganisation de nos effectifs. Deux intéressantes nouveautés en ont résulté, soit le suivi en temps réel de l’assemblée municipale mensuelle, ainsi que la création de l’édition webzine du Cyber journal Sainte-Anne-des-Plaines.
L’assemblée municipale en temps réel
Depuis juillet, le Cyber journal vous offre en direct la couverture des assemblées mensuelles du Conseil de Ville. Dès la fin de l’après-midi, le jour de l’assemblée, il est possible de voir l’ordre du jour et de télécharger le cahier des résolutions à partir de notre page dédiée. Dès la présentation de la personnalité du mois, juste avant l’ouverture de l’assemblée, cette page est mise à jour aux 5 minutes, vous offrant ainsi un compte rendu en temps réel de la réunion.
Dans les heures qui suivent, nous vous offrons également un complément d’information sur notre page consacrée aux faits saillants de l’assemblée.
Cette façon de faire aura rapidement conquis des adeptes. Selon les statistiques de WordPress, une pointe de 69 personnes a été atteinte durant le déroulement de l’assemblée d’octobre. C’est plus de gens qu’il n’y en avait dans la Salle du Conseil !
Le Cyber journal SADP, édition webzine
Ce projet se trouvait dans la boîte à idées de médiaTIC infodiffusion depuis un bon moment déjà. Il a finalement vu le jour le 22 décembre dernier. Un premier magazine entièrement consacré à Sainte-Anne-des-Plaines.
Il sera publié en ligne, quatre fois par année. Il comprendra des reportages d’intérêt général pour les lecteurs anneplainois. On y trouvera aussi des sujets traités un peu plus en profondeur, après une diffusion sommaire dans l’édition régulière du Cyber journal.
Le premier numéro, un cahier de 40 pages, offrait notamment une revue de l’année anneplainoise 2010. Il peut être feuilleté ou téléchargé à partir de ce lien.
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Au Cyber journal Sainte-Anne-des-Plaines, nous sommes d’avis qu’il faut constamment apporter un vent de fraîcheur à l’entreprise, un petit renouveau intéressant pour nos lecteurs. C’est ce que nous avons fait à plusieurs reprises, depuis nos débuts. Parions que l’année 2011, durant laquelle nous célébrerons notre 5e anniversaire d’existence, poursuivra la même tendance.
Merci de suivre avec nous l’actualité anneplainoise. À tous, encore une fois, Bonne Année… avec nous !
Lettre à Pierre Limoges
Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Mon cher Pierre,
Je me souviens d’un certain après-midi, en 1988. Nous étions chez toi, dans ton bureau, et tu fulminais contre Serge Blondin qui venait de lancer Le Point d’impact. En jeune chroniqueur que j’étais à l’époque, je t’avais longuement écouté déverser ton fiel, avant de te répondre qu’un peu de compétition ne pouvait que nous inciter (le NOUS étant l’équipe du Bruchésien, dont je faisais alors partie) à nous dépasser et devenir meilleurs. Tu m’avais donné raison sur ce point, mais Blondin est alors devenu pour toi un ennemi que tu cherches encore à abattre (au sens figuré, on s’entend) vingt-deux ans plus tard.
Et Jean-Marc Nepveu ! Combien de fois t’ai-je vu entrer dans une colère théâtrale et presque incontrôlable à la simple mention du nom de cet ancien maire de Sainte-Anne-des-Plaines. Pourtant, lorsque je te demandais ce que tu avais tant à lui reprocher, tu me ressortais le baratin que tu as maintes fois écrit sur lui dans ton journal, et qui t’a valu une première condamnation à la cour, en 1996. Des preuves, des faits, des éléments qui auraient pu étayer tout ce que tu affirmais, tu m’en promettais encore à l’automne 2003. J’attends toujours.
Tu vois Pierre, il est là, le problème. Durant près de quatre décennies, tu t’es servi de ta plume comme d’une arme. Tu as sali la réputation de nombre de personnes, dont la mienne, sans jamais apporter l’élément irréfutable qui serait venu confirmer tes propos. Pire, quand la preuve était faite que tu avais erré, tu refusais de te rétracter. Tout ça pour servir tes intérêts et tes vengeances personnels, au détriment de la bonne information.
Eh bien tout ce que j’affirme dans le paragraphe précédent vient d’être confirmé par la juge Catherine Mandeville, qui t’a condamné jeudi dernier à verser plus de 160 000 $ en dommages à six personnes qui en ont eu assez que tu leur tapes dessus dans ton canard.
Le jugement est sans équivoque. Il a été prononcé sur le banc, sans aucune prise en délibéré, au terme de la troisième journée d’un procès qui devait en durer quatre. Encore une fois, Pierre, tu avais une occasion en or de démontrer aux Anneplainoises et aux Anneplainois que tu avais raison lorsque tu affirmais que Réal Blouin, Guy Charbonneau, Chantal Fournier, Yvon Fournier, Denys Gagnon et Guy Gauthier étaient des gens malhonnêtes, des magouilleurs et des dignes représentants de la mafia locale.
Et tu as échoué.
Tu as échoué parce qu’encore une fois, tu n’as pas su apporter le moindre début de l’ombre d’une preuve de tes accusations. Mais surtout, tu as échoué parce que rien de tout cela n’est vrai. La juge Mandeville est on ne peut plus claire à ce sujet, dans le libellé de son jugement. Et les six demandeurs, eux, n’ont eu aucune difficulté à démontrer qu’ils étaient des gens honnêtes, jouissant d’une bonne réputation.
Il te reste quand même deux chances de te reprendre et de montrer que tu n’as pas manqué (ou du moins pas complètement) à ton devoir d’honnêteté et de rigueur journalistique. La première, c’est que tu as encore un peu plus de trois semaines pour interjeter appel du jugement de la juge Mandeville. Si tu le fais, que cet appel est entendu et que tu obtiens cette fois gain de cause, je te promets de te présenter mes excuses et de retirer publiquement tout ce que j’ai pu écrire dans ce présent billet. Je te laisse deviner pourquoi je fais cette promesse avec autant d’assurance.
L’autre chance de te reprendre, c’est que tu auras bientôt à te défendre contre Serge Blondin et le Point d’impact, qui te poursuivent également pour des raisons similaires. Sauras-tu cette fois prouver que tu avais raison ? Ou échoueras-tu encore ?
Et ne pense pas que je me réjouisse à l’idée qu’un pompier à la retraite se fasse soulager d’une telle somme d’argent. Bien sûr, je suis très heureux de constater que justice a été rendue et que des victimes obtiendront les réparations qu’elles méritent depuis trop longtemps. Mais contrairement à toi qui semblais faire totalement abstraction de nos entourages lorsque tu proférais tes attaques personnelles, j’ai quand même une pensée pour ton épouse Ghislaine, pour tes enfants et tes proches, qui auront maintenant à subir peut-être autant que toi les conséquences de tes actes.
Pierre, tu as été très actif, à plusieurs niveaux, dans notre collectivité. Et pas toujours pour en retirer des bénéfices personnels, j’en suis persuadé. En ce sens, je persiste à penser que tu aurais pu être un grand homme. Ce n’est malheureusement pas la voie que tu as choisie.
Et sous réserve de ce que j’écrivais un peu plus haut, il est fort probable que l’histoire anneplainoise ne retiendra de toi que cette attitude négative, destructrice et vengeresse, maintes fois évoquée par le Conseil de presse du Québec à travers les nombreux blâmes qu’il t’a adressés, et dans au moins deux, sinon trois décisions de cour. Je trouve ça bien dommage.
Espérant que ces récents événements sauront te guider vers une voie plus raisonnable, je te prie de recevoir, mon cher Pierre, l’expression de mes plus sincères salutations.
Jean-Fred
Cynisme et lucidité
Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Dans son édition de samedi dernier, La Presse publiait un excellent reportage de Katia Gagnon. La journaliste a réalisé une entrevue avec Lucien Bouchard et Mario Dumont. Les deux ex-politiciens apportent un point de vue très intéressant sur la crise de confiance qui secoue présentement le monde politique québécois et canadien en général.
Rappelons qu’un sondage Angus Reid, dont les résultats ont été dévoilés dans le même quotidien vendredi, faisait état du grand désabusement des Québécois face à la politique, ainsi que du manque de confiance quasi total qu’ils éprouvent à l’égard des politiciens.
Messieurs Bouchard et Dumont apportent quelques bémols aux apparences de conflits d’intérêt dont regorgent les pages et les écrans des médias, depuis les derniers mois. Pour eux, si certains politiciens ont manqué de jugement en séjournant sur le yacht d’un riche entrepreneur en construction ou en effectuant des dépenses personnelles avec la carte de crédit d’une entreprise ayant reçu une importante subvention gouvernementale, les journalistes, en revanche, ne vont pas toujours au fond des choses et n’expliquent pas suffisamment la réalité des individus qui forment notre députation.
Les deux ex-chefs de partis s’entendent en tous points sur le fait que les Québécois ont tort de se laisser sombrer dans le cynisme. Toutefois, on remarque quelques divergences, probablement issues du fait qu’ils sont de générations différentes, quant à certaines autres attitudes. Ainsi, lorsque Lucien Bouchard dénonce l’irrespect de plus en plus courant envers plusieurs de nos institutions, notamment la fonction de premier ministre, Mario Dumont lui apporte son point de vue en le tutoyant et en appelant le premier ministre du Québec par son prénom.
Mais pour eux, la principale cause de cette crise provient de l’absence d’un projet rassembleur. Il est en effet difficile de faire vibrer les Québécois avec des coupures et des hausses de taxes.
L’entrevue est relativement courte et vaut la peine d’être lue. Vous pouvez y accéder en cliquant ici.
L’arroseur arrosé
Un billet de
Jean-Frédéric Martin
La juge Danielle Turcotte, de la Cour supérieure du Québec, a rendu un important jugement au Palais de justice de Saint-Jérôme, le 9 avril dernier. Ce jugement a été publié hier. Il s’agit en effet d’une première au Québec : quelqu’un a été condamné en vertu de la nouvelle loi contre les poursuites-bâillons, communément appelée loi anti-SLAPP.
Dans le cas qui nous préoccupe, c’est un citoyen de Boisbriand, Martin Drapeau, qui a été poursuivi pour une somme de 150 000 $ par la firme Infrabec, propriété de l’homme d’affaires Lino Zambito. C’est ce même Zambito qui, il y a un an, avait tenté de convaincre deux conseillers de l’opposition à Boisbriand d’éviter les élections de l’automne dernier. Lors de l’assemblée municipale de mai 2009, monsieur Drapeau avait critiqué le processus d’appel d’offres de la ville de Boisbriand et avait demandé qu’un vérificateur indépendant soit nommé dans le dossier de réfection d’une usine d’épuration des eaux. Il trouvait curieux qu’une seule entreprise, voire Infrabec, ait soumissionné pour le projet, alors qu’une vingtaine d’autres avaient pourtant demandé les documents pertinents.
Rappelons que monsieur Drapeau n’a jamais mentionné le nom de l’entreprise lors de son intervention devant le conseil municipal.
Malgré cela, Martin Drapeau a reçu une mise en demeure d’Infrabec, l’enjoignant de s’excuser. Selon ce qui a été admis en cour, il aurait également reçu des menaces lorsqu’on lui a signifié qu’il trouverait l’été long s’il refusait de s’exécuter.
La juge Turcotte a qualifié cette requête d’abusive et a condamné Infrabec à verser 15 000 $ à monsieur Drapeau. Cette somme correspond à 75 % de ce qu’il a dû débourser pour assurer sa défense.
Pour Martin Drapeau, il s’agit d’une victoire de la démocratie et j’abonde dans le même sens. Il a su se tenir face à ce qui a toutes les apparences d’une intimidation. L’arroseur s’en est trouvé bien arrosé et ce jugement fera maintenant jurisprudence. C’est tant mieux.
Blouin et al. c. Pierre Limoges et Le Bruchésien
C’est la semaine prochaine que s’ouvrira le procès opposant Pierre Limoges et l’ex-mensuel Le Bruchésien à un groupe composé de six membres et ex-membres du conseil de ville de Sainte-Anne-des-Plaines. L’ex-éditeur et son défunt média sont poursuivis pour diffamation. Limoges évoquera-t-il à son tour la loi anti-SLAPP ? Peut-être.
Il faut toutefois noter plusieurs distinctions entre les deux causes. D’un côté, Drapeau a dénoncé un fait et n’a nommé personne. De l’autre côté, Limoges, à plusieurs reprises, a accusé des personnes sans trop élaborer sur des faits précis qu’on pouvait légalement leur reprocher.
Les antécédents risquent également d’être considérés. Pierre Limoges et Le Bruchésien ont déjà plusieurs fois été blâmés par le Conseil de presse du Québec, notamment pour manque de rigueur et atteinte à la réputation. Ils ont de plus été condamnés, en Cour supérieure et en Cour d’appel du Québec, à verser une importante somme en dommages à l’ex-maire Jean-Marc Nepveu, selon un reportage diffusé par le Grand journal de TQS, en mars 2007.
C’est à suivre…
Économies de bouts de chandelles
Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Le budget Bachand a fait couler beaucoup d’encre, depuis deux semaines. Et pour cause, les mesures annoncées, notamment en santé, sont radicales et font mal à l’économie de la classe moyenne. Il faut cependant admettre qu’il n’y a là rien d’étonnant. Après la récente récession économique, le retour au déficit budgétaire et, surtout, le faible taux de natalité des dernières décennies combiné à l’arrivée à la retraite des baby-boomers, ce n’était qu’une question de temps avant qu’un gouvernement québécois ne se lance dans les décisions les plus impopulaires. Celles-là auront rapidement soulevé l’ire de la population en général, en plus de propulser le gouvernement de Jean Charest vers des taux records d’insatisfaction.
Mais la mesure dont il est question dans mon billet d’aujourd’hui est passée jusqu’ici inaperçue. Pour épargner un gros 5 millions $ (une goutte d’eau dans la mer budgétaire québécoise), le gouvernement a décidé d’abolir 31 classes de francisation pour les nouveaux arrivants.
Ceux qui ont l’habitude de lire mes billets savent à quel point je prône les investissements de nos différents gouvernements. Il faut parfois beaucoup courage politique pour se lancer dans ce que plusieurs qualifieront de dépenses plus ou moins utiles. Un bon investissement rapporte toujours à moyen terme ou à long terme, je l’ai récemment mentionné et même salué. Dans ce cas-ci, le gouvernement du Québec renonce à un investissement des plus importants.
En page 229 du rapport de la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles (Commission Bouchard-Taylor), il est clairement mentionné que
« …depuis dix ans, on assiste à une baisse des dépenses allouées par personne immigrée, alors que les besoins augmentent ».
L’immigration nous permet de pallier économiquement le remplacement des générations, suite aux baisses des taux de natalité que nous subissons depuis les années 1960. La francisation de ces nouveaux arrivants nous permet d’assurer la pérennité du français, particulièrement à Montréal et dans le domaine des affaires. En ce sens, il s’agit sans aucun doute d’un important investissement.
En termes clairs, l’immigration ne cesse d’augmenter au Québec, alors que les ressources pour intégrer les immigrants, elles, diminuent.
En guise de mesure de rechange, le gouvernement du Québec propose des cours de français en ligne. Ce sera possiblement suffisant pour une minorité. Mais l’apprentissage ou la consolidation d’une nouvelle langue implique une pratique, ce que permet une salle de classe où se retrouvent un professeur et plusieurs autres étudiants. Une conversation avec un ordinateur n’a certes pas la même efficacité.
Les impacts négatifs de cette mesure risquent de ne pas trop tarder à se faire sentir. Quelques années tout au plus et les études nous confronterons à la dure réalité de la perte de vitesse du français chez les immigrants. Pour économiser 5 millions $, le jeu en vaut-il la chandelle ? En ce qui me concerne, la réponse est claire : c’est une économie de bouts de chandelles.
Oser investir
Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Dans un de mes billets de janvier dernier, j’insistais sur l’importance pour une administration municipale de procéder à des investissements, ce qui a grandement fait défaut à Sainte-Anne-des-Plaines au cours des dernières décennies. C’est aussi vrai pour les autres paliers de gouvernements. On ne doit pas se contenter de gérer les revenus et les dépenses. Les retombées d’un bon investissement peuvent être considérables.
Malgré les critiques, la plupart du temps justifiées, dont il a fait l’objet au cours des dernières semaines, le gouvernement du Québec a néanmoins réalisé un grand coup en acceptant d’investir jusqu’à 22 millions $ sur 5 ans pour attirer Warner Bros. à Montréal. C’est maintenant reconnu mondialement, la métropole québécoise est une plaque tournante du multimédia. Le gouvernement continue donc de miser sur ce secteur, bonifiant ainsi l’expertise de Montréal. En plus des 300 emplois créés, le retour sur l’investissement risque de s’avérer très intéressant.
Parce que contrairement à la plupart de ses concurrents, WB Games est une entreprise en pleine croissance. Et de l’aveu même du président de Warner Bros. Interactive Entertainment, Martin Tremblay, WB Games n’hésitera pas à continuer d’acquérir de petites entreprises locales afin de consolider ses positions.
Le Québec compte déjà plus d’une cinquantaine d’entreprises de développement de jeux vidéo, mais ce nombre grimpe à près de 800 lorsqu’on considère le développement multimédia dans son ensemble. WB Games est la troisième grande entreprise du genre à s’établir au Québec depuis les derniers mois, après THQ et Funcom.
Quand le marteau ne frappe pas assez fort
Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Les firmes de génie-conseil font la pluie et le beau temps dans le paysage politique québécois. Depuis longtemps, c’est un secret de polichinelle pour quiconque s’implique le moindrement dans une organisation partisane municipale ou provinciale. À chaque campagne électorale, les grandes firmes soutiennent financièrement plusieurs partis politiques, négociant ainsi l’obtention des plus importants contrats.Graduellement, le cancer a progressé. Les conséquences de ces retours d’ascenseur coûtent très cher aux contribuables. L’automne dernier, l’émission Enquête de Radio-Canada a levé le voile sur les nombreux cas de corruption dans l’industrie de la construction. Cette même émission diffusait, il y a deux semaines, un autre reportage-choc concernant cette fois les firmes d’ingénieurs. On y apprend que le copinage entre politiciens et firmes de génie-conseil n’a pas coûté que de fortes sommes d’argent aux Québécois. Il a aussi coûté des vies.
Le reportage fait le lien entre les effondrements mortels de deux viaducs à Laval, au cours des dernières années, et l’incompétence des professionnels de la firme amie engagée par l’administration municipale en place. Le maire Vaillancourt semblait d’ailleurs troublé de justifier les faits qui lui étaient présentés par le reporter Alain Gravel. Tellement certaine de la solidité de ses liens avec la Ville de Laval, la firme a passé outre les règles les plus rudimentaires, avec les résultats que l’on sait.
Autre fait troublant que nous apprend le reportage, c’est que des employés sont engagés pour orchestrer des dépassements de coûts, lors de contrats octroyés par appels d’offres. La façon de faire est simple. On soumissionne d’abord à un prix tellement bas, qu’aucune firme concurrente ne pourra mettre la main sur le contrat. Très souvent, les travaux ne sont même pas encore commencés qu’un professionnel est déjà mandaté pour trouver des imprévus qui viendront gonfler la facture. Un de ces professionnels témoigne d’ailleurs dans le reportage. Il faut noter cependant que l’homme en question a choisi de dénoncer cette façon de faire de son ex-employeur, après qu’il en eut lui-même largement bénéficié financièrement.
Et tout cela s’effectue avec la complicité des élus au pouvoir. Remarquez, l’exercice est légal. Mais c’est une façon des plus illégitime de contourner la loi. Plusieurs individus s’enrichissent au détriment des contribuables.
Si vous pensez que ça ne se produit qu’ailleurs, détrompez-vous. Les récents travaux de réfection de l’avenue Therrien, à Sainte-Anne-des-Plaines, ont aussi engendré des dépassements de coûts que l’administration municipale nouvellement élue refuse de payer.
Mais là encore, dans un cas comme celui-ci, un stratagème existe, permettant à la firme de récupérer au moins une partie du montant. On menace d’abord de recourir aux tribunaux et on engage les premières procédures légales. Ces factures grimpant généralement assez rapidement, les administrations municipales réalisent qu’elles peuvent devenir plus onéreuses que les « extras » non prévus aux travaux effectués. Elles se montrent ainsi plus réceptives aux règlements à l’amiable.
Est-ce ce qui se produira chez nous ? Il sera intéressant de surveiller ce dossier.
Trop d’intérêts personnels sont en jeu pour que les acteurs impliqués dans ces corruptions lâchent le morceau. Lors de son assemblée du 2 mars dernier, le conseil municipal de Boisbriand s’est finalement doté d’un processus visant à mieux encadrer ses appels d’offres et ainsi offrir plus de transparence dans l’octroi des contrats de services professionnels. Lors de cette assemblée, l’opposition a démontré qu’on pouvait être contre la vertu et a tout mis en œuvre pour faire achopper ces projets de règlements. En vain.
À la lumière de tous ces événements, il devient clair que l’enquête policière, opération Marteau, n’est pas la solution. L’enquête publique réclamée par à peu près tout le monde, y compris la Sûreté du Québec, est nécessaire. Elle risque toutefois de faire grincer les dents de plusieurs politiciens. Et de certains de leurs amis.
Pourquoi lui ?
Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Il est de ces événements qui nous ramènent les deux pieds sur terre et nous replacent les yeux bien en face des trous. Il y a quelques jours, j’ai entrepris la rédaction d’un billet sur les pratiques douteuses dans les octrois de contrats aux firmes d’ingénieurs, avec l’intention de le publier ce soir. J’ai finalement tout mis de côté pour vous écrire ce que vous vous apprêtez à lire. Peut-être pourrez-vous voir mon billet sur les firmes de génie la semaine prochaine, si c’est toujours pertinent.
C’est qu’à l’instar d’une centaine d’autres personnes, je me trouvais ce soir à l’église de Sainte-Anne-des-Plaines pour entendre le témoignage de Martin Lauzon. Martin est âgé de 42 ans. Il est né et a grandi à Sainte-Anne-des-Plaines et y habite toujours. Il y a 8 ans, quelques semaines seulement après la naissance de sa fille Frédérique, le diagnostic tombe : la fatigue et les problèmes musculaires qu’il ressentait depuis plus d’un an résultent de la sclérose latérale amyotrophique, communément appelée SLA, maladie de Charcot ou maladie de Lou Gehrig. Les personnes atteintes de cette maladie dégénérative peuvent espérer vivre entre 3 et 5 ans. Si on a récemment découvert un traitement capable de ralentir la maladie, le riluzole, aucun traitement curatif n’a encore été mis à jour. Martin a rapidement perdu l’usage de ses deux bras. Les jambes ont suivi peu de temps après.
Martin Lauzon est un battant. Dès sa naissance, deux mois avant terme, il a eu à se battre pour sa survie. Ce soir, il a sans pudeur raconté son enfance, ses études, son côté sportif et les nombreux projets qu’il a mis sur pied, alors qu’il était en pleine santé, pour venir en aide aux personnes handicapées. Avec les expressions les plus positives, il n’a pas manqué de relater plusieurs difficultés qu’il a eu à surmonter au cours de sa vie. Il a ensuite soulevé les rires de l’assistance en déclarant avoir appris sa maladie alors que tout allait bien.
Il est passé par toute la gamme des émotions lorsque placé face à son diagnostic. Tristesse et colère en tête de liste. « Pourquoi moi ? », s’est-il alors demandé.
Et je me rappelle que c’est exactement ce qui m’était passé par la tête, lorsque j’avais appris la nouvelle. Pourquoi lui…
Ce soir, Martin m’a rappelé de précieux souvenirs. Le terrain de jeux, les tables de Mississippi et le Club d’athlétisme. Trois endroits, outre la cour de l’école Saint-François, qui nous auront réunis lui et moi, lorsque nous étions enfants. En fait, j’avais presque oublié ce Club d’athlétisme fondé en 1976, le même été où se déroulaient les Jeux olympiques de Montréal, par un jeune homme de 18 ans à la chevelure abondante nommé… Alain Lacasse !
La plus grande réalisation de ma vie demeure ma famille. Il en est de même pour Martin Lauzon, qui l’a laissé entendre à plusieurs reprises, lors de son allocution. Mais ce que j’ai ensuite réalisé de plus beau au cours de mon existence, c’est mon Tour du Mont-Blanc, en Europe, il y aura bientôt 25 ans. Et à cette occasion, Martin Lauzon, Alain Lacasse et une dizaine d’autres jeunes Anneplainois étaient du groupe. Ce Tour du Mont-Blanc, Martin n’en a pas parlé ce soir. C’est pourtant une image qui se rapproche beaucoup de ce qu’il vit présentement.
Huit jours à gravir une multitude de montagnes. Nous en avons monté et descendu trois dans la seule deuxième journée de notre périple, durant laquelle nous avons franchi le fameux Col du Bonhomme. Alors que plusieurs de nos amis ont dû relâcher durant une journée ou deux, Martin et moi nous étions fait un point d’honneur (et d’orgueil !) d’aller jusqu’au bout sans arrêter. La dernière journée, j’ai vu Martin compléter sa marche complètement accroupi, l’eau des montagnes lui ayant causé de douloureuses crampes abdominales. Mais il est allé jusqu’au bout. En ce qui me concerne, n’étant pas aussi sportif que lui, il est clair qu’un tel malaise m’aurait contraint à l’abandon.
J’ai compris…
Pourquoi lui ? Après 8 ans, c’est ce soir que j’ai compris. Dès sa naissance, Martin a décidé de vivre. Des montagnes, il en a gravi beaucoup d’autres que dans les Alpes. À l’annonce de sa maladie, Martin a décidé de continuer de vivre. Pour sa fille, pour sa conjointe, pour ses parents. Mais aussi pour lui. Parce qu’il aime la vie et parce qu’il veut continuer de la voir, de l’entendre, de la respirer, à défaut de pouvoir continuer de la courir et de l’étreindre.
Trois à cinq ans à vivre ? Il n’était pas question que tout s’arrête si vite pour lui. À l’aide d’une technologie informatique reliant son front à son ordinateur, il passe plusieurs heures par jour à naviguer sur Internet, à la recherche d’un nouveau traitement pouvant l’aider. Il y a quelques années, il s’est rendu au Mexique pour en recevoir un dont les effets se sont avérés concluants pour ralentir la progression de la maladie. L’automne dernier, il se rendait en Allemagne pour un autre traitement. On saura dans quelques semaines la teneur des résultats. S’il a obtenu de l’aide pour organiser les levées de fonds servant à défrayer les coûts élevés des voyages et traitements, il n’en était pas moins l’une des têtes dirigeantes.
Martin dispose toujours du plein usage de la parole et de son système respiratoire. Dans les circonstances, cela lui suffit. Cela fait maintenant 8 ans qu’il vit avec la SLA. Il a déjà dépassé les pronostics de la médecine et il a clairement mentionné, ce soir, qu’il désirait accompagner sa fille jusqu’à l’autel le jour de son mariage et être bien présent le jour où elle lui donnera des petits-enfants.
Pourquoi lui ? J’avais déjà réalisé que Martin était un exemple de détermination. Ce soir, j’ai compris qu’il faisait partie d’un rare type d’individus capables de vraisemblablement transmettre un message de courage, de foi et d’espoir, à l’heure où le monde en a un urgent besoin. En ce sens, il poursuit dans la même veine que Lou Gehrig lui-même qui, le jour où il s’est retiré du baseball en raison de cette terrible maladie, a prononcé un célèbre discours dans lequel il déclarait être l’homme le plus chanceux de la planète (« I consider myself the luckiest man on the face of the Earth »).
Pour en connaître davantage sur Martin Lauzon, vous pouvez consulter son blogue ou sa page Facebook.
On refera ma ville
Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Le Conseil de Ville de Sainte-Anne-des-Plaines a rendu public, il y a une quinzaine de jours, le rapport des États généraux tenus le 19 janvier dernier. Le document de 25 pages a le mérite d’être clair et concis, en plus de refléter avec exactitude le contenu des discussions en ateliers. Les notes prises par les secrétaires d’ateliers ont d’ailleurs été publiées en annexe.
Rappelons que ces États généraux avaient été convoqués par l’administration Charbonneau lors de sa première assemblée publique, en novembre dernier. S’il est courant qu’un nouveau gouvernement « découvre » peu après son élection la piètre situation financière laissée par ses prédécesseurs, le Conseil municipal anneplainois a toutefois trouvé un moyen rafraîchissant d’entreprendre la suite des choses.
Il faut d’abord saluer la rapidité de l’entreprise. Ensuite, la manière d’en informer et d’impliquer les citoyens démontre une transparence à laquelle nous n’étions plus habitués. On ne s’est pas contenté d’un sondage, suivi de décisions prises en vase clos et de soirées d’informations visant par la suite à calmer les ardeurs des mécontents. On a offert à la population de la consulter dans un cadre structuré. Résultat: plus de 400 citoyens ont répondu à l’appel du maire et participé à l’exercice. Il va sans dire que cet échantillonnage est des plus représentatifs.
Un gouffre financier
C’est l’expression employée, en page 4 du rapport, pour désigner la situation financière actuelle de Sainte-Anne-des-Plaines. Il importe de souligner que cette expression n’émane pas des discussions du 19 janvier, mais provient d’une allocution du maire Charbonneau. Quoi qu’il en soit, elle sert à exprimer la situation peu reluisante de nos finances publiques. Trois grandes causes ont été identifiées et soumises aux citoyens lors des États généraux.
Premièrement, les différentes réformes municipales survenues depuis le début des années 1990 ont rendu Sainte-Anne-des-Plaines responsable d’un total de plus de 2 millions $ de nouvelles dépenses dans son budget annuel. Ce « pelletage » concerne des services en transport et en sécurité publique.
En guise de deuxième grande cause, on identifie un manque de leadership des différentes administrations municipales qui se sont succédé. On leur reproche notamment le manque de représentations pour faire entrer de nouveaux capitaux dans les coffres de la Ville, ainsi que l’absence d’un plan de développement économique à long terme. Ce sont là deux constats que j’endosse entièrement. J’en faisais d’ailleurs mention dans un billet récent.
Finalement, un élément majeur causant notre situation financière précaire est le faible taux d’industries et de commerces à Sainte-Anne-des-Plaines, ce qui nous prive de revenus importants en taxes foncières et taxes d’affaires. C’est là quelque chose que nous savions. Mais je dois admettre que les chiffres présentés dans le document m’ont fait sursauter. La page 5 du rapport nous apprend effectivement que
« …la valeur foncière industrielle et commerciale par habitant à Sainte-Anne-des-
Plaines est de 7,53 % en comparaison de 15,27 % pour les villes comparables à
la municipalité de Sainte-Anne-des-Plaines et à 17,41 % pour l’ensemble du
Québec ».
Le rapport en bref
Trois objectifs généraux ont été dégagés des discussions en ateliers. C’est à partir de ces trois objectifs qu’une série de moyens spécifiques ont été élaborés, suite aux consensus établis par les citoyens participants. Les objectifs généraux sont :
- Augmenter la fierté et le sentiment d’appartenance des Anneplainois;
- Assurer le développement économique à Sainte-Anne-des-Plaines;
- Développer la communication au sein de la municipalité.
J’apprécie particulièrement cette concentration sur ces seuls trois objectifs généraux. Un plan d’affaires peut contenir une multitude d’objectifs. Mais lorsqu’il s’agit d’une forme de plan d’intervention, comme c’est le cas ici, j’estime qu’une stratégie par étapes s’impose et que limiter les buts à atteindre augmente les chances de succès à plus court terme.
Les moyens
Pour l’atteinte du premier objectif général, le rapport puise dans l’histoire et la tradition anneplainoises. Sainte-Anne-des-Plaines est depuis toujours une entité municipale qui peut compter sur une impressionnante tradition bénévole. Soutenir les organismes et les rassembler, ainsi que la population, autour de projets communs constitue le point central des actions privilégiées. On suggère aussi de valoriser la pratique de tous les sports d’équipe et de plein-air, tout en soutenant les associations sportives. J’ajoute ici que des équipes de hockey, de balle-molle et de baseball ont constitué de superbes fleurons anneplainois au cours du dernier siècle. Plusieurs billets sur le blogue de mon collègue Pierre Lagacé rappellent d’ailleurs nos pratiques sportives plus anciennes. Il est clair qu’un retour à cet élément identitaire est souhaité.
Pour conclure sur ce premier objectif, l’avènement d’idées pour un esthétisme et des aménagements plus uniformes et axés sur notre patrimoine n’est pas sans rappeler le mandat du défunt organisme Partenaires Rues Principales, démantelé par l’ex-administration Collin. À ceux pour qui le nom de cet organisme rappelle de mauvais souvenirs, j’aimerais mentionner que je me trouvais au Festi-Vent sur glace de Saint-Placide, dimanche dernier, et que cet immense succès populaire origine justement d’une concertation entre la population, les organismes locaux et la Fondation Rues principales.
En ce qui a trait au deuxième objectif, il est bien sûr mention de soutenir les industries, les commerces et le développement résidentiel, en plus d’améliorer les routes et le transport. Plusieurs idées en ce sens sont inscrites au rapport. Mais ce que je retiens surtout, c’est le développement du tourisme à Sainte-Anne-des-Plaines. Comprenez bien, il ne s’agit pas ici de créer un autre Saint-Sauveur. Il s’agit de miser sur nos attraits et nos ressources brutes pour attirer chez nous visiteurs et touristes qui stimuleront notre activité économique. La future piste cyclable pourrait constituer l’élément central de ce secteur. Il est à noter que dans presque tous les ateliers, lors des États généraux, des participants ont souhaité que le secteur du tourisme soit développé à Sainte-Anne-des-Plaines.
Finalement, pour l’atteinte du troisième objectif, on mise surtout sur la concertation entre la Ville, les organismes et la population, ainsi que sur le développement de la visibilité et des communications. Le point intéressant concerne la visibilité. Doter Sainte-Anne-des-Plaines d’un slogan et d’une image l’élèvera au même rang que ses voisines sur les panneaux autoroutiers. Voilà certainement une initiative qui stimulera le tourisme et le développement résidentiel.
Et la suite ?
Sainte-Anne-des-Plaines a maintenant jeté les bases de ce qui deviendra de toute évidence la fameuse vision à long terme, préconisée par Guy Charbonneau au cours des deux dernières campagnes électorales. Les objectifs sont là, plusieurs moyens également. Et tout cela est le fruit d’une concertation de plus de 400 personnes, réunies rapidement après le changement d’administration municipale.
Il faut battre le fer pendant qu’il est chaud. L’échiquier est prêt et la stratégie est élaborée. Notre Conseil de Ville doit maintenant bouger la première pièce. En novembre dernier, toute une population lui a donné le mandat de refaire notre ville. Il y a un mois, 400 représentants lui ont fourni des pistes et des façons de faire. À lui de jouer.
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Et demain, demain si tu veux
Tout demain, tout demain tous les deux
On refera ma ville
On refera ma ville
On refera ma ville…Francis Cabrel – Ma ville – album « Les murs de poussière »
Des plus brillants exploits
Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Les Jeux de Vancouver n’en sont qu’à leur quatrième journée et ils ont déjà fait couler beaucoup d’encre.
Les cérémonies d’ouverture n’avaient pas encore débuté que déjà, les médias du monde entier annonçaient la mort du lugeur géorgien Nodar Koumaritachvili. Ne comptez pas sur moi pour vous mettre en lien la vidéo de sa chute fatale. On nous l’a déjà trop montrée à la télévision. J’aurais personnellement préféré ne pas la voir, par respect pour sa mémoire, sa famille et les autres membres de la délégation géorgienne.
L’être humain étant ce qu’il est, on ne s’est pas contenté du bête et regrettable accident comme explication à ce décès tragique. Il fallait, il faut, un responsable. La Fédération internationale de luge a été passée à tabac par la presse mondiale qui l’accusait d’avoir manqué à ses responsabilités. Le président géorgien, Mikhaïl Saakachvili, a quant à lui évoqué le manque de barrières de sécurité. Pour le COVAN et la Fédération internationale de luge, le lugeur aurait lui-même commis l’erreur qui l’a emporté.
Mais la réaction la plus lucide est selon moi venue du père de l’athlète défunt, monsieur David Kumaritashvili, lorsqu’il a laissé entendre que ce sport venait d’atteindre des standards de vitesse qu’il faudrait baliser avant longtemps. La performance doit avoir ses limites.
Les cérémonies d’ouverture
Je n’irai certainement pas contredire, dans ces lignes, le premier ministre du Québec, le ministre fédéral du Patrimoine canadien et des Langues officielles, le Commissaire aux langues officielles et le secrétaire général de la Francophonie, qui ont tous déploré la faible utilisation de la langue française lors des cérémonies d’ouverture, vendredi dernier. Je tiens toutefois à souligner la beauté et l’excellence du spectacle qui nous a été offert. Les concepteurs ont su trouver les fils conducteurs qui relient les cultures francophones, anglophones et autochtones du pays, pour présenter un impressionnant tableau au monde entier. Un tableau qui, loin de me gêner, a plutôt stimulé ma fierté.
À tous ces artisans qui ont travaillé de près ou de loin à la conception de ce spectacle, chapeau !
Alexandre Bilodeau
La première médaille d’or olympique remportée par un athlète canadien, en sol canadien, l’a été par un gars de Rosemère, dans notre MRC. Champion de l’épreuve des bosses d’hier soir, Alexandre Bilodeau a passé la journée d’aujourd’hui à donner des entrevues, rendant hommage à ses adversaires, à son équipe d’entraînement et, surtout, à sa famille et son frère handicapé qui, affirme-t-il a toujours personnifié sa principale inspiration.
Au moment où j’écris ces lignes, Alexandre Bilodeau vient tout juste de recevoir sa médaille, avec à sa gauche, un Bryon Wilson fier de sa médaille de bronze, alors qu’à sa droite, l’Australien Dale Begg-Smith affichait une mine déconfite avec sa médaille d’argent au cou. Les Australiens n’ont d’ailleurs pas démontré un grand esprit sportif lorsqu’ils ont déclaré que Begg-Smith avait été meilleur que Bilodeau et qu’ils ont remis en doute l’impartialité des juges. En grande forme, Alexandre Bilodeau a pourtant eu le dessus sur Dale Begg-Smith lors de toutes les descentes de la compétition.
Voir les Jeux grâce au Cyber journal Sainte-Anne-des-Plaines
Je tiens finalement à vous informer qu’il est depuis aujourd’hui possible de voir les Jeux de Vancouver à partir du Cyber journal SADP. Vous n’avez qu’à cliquer sur l’onglet Web Télé de notre page d’accueil. De là, vous aurez accès aux pages des principaux diffuseurs des Jeux olympiques d’hiver 2010.
Investissements majeurs chez Écolait
Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Une nouvelle économique importante est passée inaperçue à Sainte-Anne-des-Plaines, ces deux dernières semaines. L’entreprise québécoise Écolait annonçait, le 26 janvier dernier, des investissements de 5,5 millions $ dans son usine du rang Sainte-Claire. Près de 50 % de cette somme, soit 2,7 millions $, proviendra d’un prêt du gouvernement fédéral, via le Plan d’action économique du Canada. Le ministre d’État à l’Agriculture, Jean-Pierre Blackburn, était présent au moment de l’annonce. Cette aide fédérale constitue le deuxième projet d’envergure annoncé au Québec, en vertu du Programme d’amélioration de l’abattage d’Agriculture et Agroalimentaire Canada.
Fondée il y a une trentaine d’années à Saint-Hyacinthe, où se trouve toujours son siège social, Écolait se spécialise dans l’abattage et la transformation du veau de lait. Jusqu’à maintenant, ses productions n’étaient destinées qu’aux chaînes d’alimentation. La modernisation de son usine de Sainte-Anne-des-Plaines/Terrebonne lui permettra un découpage en portions, lesquelles seront destinées aux services alimentaires des restaurants, hôtels et autres institutions.
L’entreprise emploie présentement 350 personnes en Amérique du Nord (Québec, Ontario et État de New York), dont 246 à son usine du rang Sainte-Claire. On prévoit qu’au moins une vingtaine d’autres travailleurs y seront embauchés, d’ici trois ans.
La société Écolait, qui exporte 50 % de sa production sur le marché mondial, joue également un rôle important dans l’expansion de l’accès au marché des producteurs du Canada. Ses parts de marché au Québec sont de 61 % , alors qu’elles atteignent 68 % ailleurs au Canada.
Des retraités plus âgés ?
Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Vendredi dernier, le gouvernement espagnol a déposé un projet de loi qui vise à faire passer l’âge légal de la retraite de 65 à 67 ans, dans son pays. L’Espagne emboîte ainsi le pas à plusieurs autres pays d’Europe. L’Allemagne, la Norvège et le Danemark, notamment, ont déjà légiféré en ce sens, forçant leurs travailleurs à demeurer actifs jusqu’à 67 ans, voire 68 ans dans le cas de la Norvège.Ceci crée un contraste assez particulier avec la situation française. En France, en effet, l’âge de la retraite est le plus bas chez les pays industrialisés, soit 60 ans. Et bien que le débat soit fermement engagé chez nos cousins pour revoir le moment légal où l’on peut quitter le marché du travail, c’est près des deux tiers des Français qui souhaitent maintenir le statu quo.
Au Québec, on parle plutôt de retraite progressive. Il est possible de toucher des revenus de fonds de retraite dès l’âge de 55 ans, tout en continuant de travailler. Comme il est possible de toucher des prestations de la Régie des Rentes du Québec dès 60 ans, en complétant ces revenus avec un emploi à temps partiel. C’est ce système qui fait que l’âge moyen des nouveaux retraités québécois est, à 62 ans, le plus bas au Canada. Cette moyenne atteint les 64 ans, ailleurs au pays.
Nos dirigeants, comme les analystes financiers, devront toutefois suivre notre situation de près. Comme les pays européens, nous avons vécu une baisse importante du taux de natalité. Depuis les dernières années, ce sont les baby-boomers, notre génération la plus importante en nombre, qui accèdent graduellement à la retraite. Ce n’est qu’une question de temps avant que ceci n’occasionne une flambée des coûts de nos soins de santé.
L’augmentation de l’âge de la retraite sera-t-elle également préconisée ici comme un élément de solution ? Le dernier numéro du magazine L’actualité lance le débat.
Personnellement, je pense que nous avons tout intérêt à maintenir et bonifier nos programmes de retraite progressive. Un virage est toujours plus facile lorsqu’il se prend en douceur et les Québécois, comme le reste des Canadiens, semblent apprécier cette transition vers la pleine retraite.
Une richesse à l’état brut
Un billet de
Jean-Frédéric Martin
La volonté de faire bouger les choses est indéniable. J’ai été agréablement surpris de constater l’ampleur de la participation des citoyens, lors des États généraux tenus la semaine dernière, à Sainte-Anne-des-Plaines. Et au-delà de la forte participation, la qualité des échanges est à souligner.
La longue hibernation tire à sa fin. Le message des 400 Anneplainois présents semblait sans équivoque: sortons de nos tanières et entreprenons ensemble tout ce qu’il faut faire pour continuer à bien vivre chez nous. Rappelons que l’objectif premier de ces États généraux était de se concerter pour trouver des solutions à la situation économique de plus en plus précaire de la Ville.
Et les bonnes idées étaient nombreuses. Plusieurs constats étaient unanimes. Dans tous les ateliers, les discussions ont tourné autour de nos espaces verts et de notre patrimoine. Pour plusieurs, l’avènement de la piste cyclable doit constituer le fer de lance de notre relance économique. Mettre en vitrine nos artistes et notre culture fait aussi partie des solutions apportées.
Le parc des Méandres peut facilement être aménagé, comme d’autres espaces verts. L’église, l’hôtel de ville, la Maison Chaumont et le Vieux Sainte-Anne doivent également être mis en valeur, de l’avis des participants. Ce sont là des idées auxquelles j’adhère depuis longtemps. Mais ce que j’ai trouvé rafraîchissant cette fois-ci, c’est qu’on a finalement cessé de se résigner à notre sort en raison de l’absence de routes dignes de ce nom, pour s’interroger sur ce qui peut être fait malgré l’absence de routes.
On a donc poussé la réflexion plus loin, en avançant que la mise en valeur de nos richesses peut mettre la table à une campagne de promotion qui attirerait touristes et entreprises chez nous. Du rêve ? J’espère que oui ! C’est bien connu, chaque grande réalisation commence par un rêve. Et plus nombreux serons-nous à rêver, plus la volonté de voir ce rêve s’accomplir sera grande. En passant, il n’y a rien d’irréalisable dans ce qui a été amené lors de l’exercice. D’autres sont passés par là, avec succès, avant nous.
Il ne faut pas avoir peur de ce que nous sommes. Nos villes voisines se sont dotées de slogans dont ils tapissent les panneaux publicitaires en bordure des autoroutes, pour faire leur promotion. Nous avons ici les cerveaux, l’environnement et les artistes pour en faire autant.
Pour parvenir à tout cela, il faudra investir. I-N-V-E-S-T-I-R. Les administrations municipales qui se sont succédé au cours des dernières années ont semblé oublier le sens de ce mot. Il y avait les revenus et les dépenses. Point.
L’investissement implique une vision à long terme, concept qu’on a également relégué aux oubliettes il y a longtemps, à Sainte-Anne-des-Plaines. Ne pas mettre nos richesses collectives en valeur équivaut à conserver une fortune dans un bas de laine.
Investir pour les développer, les embellir et les promouvoir ne doit surtout pas être vu comme une vulgaire dépense. Si la volonté des 400 participants aux États généraux se manifeste en actions concrètes sur notre territoire, le retour sur l’investissement ne se fera pas attendre. Et c’est toute notre collectivité qui en bénéficiera.
Mimeau
Un billet de
Jean-Frédéric Martin
J’ai connu Richard Mimeau à la fin des années 1980. D’abord collègues de travail, lui et moi sommes rapidement devenus amis. Son entourage l’appelle Richard, ses amis intimes l’appellent Mimeau. Il n’est pas complètement inconnu à Sainte-Anne-des-Plaines. Adepte de ballon sur glace, il a affronté les équipes de notre Ligue des As à quelques reprises, ici comme ailleurs.
Mimeau a connu son heure de gloire la semaine dernière. Organisateur hors-pair, le destin a voulu qu’il se trouve à Port-au-Prince, mardi dernier, et qu’il sorte indemne du tremblement de terre. C’est peut-être la meilleure chose qui soit arrivée à quelques centaines de survivants haïtiens.
La catastrophe a eu lieu alors que Mimeau revenait à son hôtel, après avoir donné une formation sur l’organisation politique et la démocratie. « En donnant les bons coups de volant aux bons moments, l’homme qui me conduisait m’a sauvé la vie », a-t-il affirmé lors d’une entrevue au réseau LCN. Il a plus tard appris les décès de l’épouse et des deux enfants de son accompagnateur.
Les murs de son hôtel ayant résisté aux secousses du séisme, Mimeau a rapidement déployé son sens de l’organisation. Aidé de son compatriote Gérard Latulippe (représentant au National Democratic Institute) et de trois médecins présents sur place, il a transformé l’hôtel en hôpital de fortune. Se servant de draps, d’oreillers, de rideaux et de barreaux de chaises, ils ont accueilli et soigné plus de 300 blessés, entre 19 heures et 7 heures le lendemain matin.
Mimeau fut ensuite placé dans le premier avion en partance vers le Canada. Lors de son transit, il a pris soin d’envoyer un émouvant message-texte au journaliste Jean Lapierre. À la fin de ce texte, il mentionne qu’il pense avoir perdu un être cher dans cette tragédie. Ironie du sort, Mimeau travaillait pour l’ex-députée de Vachon et actuelle présidente du Conseil du statut de la femme, Christiane Pelchat, lorsque je l’ai connu. Le conjoint de madame Pelchat, Serge Marcil, est toujours porté disparu depuis que l’hôtel Montana où il venait à peine de débarquer s’est effondré.
Mimeau, je me fais le porte-parole de tous ceux qui t’aiment, ainsi que de ceux qui viennent d’apprendre qui tu es, pour te dire à quel point nous sommes fiers de toi. Tu as fait ce que je t’ai vu faire si souvent, c’est-à-dire réagir spontanément à une situation inconfortable (dans ce cas-ci, c’est le moins qu’on puisse dire…) et passer une nuit blanche à éteindre des feux. Cette fois, tu as sauvé des vies.
Tu as toute mon admiration.
Salut Méo
Un billet de
Jean-Frédéric Martin
C’est toute une page du livre de ma jeunesse qui vient de se tourner, avec le décès de monsieur Guy Racine. Celui que l’on surnommait affectueusement Méo était le brigadier favori de plusieurs générations d’écoliers anneplainois. Son handicap physique, qui le faisait claudiquer sévèrement, ne l’a jamais empêché d’accomplir son métier avec une passion que nous devons tous lui reconnaître.
À l’intersection du boulevard Sainte-Anne et de la troisième avenue, Méo faisait partie intégrante du paysage. Une artiste locale l’avait même un jour immortalisé sur toile. Après sa retraite, qu’il a prise il y a plusieurs années, il retournait presque quotidiennement s’asseoir sur le banc public situé sur ce coin où il a passé une grande partie de sa vie.
Monsieur Racine nous a quittés la semaine dernière, à l’âge de 65 ans.
En mon nom personnel et au nom de toute l’équipe du Cyber journal Sainte-Anne-des-Plaines, je voudrais offrir mes plus sincères condoléances à sa famille. Nous sommes plusieurs à partager ce deuil.
De la désinformation

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Le conseiller municipal Denys Gagnon serait-il un surhomme ?
C’est la conclusion qu’il faudrait peut-être tirer si ce qui circule sur son compte, à Sainte-Anne-des-Plaines, s’avère fondé. Parce qu’à en croire certaines rumeurs, entendues à maintes reprises au cours des dernières semaines, le conseiller de l’opposition aurait réussi à bloquer à lui seul toute une série de projets de l’administration municipale actuelle.
La dernière en lice n’est pas la moindre. Il aurait fait avorter l’achat par la Ville d’un terrain sur le boulevard Sainte-Anne, terrain sur lequel on projetait un zonage commercial. Les propriétaires du terrain n’étaient pas contents et le lui auraient fait savoir. Le hic, c’est que monsieur Gagnon n’a jamais eu l’opportunité de se prononcer sur ce règlement, puisqu’il n’a finalement pas été amené à l’ordre du jour d’une assemblée publique par l’administration Collin.
Désinformation partisane
De 2003 à 2005, il était de bonne guerre que les deux élues de Sainte-Anne Plus d’alors, mesdames Danielle Demers-Thérien et Isabelle Charbonneau, accusent la majorité au Conseil, dont faisait partie monsieur Gagnon, de s’opposer systématiquement à leurs propositions. La politique étant ce qu’elle est, cette tactique a quand même rapporté ses dividendes à Sainte-Anne Plus, même si le nombre de résolutions adoptées à l’unanimité durant cette période démontre que l’opposition était finalement loin d’être aussi systématique.
Là où ça devient grossier, c’est quand encore aujourd’hui, on pointe du doigt Denys Gagnon, ainsi que quelques membres non élus de sa formation politique, pour justifier des échecs de l’administration municipale en place. Je fais ici notamment référence au dossier de la piscine intérieure, de même qu’à la non obtention de la subvention fédérale pour la réalisation des travaux d’infrastructures de la 2e Avenue et de l’avenue Therrien. Seul contre six, le vote de monsieur Gagnon ne pèse pas lourd dans la balance.
Des faits
Les campagnes électorales sont faites pour promouvoir et dénoncer. À la rigueur, on peut aussi accuser. Mais dans tous ces cas, il faut démontrer et étayer ses affirmations avec des faits concrets et vérifiables. Sinon, il s’agit de désinformation pure et simple.
Un exemple de faits concrets et vérifiables ? Voyons un peu…
Fait numéro un:
Médifice est une entreprise de construction dont le siège social est situé à Boisbriand. Médifice est spécialisée dans la construction d’édifices médicaux. Vous pouvez vérifier en cliquant sur ce lien: http://www.medifice.com/
Fait numéro deux:
Sainte-Anne Plus propose ni plus, ni moins que la construction d’une nouvelle clinique médicale à Sainte-Anne-des-Plaines. Vous pouvez vérifier en lisant ce communiqué de presse du parti Sainte-Anne Plus: http://www.sainte-anne-plus.org/pdf/comm_01102009.pdf
Fait numéro trois:
Qui a installé les panneaux électoraux de Sainte-Anne Plus sur le territoire de Sainte-Anne-des Plaines ? Un coup d’œil sur la photo ci-dessous vous apportera peut-être un élément de réponse.
Vous pouvez cliquer dessus pour l’agrandir.
Y a-t-il un fil conducteur entre ces trois faits ? Je vous laisse tirer vos propres conclusions.
Corruption, quand tu nous tiens !

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Un article d’Éric Clément publié dans La Presse, la semaine dernière, a attiré mon attention. Selon un sondage Angus Reid – La Presse, la moitié des Montréalais ne croit pas le maire Gérald Tremblay lorsqu’il prétend avoir été mal informé par ses conseillers politiques dans le dossier des compteurs d’eau. Personnellement, je ne suis pas prêt à lancer la pierre à monsieur Tremblay.
Certes, le maire de Montréal doit assumer la responsabilité des bavures de son administration. Mais son évidente naïveté m’empêche de l’associer tout de go à la corruption dont il est de plus en plus question dans la métropole québécoise.
Parce qu’il est bien clair que la corruption est un mal qui est en train de se répandre bien au-delà des limites de Montréal. Le reporter Alain Gravel, de Radio-Canada, enquête depuis maintenant plusieurs mois sur la corruption dans l’industrie de la construction. Dans le reportage diffusé lundi dernier sur l’agression subie par le conjoint d’une candidate à la mairie de Boisbriand, monsieur Gravel mentionnait d’entrée de jeu que c’est cette enquête qui l’avait mené jusqu’à la couronne nord de Montréal, d’où il a été affecté à la couverture de ce fait divers. On peut également ajouter que les plaintes se font de plus en plus nombreuses quant aux contrats offerts sans appel d’offres par les municipalités, à plusieurs firmes amies œuvrant dans différents domaines. Les apparences de conflits d’intérêts se multiplient.
C’est que le lobby est de plus en plus présent dans les villes et municipalités. Il faut comprendre que ce n’est pas payant de faire de la politique. Les gens aptes à diriger doivent généralement accepter une sérieuse diminution de salaire pour accéder à un poste qui les occupera plusieurs heures par jour, en plus de faire baisser considérablement leur cote de popularité. Dans ce contexte, les vocations sont moins nombreuses qu’elles ne l’étaient.
Il est donc devenu monnaie courante de faire élire des personnes bonasses, voire naïves, n’ayant aucune expérience en politique, souvent en leur faisant miroiter une notoriété qu’elles n’auraient pas obtenue autrement, pour ensuite les « guider » dans leurs décisions administratives.
Pour quiconque s’implique dans les organismes de la région, ce n’est plus un secret qu’un même consortium composé de firmes d’ingénieurs, de compagnies d’asphaltage et de construction, d’une firme d’avocats, d’une boîte de communications et de quelques consultants travaille activement à faire élire ou réélire ses protégés. C’est aussi une tendance que l’on retrouve un peu partout au Québec. Les fameux consultants sont généralement d’ex-politiciens ou organisateurs politiques.
Une fois en place, les élus, sur recommandation des consultants en qui ils ont une entière confiance, octroient les contrats de la ville aux membres du consortium. Lorsqu’il y a appel d’offres et que les entités municipales sont soumises à la règle du plus bas soumissionnaire, les firmes amies s’entendent entre elles et s’échangent les plus basses soumissions d’une municipalité voisine à l’autre.
Il va sans dire qu’une partie de l’argent recueilli est soigneusement engrangé jusqu’à l’élection suivante, où il reviendra non pas au parti politique (qui serait obligé de le comptabiliser dans ses dépenses électorales), mais à ses organisateurs dits « bénévoles ». Quant aux consultants, il n’est pas rare de les voir profiter des quatre années de pouvoir de leurs groupes d’élus pour faire adopter des projets d’envergure (comme la construction d’infrastructures récréatives, par exemple) et de réclamer des ingénieurs et ⁄ ou constructeurs engagés une quote-part de ce qui leur sera versé. Pour un projet de plusieurs millions $, une quote-part variant de 1% à 2% devient très intéressante.
Ainsi, lorsque certaines manigances ou conflits d’intérêts sont mis à jour, les professionnels impliqués peuvent facilement s’en laver les mains, prétextant qu’ils n’avaient pas eux-mêmes à juger du degré d’un potentiel conflit d’intérêts. Certains ont déjà déclaré ne pas avoir à être gênés d’obtenir des mandats des conseils municipaux. Au pire, les contrats sont suspendus ou annulés, moyennant d’importantes compensations, comme c’est présentement le cas à Montréal. Il est donc clair que quand l’abcès crève, ce sont les élus qui sont éclaboussés. Il suffit alors d’un bon nettoyage, et on recommence.
Pauvre Gérald Tremblay !
Où est passé le livre comptable ?

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Situation pour le moins embarrassante lors de l’assemblée municipale du 11 août dernier. Au cours de la période de questions des citoyens, le chef du parti Vision Action, Guy Charbonneau, a dévoilé l’extrait d’un document du Registraire des entreprises du Québec, concernant l’organisme Réseau famille activités. Cet organisme sans but lucratif, immatriculé en 1999, gère le Fonds communautaire de la mairesse Collin. Le document démontre que l’organisme est en défaut, n’ayant pas déposé ses déclarations annuelles pour les années 2007 et 2008.
Cette révélation a fait bondir le conseiller Michel Forget, qui a accusé monsieur Charbonneau, à l’aide de termes plutôt colorés, de faire tout un plat avec des choses sans importance. J’ai trop de respect envers monsieur Forget pour critiquer ici la forme de sa réaction. Le nom de sa conjointe venant d’être nommé par la mairesse parmi les administratrices de l’organisme, il peut arriver que sur le coup de l’émotion, le français ne soit pas exprimé de manière correcte et que les mots employés se révèlent inappropriés.
Sur le fond, toutefois, je dois admettre mon profond désaccord avec le conseiller. Parce qu’il ne s’agit pas ici de peccadilles ou de choses sans importance. Il s’agit d’un organisme qui reçoit et distribue de l’argent au nom de la mairesse de Sainte-Anne-des-Plaines, notamment avec son Tournoi de golf et la Fête de la Famille. Depuis deux ans, cet organisme ne respecte pas la loi.
Curieusement, c’est depuis l’avènement de la Fête de la Famille que Réseau famille activités ne dépose plus ses déclarations annuelles. La Ville n’a d’ailleurs jamais déposé de bilan des deux éditions de l’événement. Lors de l’assemblée publique de février 2008, le conseiller de l’opposition Denys Gagnon s’était opposé à la tenue de la seconde édition, n’ayant pas eu le bilan de la première ni le plan d’affaires ou les projections de celle à venir. Il avait alors précisé qu’il ne pouvait pas voter en faveur d’un projet pour lequel il n’avait aucune information.
Neuf mois plus tard, au cours de la séance publique de novembre 2008, le conseiller Gagnon a concrètement demandé à la mairesse Collin de déposer les bilans des deux éditions de la Fête de la Famille et de son Tournoi de golf. Madame Collin l’avait alors rabroué et n’a jamais donné suite à sa demande.
Il s’agit là d’un manque flagrant de transparence de l’administration municipale. Un autre, préciseront certains. Et pour Réseau famille activités, il s’agit d’une transgression de la loi. D’une part parce que le dépôt de la déclaration annuelle est obligatoire. D’autre part, parce que l’organisme, à partir du moment où il collecte et distribue de l’argent au nom de Catherine Collin, doit rendre des comptes. S’il est apolitique, malgré le fait qu’il ne soit administré que par des proches du parti Sainte-Anne-Plus, les fonds recueillis et distribués au nom de la mairesse de Sainte-Anne-des-Plaines doivent être mentionnés dans les états financiers de la Ville et transmis au ministère des Affaires municipales, tel que stipulé dans l’article 105.2 de la Loi sur les cités et villes. Si au contraire Réseau famille activités est un organisme partisan, il agit alors au nom de la chef du parti Sainte-Anne-Plus et un rapport annuel doit être acheminé au bureau du Directeur général des élections.
S’agit-il d’une erreur, une négligence, un oubli ou une omission ? Je suis de ceux qui préfèrent présumer la bonne foi des gens et ce cas-ci ne fera pas exception. Mais il y a des suites à donner, et vite.
La première étape consiste à régulariser la situation. Les états financiers suite aux activités doivent être rapidement préparés, vérifiés et déposés. Les deux déclarations annuelles manquantes doivent également parvenir au Registraire des entreprises du Québec.
La seconde étape sera l’explication. Comme ce fut le cas à plusieurs reprises au cours des dernières assemblées publiques, madame Collin n’a apporté aucun élément de réponse et a préféré prendre le tout en délibéré jusqu’à la prochaine assemblée. C’est là son droit le plus strict. Mais elle devra maintenant se présenter à la séance de septembre avec ce dossier classé, ou en bonne voie de l’être, et en justifier tous les tenants et aboutissants.
C’est une question de transparence et d’intégrité.
L’été est là ! (2e partie)

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Finalement, il n’aura pas d’été que le nom ! Nous aurons eu au moins deux semaines de températures saisonnières accompagnées de temps ensoleillé, en cet été 2009. La première, certains s’en rappelleront, c’était la semaine du 15 juin.
La deuxième débute demain et on annonce même du temps beau et chaud pour la fin de semaine. Non, ce n’est pas une blague, regardez vous-mêmes sur le site de Météomédia. Bon, d’accord, les météorologues ont peut-être perdu un peu de leur crédibilité ces derniers temps, mais n’empêche que leur moyenne au bâton est très respectable en ce qui concerne les prédictions à court terme. Après tout, chaque fois qu’ils ont prévu de la pluie ou des températures fraîches, nous en avons eu.
Profitez donc des prochains jours pour faire tout ce que vous n’avez pas pu faire à l’extérieur, ces dernières semaines. S’il y a une fin de semaine où le camping vaudra la peine d’être vécu au Québec, il semble que ce sera la prochaine. Et n’oubliez pas de remercier le ciel ou l’univers si vous avez choisi d’inclure cette semaine du 10 août dans vos vacances estivales 2009.
Surtout, ne remettez pas vos activités à plus tard si vous avez la possibilité de les faire maintenant. Parce que mes antennes, qui m’ont jusqu’à maintenant démontré qu’elles pouvaient être beaucoup plus efficaces à long terme que Météomédia et Environnement Canada, me disent que septembre aura l’air… d’octobre !
Mince !, comme dirait mon fils.
Une véritable piste cyclable
Quelle merveilleuse nouvelle, publiée dans le Cyber journal de Sainte-Anne-des-Plaines, en ce 11 août. Sainte-Anne-des-Plaines fait un pas important vers la réalisation éventuelle d’une véritable piste cyclable, qui rejoindra la Trans-Terrebonne. Bravo au comité ad-hoc de la Ville qui a réussi à faire avancer ce projet.
Bravo particulièrement à Gilles Roussil, qui en est l’instigateur et qui a travaillé d’arrache-pied à le faire concrétiser.
L’été est là !

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Il a beau pleuvoir et ne pas faire aussi chaud que ce à quoi on pourrait s’attendre, l’été est là. Incontestablement. L’année scolaire est terminée, la St-Jean est chose du passé, les camps de jour ont commencé et le Marché de la Place s’est installé. Mais, surtout, j’ai envie d’écrire des billets plus légers. C’est là le principal indice que l’été est définitivement arrivé !
Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis un mordu de baseball. Je n’ai malheureusement pas vu évoluer les Expos de Montréal au parc Jarry, mais j’ai eu le privilège d’assister à leur premier match au stade du Parc olympique. C’était en avril 1977, contre les Phillies de Philadelphie. Une belle «sortie de gars», avec mon grand-père, mon père et mon jeune frère. Durant les 27 années qui ont suivi, il ne s’est pas passé un seul été sans que je ne me rende encourager les Expos une dizaine de fois, parfois plus. Et puis oui, j’étais des 31 395 spectateurs le 29 septembre 2004, lorsqu’ils ont joué leur dernier match à Montréal. Une défaite de 9 à 1 contre les Marlins de la Floride, l’équipe que Jeffrey Loria et David Samson se sont fait offrir en cadeau par le commissaire Bud Selig, en reconnaissance pour avoir «fermé le club» à Montréal.
Depuis, je suis condamné à consommer mon baseball au compte-goutte. J’ai planifié des vacances en fonction des matchs locaux de certaines équipes, je me suis abonné à plusieurs stations de télé diffusant des joutes, j’ai même développé une certaine sympathie pour les Blue Jays de Toronto, un club que j’ai été incapable de suivre durant près de trois décennies tellement je les trouvais ennuyeux.
Mardi, je me rendrai au stade municipal de Québec pour assister au match opposant les American Defenders du New Hampshire aux Capitales. Ce sera ma première expérience de la Ligue Can-Am, qui est pourtant une des plus anciennes ligues de baseball en Amérique. Un groupe a même déjà tenté d’amener une équipe de cette ligue à Boisbriand. Il y avait longtemps que je me promettais d’aller encourager les Capitales à Québec, mais il me faut honnêtement admettre que l’arrivée d’Éric Gagné et celle de Pierre-Luc Laforest, deux joueurs qui évoluaient dans le baseball majeur l’an dernier, m’auront convaincu d’y aller cet été.
Et puis il y a le retour à la base avec un petit garçon qui, comme son père, s’est développé une passion pour ce sport estival. Un petit bonhomme de six ans qui, pour un deuxième été, me traîne sur les terrains de baseball de Blainville, Sainte-Anne-des-Plaines et Sainte-Thérèse, dans le cadre du programme Rallye Cap. Des moments privilégiés père-fils qu’on voudrait vivre plus souvent.
Mais qu’on a tout le temps de savourer… en été !
Beaucoup de Tapage

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Non, ce titre n’est pas qu’un jeu de mots facile. Les facturations de Tapage Communication à la Ville de Sainte-Anne-des-Plaines, depuis deux ans, sont nombreuses et coûteuses. Le reportage publié dans le Cyber journal SADP plus tôt cette semaine en fait une démonstration on ne peut plus claire.
Historique
Tapage Communication est une firme blainvilloise œuvrant dans le domaine de la publicité. Elle est très active dans la région et a remporté quelques prix au cours des dernières années. L’entreprise Fraisebec fait partie de ses clients.
Tapage a été engagée par résolution du Conseil de Ville anneplainois, en février 2007. On lui confiait alors deux mandats. D’abord, celui de voir à la réalisation de l’Informateur municipal, le mensuel d’informations de la Ville, jusqu’alors réalisé à l’interne par le Service des communications de la Ville. Ensuite, Tapage recevait un mandat de communications stratégiques et relations publiques.
Les coûts: 1500 $ plus 95 $ la page pour chaque bulletin municipal (forfait qui a ensuite été revu à la hausse) et 19 700 $ par année pour les services-conseils, honoraires revus à la baisse (19 100 $) pour les deux années qui ont suivi. Quelques élus du Conseil municipal, élus sous la bannière Sainte-Anne-Plus, avaient alors vanté la qualité des services de Tapage Communication, précisant qu’ils avaient été à même de la constater lors de la dernière campagne électorale, Tapage ayant contribué à leur élection.
Et c’est justement là où on peut s’interroger sur la transparence d’une telle action. De l’aveu même de ses élus, donc, Sainte-Anne-Plus a reçu l’aide de Tapage lors des élections de 2005 et tout laisse croire, du moins pour le moment, qu’il en sera de même pour les élections de novembre prochain. Le hic, c’est que près de 125 000 $ ont déjà été versés à Tapage par les contribuables anneplainois, et que d’autres sommes le seront aussi au moins jusqu’à l’expiration des contrats, au premier trimestre de 2010. Ce sont là des sommes qui demeuraient à la Ville, avant 2007.
Voyez-vous un malaise ? Moi aussi.
Absence de pièces justificatives
Suite à notre demande d’accès à l’information, nous pouvons constater que les factures pour les publications municipales ne sont pas très détaillées, comme le démontrent ces quelques exemples. Quant aux factures mensuelles pour services-conseils, elles ne contiennent aucun autre élément de précision.
À la suite d’une autre demande d’accès à l’information, nous avons demandé les pièces justificatives correspondant aux services-conseils offerts par Tapage. On nous a alors fait parvenir les trois documents d’offres de services, rien de plus, en nous précisant qu’il n’existait aucune trace écrite des services de Tapage, car ceux-ci consistaient en communications verbales, généralement téléphoniques, entre les experts de l’entreprise et les élus municipaux.
Peut-on ainsi présumer que les services-conseils offerts par Tapage sont strictement politiques ? Si tel est le cas, les contribuables anneplainois n’ont pas à les assumer. Il appartient au parti politique de l’administration en place de le faire.
D’autant plus que ces façons de faire de Tapage ont commencé à se répandre dans la région. Elles ont été dénoncées dans des blogues de Sainte-Adèle et de Blainville, entre autres.
Du « copier-coller » ?
La rédaction des offres de services de Tapage Communication pour les années 2007, 2008 et 2009 nous laisse là encore constater un air de déjà-vu. Il faut prendre le temps de comparer ces trois documents de 8 et 6 pages pour s’apercevoir que les deux derniers ne sont que de banales reprises du premier.
Reprises au point où on n’a même pas pris le soin de modifier les dates dans le calendrier d’exécution proposé. Les documents de 2008 et 2009, en page 5 dans les deux cas, offrent également l’élaboration d’un calendrier d’exécution 2007…
D’ailleurs, le mandat pour Tapage Communication a été reconduit pour l’année 2009 lors de l’assemblée du 10 février 2009 «le tout conformément à son offre de service reçue le 9 février 2009» (extrait du procès-verbal de la séance du 10 février 2009). Or, l’offre de services de Tapage Communication dont nous avons obtenu copie est datée du 1er mars 2009.
Pertinence des services
C’est justement lors de cette assemblée publique du 10 février que la mairesse Catherine Collin a mentionné que les services d’une firme comme Tapage Communication étaient essentiels pour une ville comme la nôtre. Je lui ferai ici remarquer que les villes s’adjoignant les services-conseils d’une telle entreprise de manière régulière sont toutes plus populeuses (voire plus riches) que la nôtre. Ce sont des villes pour qui il devient plus rentable d’engager une firme professionnelle que d’engager des ressources, ce qui n’est pas nécessairement notre cas.
Depuis 2007, les services de Tapage Communication ont coûté à la Ville de Sainte-Anne-des-Plaines plus cher que le programme Partenaires Rues principales n’avait coûté pour n’importe quelle période de deux ans de son histoire. Décrié par plusieurs, ce programme avait pour objectif d’ajouter une plus-value au boulevard Sainte-Anne et à plusieurs des bâtiments qui s’y trouvent.
Et lorsque madame Collin mentionne à titre d’argument que la population se réjouit de la belle présentation visuelle de l’Informateur municipal depuis que Tapage le réalise, je me demande si elle a bien compris l’utilité première d’un tel organe de communication. Les gens le lisent-ils plus parce qu’il est plus beau ? Et même si c’était le cas, la différence vaudrait-elle les quelque 25 000 $ de plus par année qu’il coûte ? Permettez-moi d’en douter…
De la transparence, s’il vous plaît
Ne serait-ce que parce que les contrats ont été octroyés sans appels d’offres à une entreprise amie, les élus municipaux ont manqué de transparence. Madame Collin a d’ailleurs admis à notre journaliste n’avoir envisagé aucune autre solution que le recours à Tapage. L’embauche d’une ressource à temps partiel au Service des communications aurait à tout le moins dû être considérée, pour l’édition de l’Informateur municipal.
Quant aux services-conseils, rien ne justifie qu’une firme soit engagée à Sainte-Anne-des-Plaines pour y voir à temps plein. Des recours ponctuels pour des conférences de presse, par exemple, seraient beaucoup moins coûteux et largement suffisants. Et, surtout, tout se ferait dans la transparence la plus totale.
Dans un contexte où les surplus accumulés ont été amputés de 300 000 $ lors du dernier budget, l’occasion est belle pour revoir certaines priorités. Avec des appels d’offres et la plus grande transparence, s’il vous plaît.
«La» fameuse fois sur 20

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Dans le rapport de son sondage sur la construction d’une piscine intérieure à Sainte-Anne-des-Plaines, émis le 31 mars 2008, la firme L’Observateur mentionnait que l’échantillonnage de 228 répondants sous-tendait une marge d’erreur maximale de 6,5%, 19 fois sur 20. Rappelons que ce même rapport concluait que les répondants se disaient favorables, dans une proportion de 85%, à la construction du centre aquatique. Un an plus tard, un autre exercice de consultation révélait qu’un nombre beaucoup plus considérable de répondants (1097 coupons-réponse, représentant autant de résidences et non de citoyens) se prononçaient cette fois à plus de 74% contre le projet.Certes, l’opinion des contribuables a évolué depuis l’an dernier. La mairesse Collin l’a admis en point de presse et il s’agissait, selon elle, de l’explication à ce revirement majeur de situation. Mais d’autres éléments doivent aussi être considérés.
D’abord, les résultats du sondage mené par L’Observateur. Très présente dans notre milieu, c’est toute l’équipe éditoriale du Cyber journal SADP qui avait sourcillé en apprenant que 17 Anneplainois sur 20 se seraient prononcés en faveur d’un complexe aquatique intérieur à Sainte-Anne-des-Plaines. Ce n’était vraiment pas ce que nous entendions sur le terrain. Nous avons donc regardé de plus près les résultats du sondage.
Autopsie d’un sondage
La firme L’Observateur, je l’écrivais le mois dernier, est une compagnie dont le professionnalisme ne peut aucunement être remis en question. Les entreprises ayant recours à ses services témoignent hors de tout doute de leur qualité. L’Observateur entreprend cependant ses travaux à partir des données qu’on lui fournit. Et il y a tout lieu de penser que certaines de ces données comportaient un caractère tendancieux. Afin de mieux suivre nos observations, vous pouvez télécharger le questionnaire du sondage en cliquant ici.
Question 1:
Diverses études et consultations récentes montrent que la ville de Ste-Anne-des-Plaines aurait avantage à ajouter une piscine intérieure à ses équipements de loisirs et sport. Personnellement, êtes-vous plutôt favorable ou plutôt défavorable à un tel projet ?
Notre enquête:
À cette question, les répondants se sont déclarés plutôt favorables dans une proportion de 79%. Cependant, les études et consultations mentionnées dans la question n’existent pas. Personne n’a été en mesure de nous fournir un document, ni une référence, confirmant ces études et consultations. Les répondants ont donc été induits en erreur.
Question 2:
Dans le cas où la construction de la piscine intérieure n’affecterait pas votre compte de taxes et que le gouvernement en assumerait 50 % des coûts, seriez-vous plutôt favorable ou plutôt défavorable à un tel projet de piscine ?
Notre enquête:
Cette question n’a été posée qu’à ceux qui s’étaient déclarés défavorables à la première question. Là, 28% des 42 répondants ont changé leur fusil d’épaule et se sont montrés plutôt favorables. Les événements qui ont suivi ont toutefois démontré que l’administration Collin n’a jamais été en mesure de garantir que le compte de taxes n’en serait pas affecté, au contraire. On a parlé d’une augmentation équivalant au prix «de deux sacs de chips par semaine», mais là encore, plusieurs ont émis de sérieux doutes sur la garantie qu’il s’agissait d’un maximum.
Question 3:
Dans le cas où la construction de la piscine intérieure affecterait votre compte de taxes de 2 % ou moins, seriez-vous plutôt favorable ou plutôt défavorable à un tel projet ?
Notre enquête:
Cette question n’a également été posée qu’à ceux qui s’étaient montrés défavorables à la première question. Il y a quand même 11% des 42 répondants qui accepteraient une variation de 2% du compte de taxes en échange d’une piscine intérieure. Cependant, alors qu’un dépliant distribué en février prétendait que l’impact sur le compte de taxes serait de 0,02 $ par résident, il était plutôt question, lors de la rencontre d’information du 17 février dernier, de 0,035 $ par 100 $ d’évaluation. Confusion.
Transparence, transparence,…
C’est un mot que madame Collin n’a cessé de marteler, au cours des derniers mois, lorsqu’il était question du centre aquatique. Un peu comme un journaliste qui sent le besoin de constamment répéter qu’il informe honnêtement la population, souhaitant que ses lecteurs le croient, la mairesse de Sainte-Anne-des-Plaines a maintes fois insisté sur la transparence de son administration. Est-il besoin de rappeler que le projet est né, s’est développé et est mort sans que la population ne fasse l’objet d’une consultation digne de ce nom. Je n’ose pas imaginer la situation dans laquelle nous nous serions retrouvés si les résultats de la consultation par coupons-réponse avaient été serrés.
En passant, j’aimerais bien qu’on me dise comment les membres d’une même résidence qui étaient divisés sur le projet pouvaient s’exprimer sur ce coupon. De la façon dont il était conçu, tous les résidents à une même adresse devaient prendre position du même côté…
Mais là où le manque de transparence devient grossier, c’est lorsqu’on découvre que 300 résidents de la ville voisine de Blainville ont été consultés par la même firme, à l’aide du même questionnaire et que les résultats ont été les mêmes, à quelques points de pourcentage près.
Je le répète encore, L’Observateur a dû travailler à partir de ce qu’on lui a fourni. Autant pour Blainville que pour Sainte-Anne-des-Plaines. Et en observant le questionnaire que je vous invitais à télécharger un peu plus haut, on constate qu’il a été rédigé par Tapage communications, entreprise qui œuvre pour le parti du maire Cantin à Blainville, ainsi que pour Sainte-Anne-Plus, le parti de la mairesse Collin à Sainte-Anne-des-Plaines.
Ce sont des situations comme celles-là qui font qu’une maison de sondages sérieuse rate son coup une fois sur 20.
Nager en eaux troubles

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Il devient de plus en plus difficile de présumer la bonne foi de l’administration Collin dans le dossier de la piscine intérieure. À la lumière des derniers événements, il est évident que cette piscine doit être construite. Pourquoi ? Vos hypothèses valent les miennes. Mais les élus agissent comme si tous les engagements formels avaient déjà été pris. J’espère que ce n’est pas le cas.
Le Cyber journal SADP était présent lors de l’assemblée d’information du 17 février dernier. Les médias ayant couvert l’événement et les participants consultés étaient unanimes: une forte majorité des quelque 225 citoyens présents étaient contre le projet. D’ailleurs, aux dires de plusieurs, au sortir de l’assemblée, les visages allongés de plusieurs proches de l’administration Collin, de même que le sourire du conseiller de l’opposition, en disaient long sur l’allure des discussions.
Cette opposition au projet a toutefois été niée par les élus de Sainte-Anne-Plus, lors de l’assemblée municipale du 10 mars dernier. On a prétendu n’y avoir constaté que des questions d’ordre technique.
Pourtant, tant à l’assemblée municipale que dans le dépliant postal distribué la semaine dernière, aucune mention n’a été faite des observations de monsieur Michel Messier quant aux failles du processus d’appel d’offres. Monsieur Messier a même prétendu avoir consulté un fiscaliste qui lui aurait confirmé que la soumission retenue était illégale en vertu des changements effectués aux plan initiaux du projet, pour l’adapter au budget.
Aucune mention non plus sur la composition du conseil d’administration du fameux OSBL chargé d’administrer le projet de piscine. Pourtant, une participante à l’assemblée du 17 février, madame Nancy Chrétien, a habilement réussi a faire admettre à madame Collin que les administrateurs avaient déjà tous été nommés.
Pas plus de mention sur les inquiétudes des citoyens, leur refus de voir leur compte de taxes augmenter, même pour «l’équivalent de deux sacs de chips par semaine», comme le vulgarisait madame Collin. Encore faut-il vouloir se les offrir, ces deux sacs de chips par semaine.
Et pas un mot sur les nombreux citoyens qui, tant à l’assemblée d’information du 17 février qu’à l’assemblée municipale du 10 mars, ont réclamé un report du projet en raison de la situation économique actuelle. Plusieurs villes, dont Saint-Jean-sur-Richelieu, ont raisonnablement retardé la construction d’infrastructures sportives à cause de la récession.
Le dépliant distribué la semaine dernière évoque plutôt la nécessité de disposer d’une piscine intérieure à Sainte-Anne-des-Plaines, malgré le fait qu’il s’en trouve déjà huit dans les villes environnantes, dont quelques-unes à moins de 12 minutes de notre centre-ville. On y affirme même que ce centre aquatique attirera de nouvelles familles à Sainte-Anne-des-Plaines.
Faisons un retour en arrière et constatons l’évolution de notre ville au cours des 15 dernières années. On y a vu naître un aréna, une école secondaire, un parc industriel, des terrains de soccer, deux supermarchés et plusieurs commerces affiliés à des chaînes.
Est-ce que tout cela a fait croître la population de Sainte-Anne-des-Plaines ? Aucunement. Nous avons même connu une légère décroissance durant cette période. Et soudainement, comme par magie, une piscine intérieure attirerait de nouvelles familles ici, même avec une augmentation de taxes ? Ça ne tient pas la route.
Tout ceci sans compter le caractère tendancieux, aux limites de l’antidémocratie, du coupon-réponse inclus dans le dépliant. Lorsqu’on le regarde d’un seul côté, on a l’impression que le fait de l’envoyer donne notre appui au projet. Lorsqu’on le regarde de l’autre côté, on constate que contrairement à un vote, il est impossible de se prononcer anonymement.
Qui compilera les résultats ? De quelle façon le seront-ils ? Le dilemme demeure entier.
L’une des craintes du conseiller de l’opposition, monsieur Denys Gagnon, s’est avérée fondée au cours de la dernière fin de semaine, alors que les poubelles des deux comptoirs postaux locaux regorgeaient d’enveloppes contenant les fameux dépliants et coupons-réponse.
Je ne suis pas du tout d’accord avec la conseillère Lyne Laramée qui affirmait en assemblée publique qu’un véritable référendum sur le projet, pourtant réclamé par plusieurs, n’attirerait qu’entre 200 et 300 voteurs. À partir du moment où un projet de règlement a réussi à déplacer plus de 800 citoyens un jour de semaine au cours de l’été dernier, il est clair dans mon esprit qu’un projet de l’envergure de la piscine intérieure attirerait un fort pourcentage de l’électorat anneplainois dans le cadre d’une consultation populaire digne de ce nom. Et si, par le plus grand des hasards, madame Laramée avait raison, cela démontrerait le faible intérêt de la population pour le projet. Sa remise en question deviendrait alors évidente.
Il n’existe donc qu’une seule solution transparente, démocratique et peu coûteuse: profiter de l’élection municipale de novembre prochain pour consulter véritablement et légalement la population anneplainoise, par référendum. Quitte à retarder le projet de quelques mois, voire d’une année. Avec la situation économique qui prévaut actuellement, même les tenants du projet ne pourront raisonnablement s’opposer à ce que toutes les certitudes soient acquises avant de décider définitivement d’aller de l’avant.
Le projet de piscine intérieure à Sainte-Anne-des-Plaines

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
C’est demain soir qu’aura lieu l’assemblée publique d’information sur le projet de piscine intérieure. Il y a fort à parier qu’à moins de conditions météorologiques épouvantables, il y aura foule au Centre Jean-Guy Cardinal. Entre les tenants du pour et du contre qui mobiliseront leurs troupes, se trouvent plusieurs indécis qui voudront certainement obtenir le meilleur éclairage possible sur le projet.
Bien que j’aie toujours douté de la pertinence d’une piscine intérieure à Sainte-Anne-des-Plaines, pour plusieurs raisons, j’avais refusé jusqu’à maintenant de prendre position publiquement sur le sujet. D’abord parce que chacun a droit à son opinion et que je suis conscient que certains résidents appuient le projet. Ensuite, parce que je suis assez ouvert d’esprit pour revoir mes positions si on peut m’en démontrer la pertinence.
Mais loin de me faire changer d’idée, le dépliant distribué par la Ville, la semaine dernière, suscite chez moi de nouvelles questions, voire de nouvelles objections.
Sondage
D’abord, on revient avec ce fameux sondage, effectué le printemps dernier. La firme L’Observateur n’en est pas à ses premières armes et je ne remets aucunement en doute son expertise. Toutefois, l’étude a été menée auprès de 228 résidents, faut-il le rappeler. Prétendre que 85% de la population (194 répondants) est en accord avec le projet est une extrapolation pour le moins risquée. Affirmer que la piscine est réclamée par 85% de la population, comme l’a fait la mairesse Collin dans le dépliant, tient de l’erreur grossière. Il suffit d’aborder le sujet avec ses voisins ou ses connaissances pour se rendre compte que la piscine intérieure n’est pas souhaitée – et encore moins réclamée – par autant de gens.
Les coûts versus ceux de l’aréna
Une autre section du dépliant compare les coûts et revenus anticipés d’une éventuelle piscine à ceux, bien réels, de l’aréna. Là, plusieurs questions se posent. D’abord, au niveau des revenus anticipés. Des revenus de 300 000 $ signifieraient, à supposer que les coûts d’inscription aux différents cours soient comparables à ceux des villes avoisinantes, que la Ville prévoit 3000 inscriptions par session ou 6000 par année. Faites le calcul, à 3000 inscriptions par session, c’est le quart de la population anneplainoise qui devrait s’inscrire à des cours aquatiques, deux sessions par an, pour assurer la quasi-rentabilité de la piscine intérieure locale.
Autre façon de calculer, si la piscine est ouverte 250 jours par année, il faudrait qu’elle génère des revenus quotidiens de 1200 $ pour en arriver aux revenus anticipés. Et si on avait l’idée farfelue de l’ouvrir 365 jours par année (!), ce sont quand même des revenus quotidiens de 822 $ qui devraient être générés. Vous conviendrez que c’est impensable.
De plus, on évalue à 396 000 $ les dépenses anticipées. A-t-on vraiment tout calculé ? Au niveau des coûts d’opération, peut-être. À quoi ressemblera la piscine, quel sera son format, ses exigences d’entretien, je présume que quelqu’un y a vu avant de lancer ces chiffres. Mais il faut aussi inclure les frais reliés à l’hypothèque, ainsi que la dette. On me répondra sûrement qu’il s’agit là de rubriques propres à la corporation sans but lucratif qui gérera la piscine et que ça ne regarde pas la Ville. Je pense au contraire que ce sont des éléments dont il faut tenir compte, à partir du moment où la Ville doit se porter garante des déficits de la piscine.
Comparer le projet de piscine à celui de l’aréna ne tient pas la route. Lorsque l’aréna a été construit, il y a une quinzaine d’années, il répondait à un réel besoin. Sainte-Anne-des-Plaines comptait déjà une multitude d’équipes de hockey et de ballon-balai, regroupées à l’intérieur de plusieurs ligues, ainsi qu’un club de patinage artistique déjà bien solide. Tout ce beau monde évoluait sur les glaces des municipalités voisines. Leur simple rapatriement garantissait la pérennité du futur aréna.
Combien y a-t-il présentement de clubs aquatiques anneplainois évoluant dans les piscines voisines ? Aucun.
Et selon ce qu’il m’a été permis d’apprendre, les inscriptions anneplainoises aux piscines de la Polyvalente Sainte-Thérèse et du Collège Lionel-Groulx, que ce soit pour des cours ou de la baignade libre, sont loin d’être suffisantes pour justifier la construction d’une piscine sur notre territoire.
Quant aux coûts par contribuable mentionnés dans le dépliant, soit 0,02 $ pour la piscine et 0,04 $ pour l’aréna, je présume qu’il s’agit des coûts par 100 $ d’évaluation du terrain et de la résidence du contribuable, et non des coûts par contribuable.
Quelques questions sans réponses
Depuis qu’on parle d’une piscine intérieure à Sainte-Anne-des-Plaines, j’ai en tête une série de questions qui n’ont jamais trouvé de réponses:
- Avec huit piscines intérieures dans les villes avoisinantes (3 à Saint-Jérôme, 2 à Blainville, 2 à Sainte-Thérèse et 1 à Terrebonne), la Ville de Sainte-Anne-des-Plaines mise-t-elle uniquement sur sa population pour la survie du projet ?
- Le merveilleux complexe aquatique de Terrebonne, situé à 10 minutes du centre-ville de Sainte-Anne-des-Plaines, ne pourrait-il pas répondre aux besoins actuels ?
- Pourquoi une ville comme Rosemère, dont la population est comparable à la nôtre mais dont la valeur foncière des propriétés est supérieure, a-t-elle rejeté un projet de piscine intérieure, il y a quelques années ?
- Pourquoi des villes plus grandes et plus riches comme Mirabel et Boisbriand n’envisagent toujours pas de projet de piscine intérieure ?
- A-t-on évalué la rentabilité des piscines intérieures des villes avoisinantes ? Celle des autres villes dont la taille est comparable à la nôtre ?
- A-t-on fait effectuer une étude de marché qui mesurerait nos réels besoins locaux ? Si oui, quels en sont les résultats ?
Madame Collin apportera-t-elle quelques éléments de réponses à tout ceci demain soir ? Je le souhaite.
Y croire…
Mes diverses implications m’amènent à constater le développement des villes environnantes. Il est évident que j’en souhaite de même pour Sainte-Anne-des-Plaines. C’est par de grands projets et une vision à long terme qu’on finit par tirer son épingle du jeu. Le récent projet de piste cyclable devant relier la Trans-Terrebonne à la piste du P’tit train du Nord, via Sainte-Anne-des-Plaines, est un exemple de projet viable, qui amènera une multitude de cyclistes à rouler chez nous et ainsi stimuler notre activité économique.
Une piscine intérieure pourrait-elle en faire autant ? Je ne demande pas mieux que d’y croire. Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres… À madame Collin de nous convaincre !
Quand les couteaux volent bas

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Nous en sommes aujourd’hui au cinquième jour de la campagne électorale, au Québec. À l’instar de plusieurs autres élections dans le passé, celle-ci a démarré sur les chapeaux de roues. Annonces, rassemblements, installation rapide d’affiches électorales et tournées en autobus sont des éléments auxquels les partis politiques nous ont habitués au cours des dernières années.
La critique de l’adversaire, voire les attaques à son endroit, fait également partie du jeu.
Mais là où cette campagne électorale diffère des autres, c’est au niveau de la piètre qualité des attaques. Si le contenu des remarques faites à l’endroit des adversaires peut tenir la route quand au fond, la forme, elle, se rapproche plus du populaire de bas étage que de la rectitude politique. Les propos entendus au cours des derniers jours sont carrément mesquins et irrespectueux.
Les exemples ne manquent pas. Le plus récent est celui de la ministre Monique Jérôme-Forget qui, au cours d’un débat télévisé, a respectivement traité ses adversaires Gilles Taillon et François Legault de «con» et de «polisson».
Et dans les jours qui ont précédé, Pauline Marois a qualifié Jean Charest de menteur, un candidat adéquiste a ridiculisé de la chevelure frisée du premier ministre, Jean Charest a parlé de Pauline Marois en l’appelant «Palin» Marois et Mario Dumont a tenu des propos plutôt irrespectueux à l’endroit de ses deux ex-députés ayant traversé du côté des libéraux.
On pourait également rappeler la réplique de madame Marois à la fuite du document interne du PQ la décrivant comme snob. Loin de faire amende honorable, la chef péquiste s’en est plutôt pris au «sexisme des Québécois».
Si les Québécois sont friands de téléréalité et des attitudes désobligeantes et méchantes des participants à ces émissions, je ne pense pas qu’ils apprécient la transposition au monde politique. Évidemment, les politiciens et leurs stratèges ont tendance à chercher et exploiter ce qui plaît au bon peuple. Ils devraient toutefois se rappeler que ceux qui les écoutent ne cherchent pas à se divertir, mais à choisir les meilleures personnes pour gouverner le Québec.
En ce sens, messieurs et mesdames les politiciens, vous gagneriez beaucoup à rehausser de quelques crans la qualité de vos propos.
Merci Lucien

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Oui, je sais, c’est un épouvantable cliché. Quelqu’un meurt, et on placarde son prénom en grosses lettres, précédé d’un retentissant MERCI. Mais en ce qui vous concerne, Lucien, le MERCI prend tout son sens. Parce qu’on ne compte plus les gens qui ont au moins une bonne raison de vous le dire.
La semaine dernière, je signifiais aux gens de mon entourage (et du vôtre) que si tous ceux que vous aviez aidés au cours de votre vie se présentaient à vos funérailles, la grande église de Sainte-Anne-des-Plaines ne disposerait pas de suffisamment de places assises. Lorsque j’y suis entré samedi dernier, suivant votre cercueil, j’ai été forcé de constater que l’un des trois jubés était complètement vide. Semblait complètement vide, en fait. Parce que j’ai vite réalisé que c’est probablement dans ce jubé que s’étaient entassées les âmes des nombreuses personnes qui ont obtenu votre considération de leur vivant, mais qui vous ont précédé dans la mort.
Parce que le reste de l’église était bondé, Lucien. Tous les bancs de la nef étaient remplis, de même que la plupart de ceux des deux autres jubés. Et une vingtaine de personnes assistaient debout à la cérémonie. Plusieurs centaines de parents, d’amis et de connaissances venus vous rendre un dernier et très solennel hommage. Seule ombre à ce grand décorum: un zigoto qui a irrespectueusement sillonné allées et jubés tout au long de la liturgie, photographiant sous tous les angles possibles votre cercueil et vos proches éplorés.
Autant de gens qui se sont souvenu de vous et de votre grandeur d’âme, Lucien. Des gens de tous les organismes de la paroisse, du monde des affaires, des religieux, des politiciens et une multitude d’anciens résidants de Sainte-Anne-des-Plaines. Des gens que nous n’avions plus revus depuis des lustres. Un groupe que seul vous, Lucien, pouviez réunir en un même lieu, au même moment.
Et si je faisais partie de ce groupe, ce n’est pas seulement parce que je connais bien votre famille depuis près de 25 ans. C’est parce que moi aussi, je vous dois beaucoup. De mes premiers pas chez les Chevaliers de Colomb jusqu’à vos derniers jours. J’ai encore bien frais en mémoire ce samedi d’avril 1986 où, à l’occasion d’un congrès, je montais sur scène avec vous, Gisèle et votre fille Martine, dans le cadre d’une pièce de théâtre mise en scène par votre fils Marc-André. C’est depuis lors que Gisèle et vous m’appelez votre «ti-gars» et me faites sentir comme tel chaque fois que je vous rencontre.
Il y a trois ans, lorsque pour des raisons que vous connaissez j’avais décidé de ralentir mes implications, c’est vous qui m’aviez rapidement ramené sur les rails, en me convainquant que la communauté avait besoin de moi. J’ignorais alors que vous me prépariez à vous succéder pour l’organisation du souper annuel de financement de l’Assemblée Mgr Conrad-Chaumont.
Puis plus récemment, lorsque je me suis rendu visiter l’homme mourant, amaigri et physiquement affaibli que vous étiez devenu, vous m’avez alors démontré que vous n’aviez rien perdu de votre verve et de votre sens de l’humour. Lorsque je vous ai quitté ce jour-là, vous m’avez, un peu plus longuement qu’à l’habitude, serré la main et regardé droit dans les yeux. Vous et moi savions qu’il s’agissait de la dernière fois.
Lors de vos funérailles, monsieur le curé Urbain Mumina a relaté chacune des étapes de votre implication communautaire, en insistant sur le fait que Sainte-Anne-des-Plaines perdait «un gros morceau». C’est là une remarque qu’il disait avoir entendue maintes et maintes fois au cours de la semaine qui avait précédé. Si vous étiez connu et reconnu comme celui qui a fondé le Conseil 7044 des Chevaliers de Colomb, qui a aidé les démunis et les malades avec la guignolée et le prêt d’appareils orthétiques et prothétiques, la majeure partie de vos autres réalisations est passée sous silence au cours des dernières années.
Plusieurs, notamment chez les plus jeunes, ignorent que vous avez été un élément des plus actifs du défunt comité des Loisirs de la Ville. On retiendra aussi votre brève implication au Conseil municipal, ainsi que dans toutes les grandes fêtes et les grands festivals que Sainte-Anne-des-Plaines a vécus au cours des 40 dernières années.
Urbain Mumina a également souligné votre grande piété. Toujours présent pour votre paroisse, vous avez été de tous les événements religieux. Malade, vous demandiez à ce qu’on vous apporte la communion et laissiez toujours votre chapelet sous votre oreiller, à portée de main.
Les véritables héritages n’ont rien de matériel. Et je tiens à le mentionner, vous m’avez légué un grand et précieux héritage. À travers les exemples à suivre et les enseignements, à travers les moments de plaisir et les merveilleux souvenirs, se trouve une phrase que je tiens à vous rappeler. Vous m’avez dit un jour: «Un gars qui ne fait jamais rien dit toujours que c’est parce qu’il n’en a pas le temps. Un gars occupé trouvera toujours un moment dans son agenda pour venir t’aider ou aider son entourage».
Vous léguez aussi tout un héritage à Sainte-Anne-des-Plaines. Où que nous puissions nous trouver dans la ville, vous y avez semé votre couleur, au cours des dernières décennies. Pierre Guzzo, Jean-Guy Martin et Raoul Laverdière vous ont livré de vibrants hommages dans les pages du Cyber journal SADP. Mais celui que je retiens, c’est celui de notre petit Sam, qui mentionnait que vous nous aviez préparés à votre départ, mais pas à votre absence.
Sainte-Anne-des-Plaines devra maintenant apprendre à vivre sans vous. Et la meilleure manière de le faire, c’est d’entretenir et de moissonner l’immense jardin que vous y avez semé. Dieu merci, Gisèle demeure pour s’assurer que nous le fassions de la bonne façon, à votre façon.
Merci Lucien. Merci pour tout.
Des citoyens en colère

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Les sinistrés des refoulements d’égouts de l’été 2006 ne sont pas contents. Et personne ne peut les en blâmer. Victimes d’un réseau d’aqueduc dont la construction est désuète et le rendement insuffisant, ils ont vu leurs sous-sols être inondés lors des pluies diluviennes du 19 août 2006. Après s’être fait proposer une solution un an plus tard, en septembre 2007, c’est toute une rebuffade qu’ils ont subie, lundi de la semaine dernière, alors que 896 contribuables Anneplainois ont fait rejeter le règlement validant la solution.
Les résidents concernés habitent l’avenue Therrien, la 2e avenue, ainsi qu’une partie de la rue des Cèdres. Lors du développement de ce projet domiciliaire, il y a près de 40 ans, les infrastructures pluviales et sanitaires avaient été reliées au même réseau, plutôt que construites en deux entités distinctes, comme c’est le cas ailleurs dans la ville. C’est ce qui s’est avéré être le principal problème, il y a deux ans.
Bien que la plupart d’entre eux possédaient de bonnes assurances, tous ceux avec qui j’ai pu m’entretenir m’ont affirmé avoir perdu des biens auxquels ils tenaient, des choses irremplaçables. Qui plus est, ils ont dû faire nettoyer et rénover, parfois reconstruire de grandes parties de leur demeure. Le tout s’est étendu sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Pour certains d’entre eux, ce refoulement n’était pas le premier. C’est pour toutes ces raisons qu’ils étaient bien heureux d’entendre la mairesse Collin leur dire, le 24 septembre dernier, que la Ville allait entreprendre des travaux de l’ordre de 6 millions $ pour régler ce problème une fois pour toutes. Ils étaient beaucoup moins heureux la semaine dernière, lorsque le conseiller de l’opposition Denys Gagnon a fait diffuser, dans les médias et les boîtes postales, une missive incitant la population à aller signer le registre pour s’opposer au règlement.
Le règlement en quelques mots
Tous s’entendent sur la nature des travaux à effectuer, en trois grandes étapes. Le règlement d’emprunt prévoit une somme de 6 millions $, remboursable en 20 ans. Le litige ne touche que la répartition des coûts entre les propriétaires.
La première étape concerne la construction d’un bassin de rétention, au coût de 2 millions $. C’est là-dessus que seraient appliqués les montants venant de l’extérieur. Le retour sur la taxe d’accise sur l’essence compensera les coûts de cette première étape.
La deuxième étape permettra de rendre conforme la conduite maîtresse de l’avenue Therrien, entre autres en séparant le sanitaire du pluvial. Pour plusieurs raisons, le règlement prévoyait que les coûts de cette étape seraient assumés par l’ensemble des propriétaires connectés au réseau. L’une de ces raisons est que les trois émissaires (ou conduites maîtresses) de la ville acheminent les eaux usées au même endroit, soit à l’usine située à proximité du parc Racine. Lorsqu’il y a débordement, ce sont donc des eaux provenant de tout le réseau qui se retrouvent dans la conduite de l’avenue Therrien. Les travaux permettront également de mieux répartir l’achalandage dans les trois émissaires, libérant ainsi les deux autres conduites. Ce sont les coûts de cette étape qui sont à l’origine du litige.
Finalement, la troisième étape prévoit le raccordement des résidences à la nouvelle conduite, aux frais des propriétaires concernés seulement.
Partage inéquitable des coûts ?
Le conseiller Gagnon s’est fait le porte-parole de citoyens qui jugeaient inéquitable le partage des coûts de ces travaux. Dans son communiqué émis la semaine dernière, madame Catherine Collin affirmait de son côté qu’au contraire, dans les circonstances, la solution proposée par la Ville était la plus équitable.
Qui a raison ? Les opinions des deux clans se valent, car elles sont basées sur des arguments solides. Mais dans les faits, c’est un peu tout le monde qui a erré dans cette histoire.
L’argument premier de monsieur Denys Gagnon concerne le manque de transparence et d’information de l’administration Collin dans ce dossier. Et effectivement, mis à part les sinistrés eux-mêmes, personne n’a été informé des intentions de la Ville avant l’assemblée publique du 13 mai dernier, date de dépôt du règlement municipal. Tant qu’à payer les services de Tapage communication, il aurait été préférable que ce soit pour la diffusion de l’information, plutôt que pour l’animation de la soirée de rencontre des sinistrés.
Toutefois, entre la rencontre des sinistrés et l’assemblée publique du 3 juin 2008, moment où monsieur Gagnon a pour la première fois exprimé ses réserves dans le dossier, il s’est écoulé plus de huit mois. Huit longs mois durant lesquels il aurait pu lui aussi communiquer ses questionnements et ses appréhensions, s’enquérir des autres possibilités de partage des coûts et, au besoin, proposer d’autres avenues. Ça aurait été plus légitime que d’effectuer une sortie-choc à quelques jours de l’ouverture du registre. Plus respectueux des sinistrés, également.
La transparence, l’information et… la piscine !
Mais là où l’administration Collin doit faire son examen de conscience, c’est au niveau de la transparence. Si autant de citoyens se sont déplacés pour signer le registre, ce n’est pas entièrement suite à l’opération de l’opposition.
Et bizarrement, ce n’est pas nécessairement (du moins dans plusieurs cas) parce qu’ils s’opposaient au règlement non plus. C’est simplement par manque d’explications et d’information.
Des représentants du Cyber journal SADP ont été présents à l’Hôtel de Ville à plusieurs moments de la journée, le lundi 16 juin. Les commentaires des gens qui attendaient pour signer le registre manifestaient une réelle inquiétude. Les signataires s’inquiétaient pour leur compte de taxes. Et l’opposition au projet de piscine intérieure était omniprésente. Plusieurs se demandaient d’ailleurs comment ce projet avait pu obtenir l’appui de 85 % de la population, selon les résultats d’un sondage que la mairesse a rendus publics, alors que la majorité des gens à qui ils en parlaient étaient contre.
Les gens savent combien leur coûtera la construction de la piscine intérieure, mais ne savent pas combien coûteront l’entretien et la maintenance. Les gens savent combien coûtera le nouveau terrain de balle au parc des Méandres, mais ne savent pas pourquoi la Ville tenait mordicus à convertir l’actuel parc Serge-Gagnon, plutôt qu’un autre site, en résidences pour personnes âgées. Les gens savent qu’il y a eu un Festival de la Famille l’an dernier, mais ne savent pas combien il a coûté, car il n’y a pas eu de bilan déposé. Les gens savent que l’administration actuelle a diminué la taxe foncière, mais se demandent pourquoi le compte de taxes, lui, continue d’augmenter depuis les deux dernières années.
Ce sont là les principales raisons pour lesquelles les citoyens commencent à s’inquiéter sérieusement. Le manque d’information et de transparence finit par avoir un impact direct sur la confiance, surtout lorsque l’on voit poindre de grands projets à l’horizon.
Alors, quand il est porté à notre attention qu’un projet de réfection du réseau d’aqueduc est en cours de réalisation, qu’on en connaît très peu ou pas du tout sur le COMMENT et le POURQUOI, et qu’on apprenne en plus qu’il s’agit d’un projet qui ferait grimper – peut-être indûment – le compte de taxes, il est normal de demander des comptes, quitte à mettre du sable dans l’engrenage.
Malheureusement, ce sont cette fois-ci quelques centaines de sinistrés qui font les frais de mauvais gestes politiques.
Investir chez nous (dans notre économie et nos rues)

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
L’an dernier, un voisin est venu frapper chez moi afin que je l’aide à redémarrer sa voiture en panne. Nous nous sommes vite rendus à l’évidence que la batterie devait être changée. « Je n’avais pas prévu aller jusque chez Canadian Tire aujourd’hui », m’a-t-il alors déclaré. Je lui ai fait remarquer qu’il y avait, ici même à Sainte-Anne-des-Plaines, deux excellents commerces de pièces d’automobile.
La réaction est presque toujours la même: on a l’impression que l’achat local nous coûtera une petite fortune. S’il est vrai que les grandes surfaces offrent généralement le même produit pour quelques dollars de moins, on considère rarement le temps perdu et la distance à parcourir pour se le procurer.
Il faut remonter loin dans le temps pour trouver de véritables mesures visant à encourager l’achat local à Sainte-Anne-des-Plaines. La défunte Association des Gens d’affaires en avait fait son principal cheval de bataille, avant de s’éteindre il y a une dizaine d’années. La moribonde Partenaires Rues principales avait un peu repris le flambeau, dans un contexte de développement local. Sa dernière création en ce sens, Le Marché de la Place, tente de survivre malgré la perte d’importants appuis financiers et promotionnels.
Le rôle des élus
Un milieu a tout intérêt à investir dans son développement économique. Les créations d’emplois et réinvestissements qui s’ensuivent compensent largement pour les montants qui y auront été budgétés. Et si tous les intervenants économiques du milieu doivent se concerter, ce sont les élus qui doivent prendre l’initiative de cette concertation.
Les exemples à suivre ne manque pas. Il y a quelques mois, le gouvernement du Québec annonçait un investissement de 14 millions de dollars pour stimuler l’achat d’aliments québécois. Et à quelques kilomètres de chez nous, la ville de Boisbriand a encouragé une initiative de son regroupement des gens d’affaires, qui lancera dans les prochains jours un passeport fidélité qui permettra d’obtenir des rabais chez les commerçants locaux participants.
Mon voisin a finalement suivi mon conseil et acheté sa batterie dans un commerce du boulevard Sainte-Anne. « Il est dans les prix », a-t-il candidement conclu, après une course de seulement 20 minutes et deux kilomètres.
Des fleurs…
Je me réjouis de voir le territoire de Sainte-Anne-des-Plaines être enfin divisé en districts électoraux. Cette décision ne fait pas que des heureux, j’en conviens, mais je demeure convaincu que les opposants verront rapidement leurs craintes s’apaiser. Les citoyens auront maintenant la possibilité d’élire un conseiller ou une conseillère qui connaîtra leur réalité et qui leur consacrera son rôle. De plus, quatre des six districts proposés comprennent une zone rurale. Le milieu agricole s’assure ainsi qu’un minimum de quatre élus puisse entendre ses demandes.
Cette décision rendra plus efficace l’administration de la Ville. Bravo.
…et le pot.
J’ai beaucoup moins apprécié les échanges d’invectives entre l’hebdomadaire Le Point d’impact et le conseil municipal, représenté pour l’occasion par la conseillère Isabelle Charbonneau, au sujet des nids-de-poule dans les rues de la ville.
Oui, il y a un important problème de nids-de-poule à Sainte-Anne-des-Plaines. Mais je suis resté surpris de voir l’hebdomadaire anneplainois pointer la Ville aussi sévèrement en manchette d’une de ses éditions du mois de mars, alors que les rues étaient toujours à moitié ensevelies sous la neige et qu’une opération de réfection n’aurait amélioré la situation que pour quelques jours, tout au plus. Cette virulence m’a rappelé celle de son principal concurrent imprimé qui, il y a quelques années, avait démontré la même attitude démagogue pour dénoncer ce qu’il qualifiait à l’époque de négligence de l’administration municipale.
Cependant, la réplique de la conseillère Charbonneau, en pleine assemblée publique, a de quoi susciter certains commentaires. D’abord, ce n’est pas la première fois qu’un membre de l’actuel conseil municipal s’en prend aux médias locaux, plus souvent qu’autrement au Point d’impact, suite à certaines critiques. La critique fait partie intégrante de la vie publique. Qu’elle convienne ou non, il faut savoir l’accepter et la voir de manière constructive. Exprimer son désaccord est une chose, mais on ne gagne rien à le faire d’une manière agressive.
Ensuite, les arguments apportés par madame Charbonneau ont de quoi laisser perplexe. Que la Ville ait fait de gros efforts à ce chapitre depuis 2003 ne fait pas de doute. Mais force est de constater que nous en sommes maintenant au mois de mai et que les rues sont toujours pleines de trous. Qui plus est, elles ne sont pas encore nettoyées. Avec la neige entièrement fondue et le dégel qui est bel et bien chose du passé, les excuses se font de moins en moins nombreuses.
J’aurais aimé que madame Charbonneau évoque l’incongruité et l’inutilité de réparer les nids-de-poule en mars, alors que la neige et le gel sont encore très présents. Mais elle a plutôt suggéré des raisons monétaires, parlant du vaste territoire de Sainte-Anne-des-Plaines qui abrite une population moins nombreuse que celles des villes environnantes. Il est difficile de considérer cet argument quand on sait que l’on a budgété ou dépensé plusieurs centaines de milliers de dollars pour des projets qui en font sourciller plusieurs, alors que certaines artères ont vu leur repavage retardé l’an dernier et que le besoin se fait de plus en plus criant pour d’autres. Avec un surplus dépassant les 665 000 $ pour l’année 2007, la Ville a les moyens de ses priorités.
De plus, j’appuie entièrement la conseillère lorsqu’elle demande à la population de conduire prudemment, de ne pas faire de vitesse excessive et de signaler à la voirie tout nid-de-poule dangereux. C’est là le devoir d’un bon citoyen. Mais avec un compte de taxes substantiellement plus élevé qu’il ne l’était il y a quelques années à peine, le citoyen est aussi en droit d’en réclamer un peu plus pour son argent.
Une femme… mais surtout, une personne compétente

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Comme chaque année depuis bientôt 12 ans, j’ai eu le privilège, en fin de semaine dernière, d’assister aux assises annuelles du Mouvement Desjardins. La rencontre de cette année revêtait cependant un caractère particulier: elle marquait le départ à la retraite d’Alban D’Amours, après 8 ans comme président et chef de la direction de la Fédération, ainsi que son remplacement par Monique Leroux.
Depuis son élection, le 15 mars dernier, madame Leroux se promène sur toutes les tribunes. Mais alors qu’elle possède une feuille de route des plus impressionnantes, c’est le fait qu’elle soit une femme qui fait les grands titres.
Il est clair qu’il faut souligner le fait qu’elle soit effectivement la première femme à occuper le siège le plus important d’une institution financière canadienne. Mais il m’est d’avis que les médias ont beaucoup trop mis l’accent là-dessus, laissant en plan les grandes compétences qui l’ont menée à cette position.
Certains observateurs ont même laissé entendre que madame Leroux aurait peut-être fait l’objet d’un genre de discrimination positive. Dois-je rappeler qu’elle a été élue au sixième tour de scrutin, par un collège électoral de plus de 250 personnes, comprenant une forte majorité d’hommes. Aux dires du président de la Caisse populaire Desjardins de l’Envolée, Gilles Daviault, qui était membre de ce collège électoral, Monique Leroux a mené une campagne sérieuse, où elle s’est montrée à l’écoute des représentants des caisses. C’est selon lui ce qui lui a permis de coiffer ses plus sérieux adversaires au fil d’arrivée.
Bien qu’elle fut, il y a quelques années, première vice-présidente et chef de l’exploitation pour le Québec chez RBC Banque Royale, madame Leroux insiste pour dire que c’est chez Desjardins qu’a débuté son intérêt pour l’épargne et la finance, alors qu’elle ouvrait son compte scolaire, au début des années ’60.
Elle a aussi occupé des postes de direction chez Québécor et chez Ernst & Young. Elle fut également présidente de l’Ordre des comptables agréés du Québec et a siégé sur plusieurs conseils d’administration, dont ceux de la Société des alcools du Québec et de l’Orchestre symphonique de Montréal. Elle a été nommée à la direction des filiales de Desjardins, il y a environ six ans. Elle est ensuite devenue chef de la direction financière, en 2004.
J’ai eu l’occasion de la rencontrer et de la connaître un peu au cours de deux ou trois sessions de l’Institut coopératif Desjardins, où nous faisions partie de la même équipe d’animation. Exigeante envers elle-même autant qu’envers les autres, j’ai surtout retenu d’elle son perfectionnisme et sa soif d’apprendre. Constamment. Et en questionnant tout le monde.
C’est certainement la raison pour laquelle le quotidien La Presse, qui en a fait sa personnalité de la semaine, prétend qu’elle dirigera le Mouvement d’une « main de fer dans un gant de velours ». Une chose est sûre, c’est qu’en réalisant ses engagements de décentralisation pour redonner un meilleur sens à la coopération chez Desjardins, Monique Leroux se démarquera sur l’échiquier financier québécois. C’est ainsi qu’elle démontrera qu’elle est une femme… d’envergure.
Choses et autres…

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Il y a une foule de sujets sur lesquels je voulais me prononcer cette semaine. Aucun, cependant, ne nécessitait que je lui consacre un long éditorial. Mais tous méritent qu’on s’y attarde ne serait-ce qu’un bref moment.
Le budget fédéral
Notre semaine de relâche a débuté par le dépôt du budget du gouvernement fédéral. Le ministre Jim Flaherty ne passera certainement pas à l’histoire avec le contenu de ce budget. Rien d’étonnant. Un gouvernement minoritaire ne peut se permettre de grandes mesures, à moins de s’assurer l’appui entier d’au moins un parti d’opposition.
Il y a toutefois un élément qui est passé inaperçu dans la présentation de ce budget. En effet, dès l’an prochain les Canadiens pourront déposer jusqu’à 5000 $ dans un compte d’épargne où le rendement ne sera pas imposable. Ceci inclut les gains en capital.
Voilà une excellente nouvelle pour la classe moyenne et les petits épargnants.
Le pétard mouillé de Bob Gainey
Le directeur général du Canadien de Montréal avait promis un grand coup avant la fin de la période des échanges de la Ligue nationale de hockey. Non seulement le grand coup n’est-il pas venu, mais le gardien de but numéro un est parti sous d’autres cieux.
L’équipe s’est-elle détériorée pour autant? Je n’en suis pas si sûr. Il est clair que l’irrégularité de Carey Price risque de coûter cher en séries éliminatoires. Mais le départ de Cristobal Huet libère près de 3 millions $ sur la masse salariale de l’équipe. Si monsieur Gainey veut se reprendre, il aura une occasion en or de signer un ou deux joueurs autonomes d’impact cet été.
La coupe Stanley n’est peut-être pas pour cette année, mais dites-vous que le centenaire du Canadien est l’an prochain. Quel scénario digne d’Hollywood ce serait.
VLB a le feu et y jette son dernier livre
L’auteur québécois Victor-Lévy Beaulieu a symboliquement brûlé une copie de son dernier livre, La grande tribu. Il voulait ainsi manifester son mécontentement face à la situation linguistique et politique du Québec. Il a aussi menacé de bientôt brûler tous ses livres si rien n’est fait pour ramener l’idée de l’indépendance et mettre un frein au bilinguisme qui, selon lui, prend de plus en plus de place au Québec. «La partie est peut-être déjà toute jouée. Si tel était le cas, j’aurai l’impression d’avoir passé ma vie à écrire pour rien», a-t-il déclaré en conférence de presse.
Monsieur Beaulieu avait causé toute une commotion, lors de la dernière campagne électorale québécoise, en déclarant publiquement que son vote irait à l’Action démocratique. Malgré ses positions indépendantistes, il affirmait alors que le Parti québécois, le Parti vert et Québec-Solidaire étaient beaucoup trop «montréalistes» à son goût.
…et madame Marois le refroidit
Cette semaine, Pauline Marois lui a jeté une autre douche d’eau froide en confirmant qu’elle proposera aux instances de son parti d’éliminer complètement la nécessité référendaire de ses statuts. Le PQ optera plutôt pour une «Conversation nationale» sur la souveraineté, ainsi que sur une dizaine d’actions à poser, notamment l’adoption d’une constitution québécoise, à l’intérieur même de la Fédération canadienne.
Je suis convaincu que le PQ fait fausse route. À l’instar du Bloc québécois et du Parti égalité ⁄ Equality Party, le Parti québécois est un parti idéologique, c’est-à-dire un parti politique construit autour d’une idée. Contrairement aux partis pragmatiques, où les adhérents se rejoignent par leurs valeurs, les partis idéologiques rassemblent des gens de toutes les tendances. Avec cette nouvelle prise de position, le Parti québécois choisit de nager entre deux eaux en diluant son idéologie, sans l’éliminer complètement. Pourtant, dans les moments difficiles de son histoire, c’est en réaffirmant son option que le PQ a réussi à survivre et à se renforcer.
Si la mise en plan de l’idée référendaire semble répondre à un vœu populaire, les premiers commentaires sur les différents blogues (dont celui de La Presse) laissent voir des souverainistes désabusés et des tenants d’autres options perplexes. «Trop peu, trop tard», semblent dire plusieurs.
Intéressante politique américaine
Si vous trouvez longues les 5 semaines de campagne électorale de notre système politique, que dire de celui de nos voisins du sud, qui s’étend officiellement sur près de 12 mois.
Les résultats de cette semaine, dans les états du Texas, de l’Ohio, du Rhode Island et du Vermont, ont marqué un point tournant. Chez les Républicains, d’une part, où le sénateur John McCain a été confirmé candidat officiel à la présidence. D’autre part, la course a été relancée chez les Démocrates, quand Hillary Clinton a remporté les primaires dans trois de ces quatre états, ne concédant que le Vermont à son adversaire Barack Obama.
Beaucoup prévoient depuis plusieurs semaines la victoire de monsieur Obama. Dans les chiffres, son avance est telle qu’il sera presque impossible à madame Clinton de la surmonter.
Mais rien ne me surprendra plus dans la politique américaine. Rappelons-nous qu’un seul état, la Floride, a finalement fait envoyer George W. Bush à la Maison Blanche, après qu’Al Gore y ait pourtant été d’abord déclaré vainqueur. Souvenons-nous aussi qu’en 1992, Bill Clinton avait finalement remporté l’investiture démocrate, après avoir tiré de l’arrière durant les premiers mois de tenue des primaires.
Pour ceux que les statistiques intéressent, aucun candidat n’a accédé à la présidence des États-Unis sans avoir remporté les primaires de l’Ohio. Chez les Démocrates, c’est madame Clinton qui les a remportées.
Et pour ceux qui croient en différentes théories conspiratrices, plusieurs sources affirment que le puissant regroupement secret des Illuminati ⁄ Francs-Maçons aurait demandé à ses membres de faire élire Hillary Clinton. Selon des sources similaires, toutefois, John McCain serait lui-même membre des Illuminati ⁄ Francs-Maçons.
Je persiste à croire que Barack Obama remportera l’investiture démocrate. Mais je n’accepterais jamais de parier là-dessus.
Plus qu’une piscine, un magnifique centre aquatique
La semaine de relâche m’a permis de découvrir, en compagnie de ma famille et d’amis, le Centre aquatique et gymnique de Terrebonne. Situé à un peu plus de 10 minutes de l’Hôtel de Ville de Sainte-Anne-des-Plaines, il comprend un bassin de nage et de plongeon, de même qu’une grande piscine avec pataugeoire et jeux d’eau. Le tout à l’intérieur.
Le prix d’entrée pour la journée est très abordable. Pour les résidents de Sainte-Anne-des-Plaines, il en coûte 5 $ par adulte et 3 $ par enfant ou adolescent de 3 à 17 ans.
Poser une question…
Je vous laisse sur une citation qu’un ami m’a fait connaître, le week-end dernier: «Poser une question, c’est peut-être avoir l’air fou une dizaine de secondes. Mais ne pas la poser, c’est peut-être avoir l’air fou toute une vie».
Le vrai débat

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Un ami journaliste me disait, il y a quelques années, qu’un chroniqueur politique pouvait faire carrière au Québec autour de trois sujets: la question constitutionnelle, le débat linguistique et les chicanes au Parti québécois. Ce sont là trois sujets qui, à moyen ou à long termes, aura toujours servi le parti souverainiste. Soit en ravivant la flamme nationaliste des Québécois, soit en forçant le parti à se renouveler.
Le débat linguistique intéresse-t-il vraiment les Québécois? J’en doute. En fait, je pense que c’est la notion de débat qui nous interpelle, plus que la question linguistique elle-même. Saku Koivu et le Canadien de Montréal ont commis un grave impair, c’est certain. La réparation, qui est venue quelques jours plus tard, était impérative.
Mais avant de s’offusquer outre mesure de cette omission de la part de Koivu et de ses patrons, il y a lieu de se rappeler que les Québécois francophones eux-mêmes ne prêchent pas par l’exemple. Rares sont ceux qui prennent soin de parler et d’écrire notre langue convenablement. Et ceux qui le font passent souvent pour des pédants ou des prétentieux, ou encore pour des patriotes marginaux.
En ce sens, je suis entièrement de l’avis de Joseph Facal lorsqu’il prétend que si nous aimions vraiment notre langue, nous en prendrions soin à tous les jours, plutôt que de se réveiller collectivement une ou deux fois par demi-siècle.
Le millepatte sur un nénufar
Oui, vous avez bien lu. Millepatte sans trait d’union et sans s à la fin, et nénufar avec un beau f plutôt qu’un ph. Le millepatte sur un nénufar est un livret qui nous informe de la nouvelle orthographe de plus de 2000 mots de la langue française. Entre autres choses, on y trouve de nouvelles règles concernant les accents circonflexes et les traits d’union.
Ce livret m’a été présenté pour la première fois il y a deux ans, par la direction de l’école où j’enseignais à l’époque. On m’a alors dit que je n’étais pas tenu d’en enseigner le contenu, mais que je devais en tenir compte dans la correction des textes de mes élèves. Un an plus tard, soit l’an dernier, on me dit de tout mettre sur la glace et de n’accepter que l’ancienne orthographe de ces mots.
J’ai appris cette semaine que la France, la Suisse et la Belgique appliquaient déjà ces nouvelles règles d’orthographe. En fait, l’Académie française les a adoptées en 1990. Au Québec, comme c’est souvent le cas, on tergiverse.
Et cette attitude risque de causer un cahos orthographique avant longtemps. En effet, l’enseignement de la nouvelle orthographe n’est pas inclus dans le plan d’action pour l’amélioration du français à l’école présenté par la ministre Courchesne, l’automne dernier. Pourtant, que cette nouvelle façon d’écrire nous plaise ou non, les grands dictionnaires ont commencé à l’introduire.
Pire encore, alors que nos enseignants, comme je l’expliquais plus haut, ont reçu le mot d’ordre d’attendre avant de l’enseigner (plusieurs d’entre eux en ignorent d’ailleurs le contenu), les universités québécoises ont décidé de prendre les devants et d’en imposer son utilisation dans les programmes d’enseignement primaire et secondaire. Autement dit, ce n’est qu’une question de mois, quelques années tout au plus, avant que nos écoles ne se retrouvent avec des enseignants formés pour enseigner la nouvelle méthode, et d’autres pour enseigner selon l’ancienne.
On dit qu’une langue vivante est une langue qui évolue. Les Espagnols et les Italiens l’ont déjà compris en réformant l’orthographe des leurs. Les Français suivent maintenant le bal depuis l’automne dernier, alors qu’ils ont officiellement introduit la nouvelle orthographe dans leurs écoles.
La question de la langue d’affichage a touché une corde très sensible il y a une vingtaine d’années. Celle de la langue de service (voire difficulté à se faire répondre en français dans les commerces ou entreprises de certains quartiers de Montréal) revient maintenant sur le tapis, malgré le fait que la situation réelle ait toujours été la même.
À travers tout cela, nous avons une société québécoise francophone qui ne se préoccupe pas vraiment de bien parler et de bien écrire sa langue, et qui regarde de loin une élite universitaire qui, à ce jour, demeure la seule à avoir suivi la langue française dans son évolution.
Quel est donc le véritable enjeu, le vrai débat à lancer? Poser la question, c’est y répondre.
Tenir tête

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Jusqu’en décembre 2006, j’étais pleinement satisfait des services que Bell me fournissait. Sa facture unique, entre autres, me permettait d’effectuer des paiements périodiques couvrant tous mes abonnements. Des versements hebdomadaires, via Accès-D, et je pouvais dormir tranquille. L’enseignant que je suis profitait de ses périodes de vacances (relâche scolaire, vacances d’été et du temps des Fêtes) pour faire un suivi sur ses versements et effectuer les ajustements nécessaires. Et dans presque tous les cas, ces ajustements me permettaient de récupérer de l’argent versé en trop.
C’est tout de même de cette habitude qu’origine mon problème. Après un suivi qui ne m’avait rien signifié d’anormal en août 2006, c’est une très mauvaise surprise qui m’attendait quatre mois plus tard. La facture unique de Bell m’indiquait en effet que je devais une somme frôlant le millier de dollars. Après vérification, je découvre que cette facture salée provenait de Bell ExpressVu, qui me réclamait à grands frais une cinquantaine d’événement qui auraient été commandés entre septembre et décembre, à partir de mon terminal.
Je joins donc sur-le-champ le service à la clientèle de Bell ExpressVu qui, bien qu’admettant avec moi que ni le contenu, ni la fréquence de commande des événements facturés ne correspondaient à mes habitudes de consommation, m’oppose quand même une fin de non-recevoir et exige le paiement complet de la facture.
À la haute direction de Bell
J’ai ensuite pris l’initiative de contacter la haute direction de Bell, à travers une volumineuse lettre dans laquelle je relatais ma mésaventure dans ses moindres détails, en insistant sur le ridicule de la situation. Même si plusieurs personnes m’avaient démontré à quel point il était facile de frauder Bell ExpressVu (et la tentation est grande d’en publier les moyens), les gens de Bell, eux, ne plaidaient que l’infaillibilité de leur système et, dans leur grande indulgence, me proposaient de retrancher quelques centaines de dollars à la facture, afin de me “garder comme client”.
L’Office de Protection du consommateur m’a dit qu’il était inutile de me battre contre Bell, qu’ils étaient très coriaces. On me suggérait plutôt de payer et de poursuivre ensuite l’entreprise devant la Cour des petites créances. Dieu merci, je n’ai pas suivi ce conseil.
Exaspéré par l’attitude arrogante et harcelante de Bell dans mon dossier, j’ai finalement accepté leur ixième proposition de règlement, plusieurs mois plus tard. Il m’en coûterait finalement une centaine de dollars pour acheter la paix. Mais le lien de confiance était brisé.
J’ai donc payé cette centaine de dollars et j’ai ensuite “tiré sur la plogue”, pour employer une expression bien de chez nous. Lorsque j’ai téléphoné pour annuler mes services et acquitter le montant final, l’employé à qui j’ai parlé a été le premier, et le seul à ce jour, à admettre qu’une fraude de mon terminal était possible. Trop peu, trop tard. C’était en juillet dernier.
Bell persiste et signe
Alors que je croyais le dossier clos, c’est le vice-président à la facturation de Bell qui m’a écrit, en octobre 2007, pour me laisser savoir que je leurs devais encore 117 $, montant qui, devant mon refus de payer, a ensuite grimpé à 122 $.
“Contactez mon avocat”
Cette fois, c’en était trop. J’ai répondu au Service de la facturation, avec copie conforme à la haute direction, que non seulement je n’avais aucune intention de donner suite à leur demande, mais que je n’accepterais aucune autre correspondance de leur part, à moins qu’elle ne soit faite par l’entremise de mon avocat, de qui j’ai fourni les coordonnées.
La suite n’a été, encore une fois, qu’harcèlement et arrogance. Une dame de la haute direction a laissé deux messages sur ma boîte vocale, me disant qu’ils ne traitaient qu’avec leurs clients et non des avocats, mais que le mien pouvait toujours contacter le leur s’il le désirait.
Ensuite, c’est non pas une, mais deux agences de collection qui me contactaient plusieurs fois par semaine. Chaque fois, je maintenais la ligne: “Contactez mon avocat”.
J’ai finalement perdu patience le 17 janvier dernier et menacé une agence de collection de porter plainte pour harcèlement.
Tenir tête
Ce n’est qu’hier qu’un autre membre de la haute direction m’a contacté pour me dire qu’il était prêt à régler. Sans admettre les défaillances du système Bell ExpressVu, il a affirmé avoir constaté ma bonne foi et a fermé le dossier.
Je l’ai bien sûr remercié. Je lui ai aussi signifié ma grande amertume face à Bell, mais que j’étais heureux qu’il se soit trouvé quelqu’un pour finalement tourner la page et me présenter des excuses.
Toutefois, je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire que j’avais une pensée spéciale pour toutes ces personnes qui, dans une situation similaire à la mienne, décidaient de payer plutôt que de se battre. Je n’ai également pas pu m’empêcher de lui dire que la vidéo diffusée à grande échelle par l’auteur et humoriste Jean-François Mercier n’était pas sans rappeler le traitement presque identique que m’ont fait subir les employés de Bell. Comme moi, Monsieur Mercier a fini par gagner son point, au prix d’une dure bataille. Il l’explique d’ailleurs dans une autre vidéo.
Le gars m’a alors répondu ne pas être au courant de l’histoire de Jean-François Mercier.
En faisant semblant d’ignorer que des fraudes sont commises à travers leur système, Bell méprise sa clientèle. Mais si elle ignore vraiment l’existence d’une vidéo et d’une histoire qui ont fait le tour des médias et du Québec tout entier, Bell, cette fois, démontre à quel point elle est déconnectée de son marché. Et de la réalité.

Jour 5: Le 9 novembre 2008 « a dit
[...] SADP, Jean-Frédéric Martin commente le ton acrimonieux de ce début de campagne électorale, dans un billet intitulé «Quand les couteaux volent bas». [...]