Mimeau
Publié par Le Survol de la Rive-Nord le Lundi 18 janvier 2010

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
J’ai connu Richard Mimeau à la fin des années 1980. D’abord collègues de travail, lui et moi sommes rapidement devenus amis. Son entourage l’appelle Richard, ses amis intimes l’appellent Mimeau. Il n’est pas complètement inconnu à Sainte-Anne-des-Plaines. Adepte de ballon sur glace, il a affronté les équipes de notre Ligue des As à quelques reprises, ici comme ailleurs.
Mimeau a connu son heure de gloire la semaine dernière. Organisateur hors-pair, le destin a voulu qu’il se trouve à Port-au-Prince, mardi dernier, et qu’il sorte indemne du tremblement de terre. C’est peut-être la meilleure chose qui soit arrivée à quelques centaines de survivants haïtiens.
La catastrophe a eu lieu alors que Mimeau revenait à son hôtel, après avoir donné une formation sur l’organisation politique et la démocratie. « En donnant les bons coups de volant aux bons moments, l’homme qui me conduisait m’a sauvé la vie », a-t-il affirmé lors d’une entrevue au réseau LCN. Il a plus tard appris les décès de l’épouse et des deux enfants de son accompagnateur.
Les murs de son hôtel ayant résisté aux secousses du séisme, Mimeau a rapidement déployé son sens de l’organisation. Aidé de son compatriote Gérard Latulippe (représentant au National Democratic Institute) et de trois médecins présents sur place, il a transformé l’hôtel en hôpital de fortune. Se servant de draps, d’oreillers, de rideaux et de barreaux de chaises, ils ont accueilli et soigné plus de 300 blessés, entre 19 heures et 7 heures le lendemain matin.
Mimeau fut ensuite placé dans le premier avion en partance vers le Canada. Lors de son transit, il a pris soin d’envoyer un émouvant message-texte au journaliste Jean Lapierre. À la fin de ce texte, il mentionne qu’il pense avoir perdu un être cher dans cette tragédie. Ironie du sort, Mimeau travaillait pour l’ex-députée de Vachon et actuelle présidente du Conseil du statut de la femme, Christiane Pelchat, lorsque je l’ai connu. Le conjoint de madame Pelchat, Serge Marcil, est toujours porté disparu depuis que l’hôtel Montana où il venait à peine de débarquer s’est effondré.
Mimeau, je me fais le porte-parole de tous ceux qui t’aiment, ainsi que de ceux qui viennent d’apprendre qui tu es, pour te dire à quel point nous sommes fiers de toi. Tu as fait ce que je t’ai vu faire si souvent, c’est-à-dire réagir spontanément à une situation inconfortable (dans ce cas-ci, c’est le moins qu’on puisse dire…) et passer une nuit blanche à éteindre des feux. Cette fois, tu as sauvé des vies.
Tu as toute mon admiration.
Isabelle Perras a dit
C’est beaucoup d’émotions et de souvenirs que j’ai suivi les péripéties de mon ami Mimeau. Je pouvais l’imaginer en train de courir avec énergie mais avec sang froid pour aider tous ces blessés.
Chapeau cher ami.
Mimeau… Un an plus tard « Le Cyber éditorial SADP a dit
[...] Comme je vous l’expliquais l’an dernier, Richard Mimeau a survécu au tremblement de terre grâce au sang froid de son accompagnateur, qui lui a perdu toute sa famille. Après avoir passé une nuit blanche à soigner des blessés, Mimeau a été placé dans le premier avion en partance pour Montréal. [...]