«La» fameuse fois sur 20…
Posté par cybereditorialsadp le Jeudi 23 avril 2009

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Dans le rapport de son sondage sur la construction d’une piscine intérieure à Sainte-Anne-des-Plaines, émis le 31 mars 2008, la firme L’Observateur mentionnait que l’échantillonnage de 228 répondants sous-tendait une marge d’erreur maximale de 6,5%, 19 fois sur 20. Rappelons que ce même rapport concluait que les répondants se disaient favorables, dans une proportion de 85%, à la construction du centre aquatique. Un an plus tard, un autre exercice de consultation révélait qu’un nombre beaucoup plus considérable de répondants (1097 coupons-réponse, représentant autant de résidences et non de citoyens) se prononçaient cette fois à plus de 74% contre le projet.
Certes, l’opinion des contribuables a évolué depuis l’an dernier. La mairesse Collin l’a admis en point de presse et il s’agissait, selon elle, de l’explication à ce revirement majeur de situation. Mais d’autres éléments doivent aussi être considérés.
D’abord, les résultats du sondage mené par L’Observateur. Très présente dans notre milieu, c’est toute l’équipe éditoriale du Cyber journal SADP qui avait sourcillé en apprenant que 17 Anneplainois sur 20 se seraient prononcés en faveur d’un complexe aquatique intérieur à Sainte-Anne-des-Plaines. Ce n’était vraiment pas ce que nous entendions sur le terrain. Nous avons donc regardé de plus près les résultats du sondage.
Autopsie d’un sondage
La firme L’Observateur, je l’écrivais le mois dernier, est une compagnie dont le professionnalisme ne peut aucunement être remis en question. Les entreprises ayant recours à ses services témoignent hors de tout doute de leur qualité. L’Observateur entreprend cependant ses travaux à partir des données qu’on lui fournit. Et il y a tout lieu de penser que certaines de ces données comportaient un caractère tendancieux. Afin de mieux suivre nos observations, vous pouvez télécharger le questionnaire du sondage en cliquant ici.
Question 1:
Diverses études et consultations récentes montrent que la ville de Ste-Anne-des-Plaines aurait avantage à ajouter une piscine intérieure à ses équipements de loisirs et sport. Personnellement, êtes-vous plutôt favorable ou plutôt défavorable à un tel projet ?
Notre enquête:
À cette question, les répondants se sont déclarés plutôt favorables dans une proportion de 79%. Cependant, les études et consultations mentionnées dans la question n’existent pas. Personne n’a été en mesure de nous fournir un document, ni une référence, confirmant ces études et consultations. Les répondants ont donc été induits en erreur.
Question 2:
Dans le cas où la construction de la piscine intérieure n’affecterait pas votre compte de taxes et que le gouvernement en assumerait 50 % des coûts, seriez-vous plutôt favorable ou plutôt défavorable à un tel projet de piscine ?
Notre enquête:
Cette question n’a été posée qu’à ceux qui s’étaient déclarés défavorables à la première question. Là, 28% des 42 répondants ont changé leur fusil d’épaule et se sont montrés plutôt favorables. Les événements qui ont suivi ont toutefois démontré que l’administration Collin n’a jamais été en mesure de garantir que le compte de taxes n’en serait pas affecté, au contraire. On a parlé d’une augmentation équivalant au prix «de deux sacs de chips par semaine», mais là encore, plusieurs ont émis de sérieux doutes sur la garantie qu’il s’agissait d’un maximum.
Question 3:
Dans le cas où la construction de la piscine intérieure affecterait votre compte de taxes de 2 % ou moins, seriez-vous plutôt favorable ou plutôt défavorable à un tel projet ?
Notre enquête:
Cette question n’a également été posée qu’à ceux qui s’étaient montrés défavorables à la première question. Il y a quand même 11% des 42 répondants qui accepteraient une variation de 2% du compte de taxes en échange d’une piscine intérieure. Cependant, alors qu’un dépliant distribué en février prétendait que l’impact sur le compte de taxes serait de 0,02 $ par résident, il était plutôt question, lors de la rencontre d’information du 17 février dernier, de 0,035 $ par 100 $ d’évaluation. Confusion.
Transparence, transparence,…
C’est un mot que madame Collin n’a cessé de marteler, au cours des derniers mois, lorsqu’il était question du centre aquatique. Un peu comme un journaliste qui sent le besoin de constamment répéter qu’il informe honnêtement la population, souhaitant que ses lecteurs le croient, la mairesse de Sainte-Anne-des-Plaines a maintes fois insisté sur la transparence de son administration. Est-il besoin de rappeler que le projet est né, s’est développé et est mort sans que la population ne fasse l’objet d’une consultation digne de ce nom. Je n’ose pas imaginer la situation dans laquelle nous nous serions retrouvés si les résultats de la consultation par coupons-réponse avaient été serrés.
En passant, j’aimerais bien qu’on me dise comment les membres d’une même résidence qui étaient divisés sur le projet pouvaient s’exprimer sur ce coupon. De la façon dont il était conçu, tous les résidents à une même adresse devaient prendre position du même côté…
Mais là où le manque de transparence devient grossier, c’est lorsqu’on découvre que 300 résidents de la ville voisine de Blainville ont été consultés par la même firme, à l’aide du même questionnaire et que les résultats ont été les mêmes, à quelques points de pourcentage près.
Je le répète encore, L’Observateur a dû travailler à partir de ce qu’on lui a fourni. Autant pour Blainville que pour Sainte-Anne-des-Plaines. Et en observant le questionnaire que je vous invitais à télécharger un peu plus haut, on constate qu’il a été rédigé par Tapage communications, entreprise qui œuvre pour le parti du maire Cantin à Blainville, ainsi que pour Sainte-Anne-Plus, le parti de la mairesse Collin à Sainte-Anne-des-Plaines.
Ce sont des situations comme celles-là qui font qu’une maison de sondages sérieuse rate son coup une fois sur 20.
Pierre Lagacé a dit
Je n’ai jamais entendu un seul politicien ou une seule politicienne reconnaître ses torts quand ça tourne mal…
Et après, ces gens ont le culot de se plaindre qu’on leur prête de mauvaises intentions et qu’on ne les prend pas au sérieux.
Alexandre Payette a dit
Personnellement, j’ai bien hâte d’avoir la transparance de “changer” les choses, lors des prochaines municipales.
Je met “changer” entre guillets car on sait tous qu’on élimine des problèmes pour en ajouter d’autres…