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Nager en eaux troubles

Posté par cybereditorialsadp le Lundi 23 mars 2009

Jean-Frédéric Martin
Un billet de
Jean-Frédéric Martin

Il devient de plus en plus difficile de présumer la bonne foi de l’administration Collin dans le dossier de la piscine intérieure.  À la lumière des derniers événements, il est évident que cette piscine doit être construite.  Pourquoi ?  Vos hypothèses valent les miennes.  Mais les élus agissent comme si tous les engagements formels avaient déjà été pris.  J’espère que ce n’est pas le cas.

Le Cyber journal SADP était présent lors de l’assemblée d’information du 17 février dernier.  Les médias ayant couvert l’événement et les participants consultés étaient unanimes: une forte majorité des quelque 225 citoyens présents étaient contre le projet.  D’ailleurs, aux dires de plusieurs, au sortir de l’assemblée, les visages allongés de plusieurs proches de l’administration Collin, de même que le sourire du conseiller de l’opposition, en disaient long sur l’allure des discussions.

Cette opposition au projet a toutefois été niée par les élus de Sainte-Anne-Plus, lors de l’assemblée municipale du 10 mars dernier.  On a prétendu n’y avoir constaté que des questions d’ordre technique.

Pourtant, tant à l’assemblée municipale que dans le dépliant postal distribué la semaine dernière, aucune mention n’a été faite des observations de monsieur Michel Messier quant aux failles du processus d’appel d’offres.  Monsieur Messier a même prétendu avoir consulté un fiscaliste qui lui aurait confirmé que la soumission retenue était illégale en vertu des changements effectués aux plan initiaux du projet, pour l’adapter au budget.

Aucune mention non plus sur la composition du conseil d’administration du fameux OSBL chargé d’administrer le projet de piscine.  Pourtant, une participante à l’assemblée du 17 février, madame Nancy Chrétien, a habilement réussi a faire admettre à madame Collin que les administrateurs avaient déjà tous été nommés.

Pas plus de mention sur les inquiétudes des citoyens, leur refus de voir leur compte de taxes augmenter, même pour «l’équivalent de deux sacs de chips par semaine», comme le vulgarisait madame Collin.  Encore faut-il vouloir se les offrir, ces deux sacs de chips par semaine.

Et pas un mot sur les nombreux citoyens qui, tant à l’assemblée d’information du 17 février qu’à l’assemblée municipale du 10 mars, ont réclamé un report du projet en raison de la situation économique actuelle.  Plusieurs villes, dont Saint-Jean-sur-Richelieu, ont raisonnablement retardé la construction d’infrastructures sportives à cause de la récession.

Le dépliant distribué la semaine dernière évoque plutôt la nécessité de disposer d’une piscine intérieure à Sainte-Anne-des-Plaines, malgré le fait qu’il s’en trouve déjà huit dans les villes environnantes, dont quelques-unes à moins de 12 minutes de notre centre-ville.  On y affirme même que ce centre aquatique attirera de nouvelles familles à Sainte-Anne-des-Plaines.

Faisons un retour en arrière et constatons l’évolution de notre ville au cours des 15 dernières années.  On y a vu naître un aréna, une école secondaire, un parc industriel, des terrains de soccer, deux supermarchés et plusieurs commerces affiliés à des chaînes.

Est-ce que tout cela a fait croître la population de Sainte-Anne-des-Plaines ?  Aucunement.  Nous avons même connu une légère décroissance durant cette période.  Et soudainement, comme par magie, une piscine intérieure attirerait de nouvelles familles ici, même avec une augmentation de taxes ?  Ça ne tient pas la route.

Tout ceci sans compter le caractère tendancieux, aux limites de l’antidémocratie, du coupon-réponse inclus dans le dépliant.  Lorsqu’on le regarde d’un seul côté, on a l’impression que le fait de l’envoyer donne notre appui au projet.  Lorsqu’on le regarde de l’autre côté, on constate que contrairement à un vote, il est impossible de se prononcer anonymement.

Qui compilera les résultats ?  De quelle façon le seront-ils ?  Le dilemme demeure entier.

L’une des craintes du conseiller de l’opposition, monsieur Denys Gagnon, s’est avérée fondée au cours de la dernière fin de semaine, alors que les poubelles des deux comptoirs postaux locaux regorgeaient d’enveloppes contenant les fameux dépliants et coupons-réponse.

Je ne suis pas du tout d’accord avec la conseillère Lyne Laramée qui affirmait en assemblée publique qu’un véritable référendum sur le projet, pourtant réclamé par plusieurs, n’attirerait qu’entre 200 et 300 voteurs.  À partir du moment où un projet de règlement a réussi à déplacer plus de 800 citoyens un jour de semaine au cours de l’été dernier, il est clair dans mon esprit qu’un projet de l’envergure de la piscine intérieure attirerait un fort pourcentage de l’électorat anneplainois dans le cadre d’une consultation populaire digne de ce nom.  Et si, par le plus grand des hasards, madame Laramée avait raison, cela démontrerait le faible intérêt de la population pour le projet.  Sa remise en question deviendrait alors évidente.

Il n’existe donc qu’une seule solution transparente, démocratique et peu coûteuse: profiter de l’élection municipale de novembre prochain pour consulter véritablement et légalement la population anneplainoise, par référendum.  Quitte à retarder le projet de quelques mois, voire d’une année.  Avec la situation économique qui prévaut actuellement, même les tenants du projet ne pourront raisonnablement s’opposer à ce que toutes les certitudes soient acquises avant de décider définitivement d’aller de l’avant.

3 réponses vers “Nager en eaux troubles”

  1. temps a dit

    Le texte a l’air pertinent et bien construit mais il n’est qu’à charge et manque de données.
    En d’autres mots, quels sont les couts réels moyens de la construction de ce type de structure ?
    Et quels sont les besoins sociaux de la commune ?
    Est-il moral d’endetter des hommes qui ne sont pas encore nés (enfants, petits enfants,…) ?
    Est-ce qu’un parc, un lieux de vie accueillant la vie ne serait pas moins couteux et bien plus profitable (naissance de quelques activités, kiosque, marchant de bonbon, glace, ) ombrages des arbres, bancs publiques, fontaines, bac à sable pour les petits, piste roller …
    En d’autres mots, même si un bloc de béton chloré est à la mode, il en reste couteux à la construction et en entretient, sans compter les nombreuses fois ou ce genre de structure est abandonné ou se transforme en gouffre financier suite aux surprises. Il n’y a qu’à suivre l’histoire de la principale piscine de ma ville.
    cordialement

  2. Pierre Lagacé a dit

    Je m’explique mal cette obsession que dis-je cet acharnement avec ce projet qui n’est pas du tout rassembleur…

    Nos politiciens sont-ils à ce point déconnectés de la réalité économique ?
    Où sont les vrais leaders dans notre communauté ?

    Qui dirige cette ville ? J’aimerais bien le savoir !

  3. Richard Demers a dit

    Moi ce que je trouve dégueulasse c’est qu’on ait dépensé de l’argent public pour un dépliant partisan.La ville pourrait-elle fournir un montant d’argent équivalent à ceux qui sont contre pour qu’ils puissent eux-aussi dire ce qu’ils pensent et l’envoyer à tout le monde par la poste?

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