Une femme… mais surtout, une personne compétente
Posté par cybereditorialsadp le Dimanche 6 avril 2008

Un billet de
Jean-Frédéric Martin
Comme chaque année depuis bientôt 12 ans, j’ai eu le privilège, en fin de semaine dernière, d’assister aux assises annuelles du Mouvement Desjardins. La rencontre de cette année revêtait cependant un caractère particulier: elle marquait le départ à la retraite d’Alban D’Amours, après 8 ans comme président et chef de la direction de la Fédération, ainsi que son remplacement par Monique Leroux.
Depuis son élection, le 15 mars dernier, madame Leroux se promène sur toutes les tribunes. Mais alors qu’elle possède une feuille de route des plus impressionnantes, c’est le fait qu’elle soit une femme qui fait les grands titres.
Il est clair qu’il faut souligner le fait qu’elle soit effectivement la première femme à occuper le siège le plus important d’une institution financière canadienne. Mais il m’est d’avis que les médias ont beaucoup trop mis l’accent là-dessus, laissant en plan les grandes compétences qui l’ont menée à ce poste.
Certains observateurs ont même laissé entendre que madame Leroux aurait peut-être fait l’objet d’un genre de discrimination positive. Dois-je rappeler qu’elle a été élue au sixième tour de scrutin, par un collège électoral de plus de 250 personnes, comprenant une forte majorité d’hommes. Aux dires du président de la Caisse populaire Desjardins de l’Envolée, Gilles Daviault, qui était membre de ce collège électoral, Monique Leroux a mené une campagne sérieuse, où elle s’est montrée à l’écoute des représentants des caisses. C’est selon lui ce qui lui a permis de coiffer ses plus sérieux adversaires au fil d’arrivée.
Bien qu’elle fut, il y a quelques années, première vice-présidente et chef de l’exploitation pour le Québec chez RBC Banque Royale, madame Leroux insiste pour dire que c’est chez Desjardins qu’a débuté son intérêt pour l’épargne et la finance, alors qu’elle ouvrait son compte scolaire, au début des années ‘60.
Elle a aussi occupé des postes de direction chez Québécor et chez Ernst & Young. Elle fut également présidente de l’Ordre des comptables agréés du Québec et a siégé à plusieurs conseils d’administration, dont ceux de la Société des alcools du Québec et de l’Orchestre symphonique de Montréal. Elle a été nommée à la direction des filiales de Desjardins, il y a environ six ans. Elle est ensuite devenue chef de la direction financière, en 2004.
J’ai eu l’occasion de la rencontrer et de la connaître un peu au cours de deux ou trois sessions de l’Institut coopératif Desjardins, où nous faisions partie de la même équipe d’animation. Exigeante envers elle-même autant qu’envers les autres, j’ai surtout retenu d’elle son perfectionnisme et sa soif d’apprendre. Constamment. Et en questionnant tout le monde.
C’est certainement la raison pour laquelle le quotidien La Presse, qui en a fait sa personnalité de la semaine, prétend qu’elle dirigera le Mouvement d’une « main de fer dans un gant de velours ». Une chose est sûre, c’est qu’en réalisant ses engagements de décentralisation pour redonner un meilleur sens à la coopération chez Desjardins, Monique Leroux se démarquera sur l’échiquier financier québécois. C’est ainsi qu’elle démontrera qu’elle est une femme… d’envergure.