Le Cyber éditorial SADP

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Archives pour mars 2008

Pertinent, le Bloc ?

Posté par cybereditorialsadp le Mercredi 12 mars 2008

Albert Rossi
Un billet de
Albert Rossi

À l’origine, le Bloc Québécois a été créé en réaction à l’échec des négociations du Lac Meech, lesquelles, selon le premier ministre canadien de l’époque, faut-il se le rappeler, devaient permettre au Québec de réintégrer la fédération canadienne dans L’HONNEUR ET LA DIGNITÉ ! On se souviendra alors qu’une poignée de députés ont quitté leurs partis respectifs pour créer l’alliance qui deviendra rapidement le Bloc Québécois. Parmi ceux-ci on retrouvait les Bouchard, Lapierre, Plamondon, Rocheleau, etc… Ce parti nouvellement constitué ne devait durer que le temps de répondre au fameux what does Québec want? du Canada anglais, le temps de souligner les failles du fédéralisme et le temps de préparer l’indépendance à la suite d’un référendum que l’on souhaitait gagnant mais qui s’est avéré perdant !

 

Hors justement, je rencontrais l’un de mes bons amis, indépendantiste de la première heure, et l’essentiel de notre conversation portait sur la pertinence du Bloc à Ottawa. C’est alors qu’il a tenu des propos surprenants à ce sujet. En effet, il m’a affirmé haut et fort que, depuis fort longtemps, le Bloc Québécois n’avait plus sa place à Ottawa ! Voyant ma surprise, il a résumé sa pensée qui, force est de l’admettre, a quelque peu ébranlé ma vision de la nécessité du Bloc. Ce dernier, selon ses propos, nuit à la cause indépendantiste puisque le gouvernement fédéral (que ce soit l’un ou l’autre des partis fédéraux) ne reconnaîtra jamais le droit à l’égalité au Québec, droit que lui confère son statut de peuple fondateur de ce pays. Le droit à l’indépendance du Québec ne sera décidé que par la volonté des Québécois et ce n’est pas une délégation de députés qui, avec toute la bonne volonté et l’ardeur déployées à la défense des intérêts du Québec, parviendra à corriger les injustices commises à notre endroit depuis les premiers jours de la Confédération. Selon lui, la mission est terminée. Les éclaireurs doivent rentrer et faire la promotion de l’indépendance au Québec.

 

Curieusement, mes amis fédéralistes en arrivent aux mêmes conclusions que mon interlocuteur, mais évidemment pour des raisons différentes. Chez ces derniers, on prétend que le Bloc Québécois, au contraire, a nui essentiellement aux… Québécois, du fait que les bloquistes n’ont jamais et ne seront jamais là où se prennent les vraies décisions, c’est-à-dire au pouvoir. On prétend de ce côté, qu’il est possible de bien s’entendre si de part et d’autre, on y met la volonté nécessaire et ainsi d’obtenir des gains substentiels pour le Québec sans… les bloquistes, naturellement.

 

Mais qu’en pensent les bloquistes eux-mêmes? Sont-ils les seuls à dénoncer les abus et les scandales, à s’objecter aux mesures fiscales, à la guerre et à d’autres lois, à défendre les intérêts du Québec comme ils le prétendent souvent? Non, je ne le crois pas, au contraire ! Je suis de ceux qui croient que chacun des députés est redevable à ses commettants et que, malgré les contraintes partisannes imposées par leurs options constitutionnelles, ils s’occupent bien de leurs électeurs. N’en déplaise à mes amis du Bloc Québécois, que fait-on de plus chez vous que l’on ne fait pas ailleurs?

 

Se camper derrière un seul énoncé, soit la défense des intérêts ne suffit plus pour justifier une présence active et efficace à Ottawa. Le Bloc Québécois devra réajuster sa stratégie s’il veut demeurer crédible aux yeux des Québécois. Tout en maintenant son rôle de chien de garde au parlement, il devra aussi apprivoiser celui de promoteur de l’indépendance. Il serait sage pour le Bloc d’éclairer le bon peuple sur tous les tenants et aboutissants d’une éventuelle indépendance, de générer des idées, des solutions et de profiter de toutes les tribunes pour informer objectivement, en toute franchise, en toute transparence.

 

Or, un tel virage du Bloc Québécois impliquerait nécessairement une démarche de collaboration intense avec son grand frère le Parti Québécois et un partage distinctif des rôles à jouer. Possible mais… difficile! Quoi qu’il en soit, la survie du Bloc Québécois passe par le rajeunissement des idées et l’information populaire.

 

Permettez que je sois pessimiste à cet égard.

Publié dans Albert Rossi, Politique fédérale, Tous les éditoriaux | Laisser un commentaire »

Choses et autres…

Posté par cybereditorialsadp le Mercredi 5 mars 2008

Jean-Frédéric Martin
Un billet de
Jean-Frédéric Martin

Il y a une foule de sujets sur lesquels je voulais me prononcer cette semaine. Aucun, cependant, ne nécessitait que je lui consacre un long éditorial. Mais tous méritent qu’on s’y attarde ne serait-ce qu’un bref moment.

Le budget fédéral
Notre semaine de relâche a débuté par le dépôt du budget du gouvernement fédéral. Le ministre Jim Flaherty ne passera certainement pas à l’histoire avec le contenu de ce budget. Rien d’étonnant. Un gouvernement minoritaire ne peut se permettre de grandes mesures, à moins de s’assurer l’appui entier d’au moins un parti d’opposition.

Il y a toutefois un élément qui est passé inaperçu dans la présentation de ce budget. En effet, dès l’an prochain les Canadiens pourront déposer jusqu’à 5000 $ dans un compte d’épargne où le rendement ne sera pas imposable. Ceci inclut les gains en capital.

Voilà une excellente nouvelle pour la classe moyenne et les petits épargnants.

Le pétard mouillé de Bob Gainey
Le directeur général du Canadien de Montréal avait promis un grand coup avant la fin de la période des échanges de la Ligue nationale de hockey. Non seulement le grand coup n’est-il pas venu, mais le gardien de but numéro un est parti sous d’autres cieux.

L’équipe s’est-elle détériorée pour autant? Je n’en suis pas si sûr. Il est clair que l’irrégularité de Carey Price risque de coûter cher en séries éliminatoires. Mais le départ de Cristobal Huet libère près de 3 millions $ sur la masse salariale de l’équipe. Si monsieur Gainey veut se reprendre, il aura une occasion en or de signer un ou deux joueurs autonomes d’impact cet été.

La coupe Stanley n’est peut-être pas pour cette année, mais dites-vous que le centenaire du Canadien est l’an prochain. Quel scénario digne d’Hollywood ce serait.

VLB a le feu et y jette son dernier livre
L’auteur québécois Victor-Lévy Beaulieu a symboliquement brûlé une copie de son dernier livre, La grande tribu. Il voulait ainsi manifester son mécontentement face à la situation linguistique et politique du Québec. Il a aussi menacé de bientôt brûler tous ses livres si rien n’est fait pour ramener l’idée de l’indépendance et mettre un frein au bilinguisme qui, selon lui, prend de plus en plus de place au Québec. «La partie est peut-être déjà toute jouée. Si tel était le cas, j’aurai l’impression d’avoir passé ma vie à écrire pour rien», a-t-il déclaré en conférence de presse.

Monsieur Beaulieu avait causé toute une commotion, lors de la dernière campagne électorale québécoise, en déclarant publiquement que son vote irait à l’Action démocratique. Malgré ses positions indépendantistes, il affirmait alors que le Parti québécois, le Parti vert et Québec-Solidaire étaient beaucoup trop «montréalistes» à son goût.

…et madame Marois le refroidit
Cette semaine, Pauline Marois lui a jeté une autre douche d’eau froide en confirmant qu’elle proposera aux instances de son parti d’éliminer complètement la nécessité référendaire de ses statuts. Le PQ optera plutôt pour une «Conversation nationale» sur la souveraineté, ainsi que sur une dizaine d’actions à poser, notamment l’adoption d’une constitution québécoise, à l’intérieur même de la Fédération canadienne.

Je suis convaincu que le PQ fait fausse route. À l’instar du Bloc québécois et du Parti égalité ⁄ Equality Party, le Parti québécois est un parti idéologique, c’est-à-dire un parti politique construit autour d’une idée. Contrairement aux partis pragmatiques, où les adhérents se rejoignent par leurs valeurs, les partis idéologiques rassemblent des gens de toutes les tendances. Avec cette nouvelle prise de position, le Parti québécois choisit de nager entre deux eaux en diluant son idéologie, sans l’éliminer complètement. Pourtant, dans les moments difficiles de son histoire, c’est en réaffirmant son option que le PQ a réussi à survivre et à se renforcer.

Si la mise en plan de l’idée référendaire semble répondre à un vœu populaire, les premiers commentaires sur les différents blogues (dont celui de La Presse) laissent voir des souverainistes désabusés et des tenants d’autres options perplexes. «Trop peu, trop tard», semblent dire plusieurs.

Intéressante politique américaine
Si vous trouvez longues les 5 semaines de campagne électorale de notre système politique, que dire de celui de nos voisins du sud, qui s’étend officiellement sur près de 12 mois.

Les résultats de cette semaine, dans les états du Texas, de l’Ohio, du Rhode Island et du Vermont, ont marqué un point tournant. Chez les Républicains, d’une part, où le sénateur John McCain a été confirmé candidat officiel à la présidence. D’autre part, la course a été relancée chez les Démocrates, quand Hillary Clinton a remporté les primaires dans trois de ces quatre états, ne concédant que le Vermont à son adversaire Barack Obama.

Beaucoup prévoient depuis plusieurs semaines la victoire de monsieur Obama. Dans les chiffres, son avance est telle qu’il sera presque impossible à madame Clinton de la surmonter.

Mais rien ne me surprendra plus dans la politique américaine. Rappelons-nous qu’un seul état, la Floride, a finalement fait envoyer George W. Bush à la Maison Blanche, après qu’Al Gore y ait pourtant été d’abord déclaré vainqueur. Souvenons-nous aussi qu’en 1992, Bill Clinton avait finalement remporté l’investiture démocrate, après avoir tiré de l’arrière durant les premiers mois de tenue des primaires.

Pour ceux que les statistiques intéressent, aucun candidat n’a accédé à la présidence des États-Unis sans avoir remporté les primaires de l’Ohio. Chez les Démocrates, c’est madame Clinton qui les a remportées.

Et pour ceux qui croient en différentes théories conspiratrices, plusieurs sources affirment que le puissant regroupement secret des Illuminati ⁄ Francs-Maçons aurait demandé à ses membres de faire élire Hillary Clinton. Selon des sources similaires, toutefois, John McCain serait lui-même membre des Illuminati ⁄ Francs-Maçons.

Je persiste à croire que Barack Obama remportera l’investiture démocrate. Mais je n’accepterais jamais de parier là-dessus.

Plus qu’une piscine, un magnifique centre aquatique
La semaine de relâche m’a permis de découvrir, en compagnie de ma famille et d’amis, le Centre aquatique et gymnique de Terrebonne. Situé à un peu plus de 10 minutes de l’Hôtel de Ville de Sainte-Anne-des-Plaines, il comprend un bassin de nage et de plongeon, de même qu’une grande piscine avec pataugeoire et jeux d’eau. Le tout à l’intérieur.

Le prix d’entrée pour la journée est très abordable. Pour les résidents de Sainte-Anne-des-Plaines, il en coûte 5 $ par adulte et 3 $ par enfant ou adolescent de 3 à 17 ans.

Poser une question…
Je vous laisse sur une citation qu’un ami m’a fait connaître, le week-end dernier: «Poser une question, c’est peut-être avoir l’air fou une dizaine de secondes. Mais ne pas la poser, c’est peut-être avoir l’air fou toute une vie».

Publié dans Jean-Frédéric Martin, Politique fédérale, Politique étrangère, Sports et loisirs, Tous les éditoriaux | Laisser un commentaire »