Posté par cybereditorialsadp le Samedi 23 février 2008

Un billet de
Pierre Guzzo
Internet est-il là pour rester ? Nul ne saurait le dire. Lorsque la première étincelle jaillit des mains de l’homme (ou était-ce une femme, je ne saurais l’affirmer avec certitude) se doutait-il que le monde tel qu’il était à ce moment venait de basculer et que cette simple étincelle embraserait l’univers à jamais. Gutenberg se doutait-il, et les moines avant lui, qu’ils étaient les premiers grands diffuseurs d’information à des échelles qui allaient devenir, dans un futur pas si éloigné, gigantesques. Que cette planète, autrefois si immense qu’on n’en pouvait définir la forme, allait, après les premiers mètres parcourus par la première automobile de Henry Ford, devenir de plus en plus…petite. Qu’après le premier coup de téléphone donné par M. Bell, cette terre si grande se réduirait de beaucoup, parce que les distances et les connaissances seraient plus accessibles. Devant toutes ces technologies, qui faisaient tomber les distances, certaines difficultés d’apprentissage ont soudainement fait figure académique. Quand la radio et la télévision sont apparues, plus besoin de toucher terre, l’information y circulait comme un fluide, en un univers spatio-temporel des plus abstraits. C’en était joué, nous étions entrés dans l’ère des communications.
Avec internet nous entrons dans l’ère de l’accessibilité de la connaissance à grande échelle/ vitesse grand G. En effet, tout se peut savoir maintenant, plus vite qu’il n’en faut pour l’apprendre ou même l’inventer. On parle même d’une économie du savoir, plus on sait plus on est riche. Tout ce que l’on apprend sur Internet ne nous enrichit pas, ne nous leurrons pas, Internet s’alimente, des connaissances déjà acquises par l’homme, Internet n’invente rien sauf parfois certaines faussetés dont il faut se méfier. Internet se permet même d’être le véhicule des plus parfaites insanités que l’histoire humaine n’ait jamais pu, en sa si imparfaite nature, inventer. Et pourtant Internet trouve sa place dans nos écoles, le plus souvent en toute sécurité. On retrouve sur Internet l’humain dans sa globalité.
Sur le fil du temps, Internet est une continuité des plus normales. Des connaissances, puis, la transmission de ces connaissances, par la parole, et l’écriture, ensuite l’impression en plusieurs copies. Ensuite, l’abattement des distances, puis les ondes hertziennes. La télévision d’aujourd’hui se fait de plus en plus abrutissante et fait naître chez nous des dieux Peoples qui s’imposent en phare d’opinion ou de divertissement des plus inutilement omniprésents. Aujourd’hui, le net vous permet d’apprendre autant que de vous exprimer. Andy Warhol, avec son 15 minutes de gloire pour chacun, faisait figure de devin. Bientôt les barrières physiques tomberont, des personnages Webiens naitront, vous pourrez ou non les consulter, les croire ou croire en eux. Ce qui n’empêchera pas ces mêmes personnages virtuels d’avoir une vie bien à eux, bien concrète, meublée d’amis et de parents avec leur histoire banale ou pas, mais ils auront à la manière Internet, envers et contre tous, pris leur place dans cette grande caravane, ce grand train qu’est l’évolution et qui ne semble jamais vouloir s’arrêter. Les temps et les lieux changent quoiqu’on en dise, les continents deviennent des bases, les pays des repères et votre petite ville elle… elle change aussi. Peu importe notre niveau d’attachement à ce qui fut, si important le passé soit-il et il faut qu’il le soit, pour continuer de témoigner de ce qui a été et nous aider à définir ce qui sera. Mais, qu’on le veuille ou non, le temps poursuit sa route et, étant semble-t-il d’un naturel plutôt ennuyeux, il préfère les changements.
Cet article a été publié le Samedi 23 février 2008 à 10:10 et est classé dans Pierre Guzzo, Tous les éditoriaux.
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