Le Cyber éditorial SADP

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Investir chez nous (dans notre économie et nos rues)

Publié par cybereditorialsadp sur Samedi 3 mai 2008

Jean-Frédéric Martin
Un billet de
Jean-Frédéric Martin

L’an dernier, un voisin est venu frapper chez moi afin que je l’aide à redémarrer sa voiture en panne.  Nous nous sommes vite rendus à l’évidence que la batterie devait être changée.  « Je n’avais pas prévu aller jusque chez Canadian Tire aujourd’hui », m’a-t-il alors déclaré.  Je lui ai fait remarquer qu’il y avait, ici même à Sainte-Anne-des-Plaines, deux excellents commerces de pièces d’automobile.

La réaction est presque toujours la même: on a l’impression que l’achat local nous coûtera une petite fortune.  S’il est vrai que les grandes surfaces offrent généralement le même produit pour quelques dollars de moins, on considère rarement le temps perdu et la distance à parcourir pour se le procurer. 

Il faut remonter loin dans le temps pour trouver de véritables mesures visant à encourager l’achat local à Sainte-Anne-des-Plaines.  La défunte Association des Gens d’affaires en avait fait son principal cheval de bataille, avant de s’éteindre il y a une dizaine d’années.  La moribonde Partenaires Rues principales avait un peu repris le flambeau, dans un contexte de développement local.  Sa dernière création en ce sens, Le Marché de la Place, tente de survivre malgré la perte d’importants appuis financiers et promotionnels.

Le rôle des élus
Un milieu a tout intérêt à investir dans son développement économique.  Les créations d’emplois et réinvestissements qui s’ensuivent compensent largement pour les montants qui y auront été budgétés.  Et si tous les intervenants économiques du milieu doivent se concerter, ce sont les élus qui doivent prendre l’initiative de cette concertation.

Les exemples à suivre ne manquent pas.  Il y a quelques mois, le gouvernement du Québec annonçait un investissement de 14 millions de dollars pour stimuler l’achat d’aliments québécois.  Et à quelques kilomètres de chez nous, la ville de Boisbriand a encouragé une initiative de son regroupement des gens d’affaires, qui lancera dans les prochains jours un passeport fidélité qui permettra d’obtenir des rabais chez les commerçants locaux participants.

 Mon voisin a finalement suivi mon conseil et acheté sa batterie dans un commerce du boulevard Sainte-Anne.  « Il est dans les prix », a-t-il candidement conclu, après une course de seulement 20 minutes et deux kilomètres.

Des fleurs…
Je me réjouis de voir le territoire de Sainte-Anne-des-Plaines être enfin divisé en districts électoraux.  Cette décision ne fait pas que des heureux, j’en conviens, mais je demeure convaincu que les opposants verront rapidement leurs craintes s’apaiser.  Les citoyens auront maintenant la possibilité d’élire un conseiller ou une conseillère qui connaîtra leur réalité et qui leur consacrera son rôle.  De plus, quatre des six districts proposés comprennent une zone rurale.  Le milieu agricole s’assure ainsi qu’un minimum de quatre élus puisse entendre ses demandes. 

Cette décision rendra plus efficace l’administration de la Ville.  Bravo.

…et le pot.
J’ai beaucoup moins apprécié les échanges d’invectives entre l’hebdomadaire Le Point d’impact et le conseil municipal, représenté pour l’occasion par la conseillère Isabelle Charbonneau, au sujet des nids-de-poule dans les rues de la ville.

Oui, il y a un important problème de nids-de-poule à Sainte-Anne-des-Plaines.  Mais je suis resté surpris de voir l’hebdomadaire anneplainois pointer la Ville aussi sévèrement en manchette d’une de ses éditions du mois de mars, alors que les rues étaient toujours à moitié ensevelies sous la neige et qu’une opération de réfection n’aurait amélioré la situation que pour quelques jours, tout au plus.  Cette virulence m’a rappelé celle de son principal concurrent imprimé qui, il y a quelques années, avait démontré la même attitude démagogue pour dénoncer ce qu’il qualifiait à l’époque de négligence de l’administration municipale.

Cependant, la réplique de la conseillère Charbonneau, en pleine assemblée publique, a de quoi susciter certains commentaires.  D’abord, ce n’est pas la première fois qu’un membre de l’actuel conseil municipal s’en prend aux médias locaux, plus souvent qu’autrement au Point d’impact, suite à certaines critiques.  La critique fait partie intégrante de la vie publique.  Qu’elle convienne ou non, il faut savoir l’accepter et la voir de manière constructive.  Exprimer son désaccord est une chose, mais on ne gagne rien à le faire d’une manière agressive.

Ensuite, les arguments apportés par madame Charbonneau ont de quoi laisser perplexe.  Que la Ville ait fait de gros efforts à ce chapitre depuis 2003 ne fait pas de doute.  Mais force est de constater que nous en sommes maintenant au mois de mai et que les rues sont toujours pleines de trous.  Qui plus est, elles ne sont pas encore nettoyées.  Avec la neige entièrement fondue et le dégel qui est bel et bien chose du passé, les excuses se font de moins en moins nombreuses. 

J’aurais aimé que madame Charbonneau évoque l’incongruité et l’inutilité de réparer les nids-de-poule en mars, alors que la neige et le gel sont encore très présents.  Mais elle a plutôt suggéré des raisons monétaires, parlant du vaste territoire de Sainte-Anne-des-Plaines qui abrite une population moins nombreuse que celles des villes environnantes.  Il est difficile de considérer cet argument quand on sait que l’on a budgété ou dépensé plusieurs centaines de milliers de dollars pour des projets qui en font sourciller plusieurs, alors que certaines artères ont vu leur repavage retardé l’an dernier et que le besoin se fait de plus en plus criant pour d’autres.  Avec un surplus dépassant les 665 000 $ pour l’année 2007, la Ville a les moyens de ses priorités.

 De plus, j’appuie entièrement la conseillère lorsqu’elle demande à la population de conduire prudemment, de ne pas faire de vitesse excessive et de signaler à la voirie tout nid-de-poule dangereux.  C’est là le devoir d’un bon citoyen.  Mais avec un compte de taxes substantiellement plus élevé qu’il ne l’était il y a quelques années à peine, le citoyen est aussi en droit d’en réclamer un peu plus pour son argent.

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Les jeans ont déjà été taille haute et la ficelle, une petite corde… pas un sous-vêtement !

Publié par cybereditorialsadp sur Jeudi 24 avril 2008

Pierre Guzzo
Un billet de
Pierre Guzzo

Autrefois, sexualiser quelqu’un ou quelque chose était une façon de se démarquer, de provoquer. Un sein pointé bien haut ou un mouvement lascif bien chorégraphié suffisait à un artiste à faire classe à part. Que l’on pense à Madonna, toute grande artiste soit-elle, qui nous a fait vivre toutes les émotions qu’un acte sexuel observé peut provoquer. On se dévêt un peu ici, je te fouette par là, on fellationne à qui mieux mieux, on souffre, on jouit. Le plaisir atteint un paroxysme à chaque vidéo, c’est la génération orgasme. Pourtant une grande danseuse comme Margie Gillis, ou même La grande Isadora avant elle, fut lascive et courtement vêtue, mais leurs actions sont toujours restées au niveau de l’art. Aujourd’hui l’hyper-sexualisation chez les jeunes devient un problème. Pourquoi ? Parce qu’il y a eu banalisation de la chose : le rocker séduit, la groupie succombe, le rapeur est riche et domine, la groupie obéit, Madonna part en goguette, toute une génération la suit.

 

Ce dont le jeune hyper-sexualisé manque, c’est de détachement. Depuis toujours, les jeunes tentent d’imiter leurs idoles au lieu de se forger une personnalité qui leur soit propre, mais qui risquerait d’être ridicule. Souvent, le jeune qui manque de repères va niveler vers le bas et adopter une personnalité commune (sans jeu de mot…), une personnalité qui a fait ses preuves à la télé.  La personnalité est un facteur qui caractérise l’humain et qui se développe au contact de la culture environnementale, de l’éducation familiale, des modèles proposés et des milieux scolaires, que l’on ne pourrait ici accuser d’encourager ce phénomène.

 

 

Selon moi, c’est de la maison que tout part.  C’est à la maison qu’un enfant apprend à se respecter, à s’habiller, à avoir des comportements sexuels acceptables (et ça peut-être large acceptables).  Quel est donc le niveau de culture que l’on retrouve à la maison ?  L’éducation est-elle rigoureuse ?  Quels sont les modèles proposés ?  Dans certains cas, les parents se désintéressent complètement de l’habillement et du comportement de leurs enfants, ce qui est grave.  Ou encore pire, ils les acceptent, en se disant qu’ainsi leurs enfants ne seront pas rejects, qu’ils seront mieux acceptés en faisant partie de la norme.  Vaut mieux une région pubienne à l’air, qu’une nerd avec des amis pas cool.  J’ai tendance à féminiser le problème mais avouez que les gars se dénudent rarement dans les pubs; par exemple, regardez les Serge à la télé comme ils sont habillés correctement (jeans, polo) et voyez les p’tites poupounes autour d’eux.

 

Mais attendez-vous vraiment qu’un ado s’en plaigne ??  Le problème est sérieux, il mérite que l’on s’y attarde, un enfant qui arrive dans la vie avec un bon bagage culturel et une bonne éducation (scolaire ET familiale) part bien équipé.  C’est sûr que c’est plus d’ouvrage, mais j’pense que ça en vaut la peine.

 

Et puis le non-combat qu’est l’hyper-sexualisation aura paradoxalement fait faire un gain à la femme :  la craque de fesses n’appartient plus qu’aux plombiers !

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Une femme… mais surtout, une personne compétente

Publié par cybereditorialsadp sur Dimanche 6 avril 2008

Jean-Frédéric Martin
Un billet de
Jean-Frédéric Martin

Comme chaque année depuis bientôt 12 ans, j’ai eu le privilège, en fin de semaine dernière, d’assister aux assises annuelles du Mouvement Desjardins.  La rencontre de cette année revêtait cependant un caractère particulier: elle marquait le départ à la retraite d’Alban D’Amours, après 8 ans comme président et chef de la direction de la Fédération, ainsi que son remplacement par Monique Leroux.

Depuis son élection, le 15 mars dernier, madame Leroux se promène sur toutes les tribunes.  Mais alors qu’elle possède une feuille de route des plus impressionnantes, c’est le fait qu’elle soit une femme qui fait les grands titres.

Il est clair qu’il faut souligner le fait qu’elle soit effectivement la première femme à occuper le siège le plus important d’une institution financière canadienne.  Mais il m’est d’avis que les médias ont beaucoup trop mis l’accent là-dessus, laissant en plan les grandes compétences qui l’ont menée à ce poste.

Certains observateurs ont même laissé entendre que madame Leroux aurait peut-être fait l’objet d’un genre de discrimination positive.  Dois-je rappeler qu’elle a été élue au sixième tour de scrutin, par un collège électoral de plus de 250 personnes, comprenant une forte majorité d’hommes.  Aux dires du président de la Caisse populaire Desjardins de l’Envolée, Gilles Daviault, qui était membre de ce collège électoral, Monique Leroux a mené une campagne sérieuse, où elle s’est montrée à l’écoute des représentants des caisses.  C’est selon lui ce qui lui a permis de coiffer ses plus sérieux adversaires au fil d’arrivée.

Bien qu’elle fut, il y a quelques années, première vice-présidente et chef de l’exploitation pour le Québec chez RBC Banque Royale, madame Leroux insiste pour dire que c’est chez Desjardins qu’a débuté son intérêt pour l’épargne et la finance, alors qu’elle ouvrait son compte scolaire, au début des années ‘60.

Elle a aussi occupé des postes de direction chez Québécor et chez Ernst & Young.  Elle fut également présidente de l’Ordre des comptables agréés du Québec et a siégé à plusieurs conseils d’administration, dont ceux de la Société des alcools du Québec et de l’Orchestre symphonique de Montréal.  Elle a été nommée à la direction des filiales de Desjardins, il y a environ six ans.  Elle est ensuite devenue chef de la direction financière, en 2004.

J’ai eu l’occasion de la rencontrer et de la connaître un peu au cours de deux ou trois sessions de l’Institut coopératif Desjardins, où nous faisions partie de la même équipe d’animation.  Exigeante envers elle-même autant qu’envers les autres, j’ai surtout retenu d’elle son perfectionnisme et sa soif d’apprendre.  Constamment.  Et en questionnant tout le monde.

C’est certainement la raison pour laquelle le quotidien La Presse, qui en a fait sa personnalité de la semaine, prétend qu’elle dirigera le Mouvement d’une « main de fer dans un gant de velours ».  Une chose est sûre, c’est qu’en réalisant ses engagements de décentralisation pour redonner un meilleur sens à la coopération chez Desjardins, Monique Leroux se démarquera sur l’échiquier financier québécois.  C’est ainsi qu’elle démontrera qu’elle est une femme… d’envergure.

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