Le Cyber éditorial SADP

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De la désinformation

Posté par cybereditorialsadp le Samedi 24 octobre 2009

Jean-Frédéric Martin
Un billet de
Jean-Frédéric Martin

Le conseiller municipal Denys Gagnon serait-il un surhomme ?

C’est la conclusion qu’il faudrait peut-être tirer si ce qui circule sur son compte, à Sainte-Anne-des-Plaines, s’avère fondé. Parce qu’à en croire certaines rumeurs, entendues à maintes reprises au cours des dernières semaines, le conseiller de l’opposition aurait réussi à bloquer à lui seul toute une série de projets de l’administration municipale actuelle.

La dernière en lice n’est pas la moindre. Il aurait fait avorter l’achat par la Ville d’un terrain sur le boulevard Sainte-Anne, terrain sur lequel on projetait un zonage commercial. Les propriétaires du terrain n’étaient pas contents et le lui auraient fait savoir. Le hic, c’est que monsieur Gagnon n’a jamais eu l’opportunité de se prononcer sur ce règlement, puisqu’il n’a finalement pas été amené à l’ordre du jour d’une assemblée publique par l’administration Collin.

Désinformation partisane

De 2003 à 2005, il était de bonne guerre que les deux élues de Sainte-Anne Plus d’alors, mesdames Danielle Demers-Thérien et Isabelle Charbonneau, accusent la majorité au Conseil, dont faisait partie monsieur Gagnon, de s’opposer systématiquement à leurs propositions. La politique étant ce qu’elle est, cette tactique a quand même rapporté ses dividendes à Sainte-Anne Plus, même si le nombre de résolutions adoptées à l’unanimité durant cette période démontre que l’opposition était finalement loin d’être aussi systématique.

Là où ça devient grossier, c’est quand encore aujourd’hui, on pointe du doigt Denys Gagnon, ainsi que quelques membres non élus de sa formation politique, pour justifier des échecs de l’administration municipale en place. Je fais ici notamment référence au dossier de la piscine intérieure, de même qu’à la non obtention de la subvention fédérale pour la réalisation des travaux d’infrastructures de la 2e Avenue et de l’avenue Therrien. Seul contre six, le vote de monsieur Gagnon ne pèse pas lourd dans la balance.

Des faits

Les campagnes électorales sont faites pour promouvoir et dénoncer. À la rigueur, on peut aussi accuser. Mais dans tous ces cas, il faut démontrer et étayer ses affirmations avec des faits concrets et vérifiables. Sinon, il s’agit de désinformation pure et simple.

Un exemple de faits concrets et vérifiables ? Voyons un peu…

Fait numéro un:

Médifice est une entreprise de construction dont le siège social est situé à Boisbriand. Médifice est spécialisée dans la construction d’édifices médicaux. Vous pouvez vérifier en cliquant sur ce lien: http://www.medifice.com/

Fait numéro deux:

Sainte-Anne Plus propose ni plus, ni moins que la construction d’une nouvelle clinique médicale à Sainte-Anne-des-Plaines. Vous pouvez vérifier en lisant ce communiqué de presse du parti Sainte-Anne Plus: http://www.sainte-anne-plus.org/pdf/comm_01102009.pdf

Fait numéro trois:

Qui a installé les panneaux électoraux de Sainte-Anne Plus sur le territoire de Sainte-Anne-des Plaines ? Un coup d’œil sur la photo ci-dessous vous apportera peut-être un élément de réponse.

Vous pouvez cliquer dessus pour l’agrandir.

Medifice

Y a-t-il un fil conducteur entre ces trois faits ? Je vous laisse tirer vos propres conclusions.

Publié dans Jean-Frédéric Martin, Politique municipale, Tous les éditoriaux | 6 Commentaires »

Corruption, quand tu nous tiens !

Posté par cybereditorialsadp le Mercredi 30 septembre 2009

Jean-Frédéric Martin
Un billet de
Jean-Frédéric Martin

Un article d’Éric Clément publié dans La Presse, la semaine dernière, a attiré mon attention.  Selon un sondage Angus Reid – La Presse, la moitié des Montréalais ne croit pas le maire Gérald Tremblay lorsqu’il prétend avoir été mal informé par ses conseillers politiques dans le dossier des compteurs d’eau.  Personnellement, je ne suis pas prêt à lancer la pierre à monsieur Tremblay.

Certes, le maire de Montréal doit assumer la responsabilité des bavures de son administration.  Mais son évidente naïveté m’empêche de l’associer tout de go à la corruption dont il est de plus en plus question dans la métropole québécoise.

Parce qu’il est bien clair que la corruption est un mal qui est en train de se répandre bien au-delà des limites de Montréal.  Le reporter Alain Gravel, de Radio-Canada, enquête depuis maintenant plusieurs mois sur la corruption dans l’industrie de la construction.  Dans le reportage diffusé lundi dernier sur l’agression subie par le conjoint d’une candidate à la mairie de Boisbriand, monsieur Gravel mentionnait d’entrée de jeu que c’est cette enquête qui l’avait mené jusqu’à la couronne nord de Montréal, d’où il a été affecté à la couverture de ce fait divers.  On peut également ajouter que les plaintes se font de plus en plus nombreuses quant aux contrats offerts sans appel d’offres par les municipalités, à plusieurs firmes amies œuvrant dans différents domaines.  Les apparences de conflits d’intérêts se multiplient.

C’est que le lobby est de plus en plus présent dans les villes et municipalités.  Il faut comprendre que ce n’est pas payant de faire de la politique.  Les gens aptes à diriger doivent généralement accepter une sérieuse diminution de salaire pour accéder à un poste qui les occupera plusieurs heures par jour, en plus de faire baisser considérablement leur cote de popularité.  Dans ce contexte, les vocations sont moins nombreuses qu’elles ne l’étaient.

Il est donc devenu monnaie courante de faire élire des personnes bonasses, voire naïves, n’ayant aucune expérience en politique, souvent en leur faisant miroiter une notoriété qu’elles n’auraient pas obtenue autrement, pour ensuite les « guider » dans leurs décisions administratives.

Pour quiconque s’implique dans les organismes de la région, ce n’est plus un secret qu’un même consortium composé de firmes d’ingénieurs, de compagnies d’asphaltage et de construction, d’une firme d’avocats, d’une boîte de communications et de quelques consultants travaille activement à faire élire ou réélire ses protégés.  C’est aussi une tendance que l’on retrouve un peu partout au Québec.  Les fameux consultants sont généralement d’ex-politiciens ou organisateurs politiques.

Une fois en place, les élus, sur recommandation des consultants en qui ils ont une entière confiance, octroient les contrats de la ville aux membres du consortium.  Lorsqu’il y a appel d’offres et que les entités municipales sont soumises à la règle du plus bas soumissionnaire, les firmes amies s’entendent entre elles et s’échangent les plus basses soumissions d’une municipalité voisine à l’autre.

Il va sans dire qu’une partie de l’argent recueilli est soigneusement engrangé jusqu’à l’élection suivante, où il reviendra non pas au parti politique (qui serait obligé de le comptabiliser dans ses dépenses électorales), mais à ses organisateurs dits « bénévoles ».  Quant aux consultants, il n’est pas rare de les voir profiter des quatre années de pouvoir de leurs groupes d’élus pour faire adopter des projets d’envergure (comme la construction d’infrastructures récréatives, par exemple) et de réclamer des ingénieurs et⁄ou constructeurs engagés une quote-part de ce qui leur sera versé.  Pour un projet de plusieurs millions $, une quote-part variant de 1 % à 2 % devient très intéressante.

Ainsi, lorsque certaines manigances ou certains conflits d’intérêts sont mis à jour, les professionnels impliqués peuvent facilement s’en laver les mains, prétextant qu’ils n’avaient pas eux-mêmes à juger du degré d’un potentiel conflit d’intérêts.  Certains ont déjà déclaré ne pas avoir à être gênés d’obtenir des mandats des conseils municipaux.  Au pire, les contrats sont suspendus ou annulés, moyennant d’importantes compensations, comme c’est présentement le cas à Montréal.  Il est donc clair que quand l’abcès crève, ce sont les élus qui sont éclaboussés.  Il suffit alors d’un bon nettoyage, et on recommence.

Pauvre Gérald Tremblay !

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Où est passé le livre comptable ?

Posté par cybereditorialsadp le Jeudi 20 août 2009

Jean-Frédéric Martin
Un billet de
Jean-Frédéric Martin

Situation pour le moins embarrassante lors de l’assemblée municipale du 11 août dernier.  Au cours de la période de questions des citoyens, le chef du parti Vision Action, Guy Charbonneau, a dévoilé l’extrait d’un document du Registraire des entreprises du Québec, concernant l’organisme Réseau famille activités.  Cet organisme sans but lucratif, immatriculé en 1999, gère le Fonds communautaire de la mairesse Collin.  Le document démontre que l’organisme est en défaut, n’ayant pas déposé ses déclarations annuelles pour les années 2007 et 2008.

Cette révélation a fait bondir le conseiller Michel Forget, qui a accusé monsieur Charbonneau, à l’aide de termes plutôt colorés, de faire tout un plat avec des choses sans importance.  J’ai trop de respect envers monsieur Forget pour critiquer ici la forme de sa réaction.  Le nom de sa conjointe venant d’être nommé par la mairesse parmi les administratrices de l’organisme, il peut arriver que sur le coup de l’émotion, le français ne soit pas exprimé de manière correcte et que les mots employés se révèlent inappropriés.

Sur le fond, toutefois, je dois admettre mon profond désaccord avec le conseiller.  Parce qu’il ne s’agit pas ici de peccadilles ou de choses sans importance.  Il s’agit d’un organisme qui reçoit et distribue de l’argent au nom de la mairesse de Sainte-Anne-des-Plaines, notamment avec son Tournoi de golf et la Fête de la Famille.  Depuis deux ans, cet organisme ne respecte pas la loi.

Curieusement, c’est depuis l’avènement de la Fête de la Famille que Réseau famille activités ne dépose plus ses déclarations annuelles.  La Ville n’a d’ailleurs jamais déposé de bilan des deux éditions de l’événement.  Lors de l’assemblée publique de février 2008, le conseiller de l’opposition Denys Gagnon s’était opposé à la tenue de la seconde édition, n’ayant pas eu le bilan de la première ni le plan d’affaires ou les projections de celle à venir.  Il avait alors précisé qu’il ne pouvait pas voter en faveur d’un projet pour lequel il n’avait aucune information.

Neuf mois plus tard, au cours de la séance publique de novembre 2008, le conseiller Gagnon a concrètement demandé à la mairesse Collin de déposer les bilans des deux éditions de la Fête de la Famille et de son Tournoi de golf.  Madame Collin l’avait alors rabroué et n’a jamais donné suite à sa demande.

Il s’agit là d’un manque flagrant de transparence de l’administration municipale.  Un autre, préciseront certains.  Et pour Réseau famille activités, il s’agit d’une transgression de la loi.  D’une part parce que le dépôt de la déclaration annuelle est obligatoire.  D’autre part, parce que l’organisme, à partir du moment où il collecte et distribue de l’argent au nom de Catherine Collin, doit rendre des comptes.  S’il est apolitique, malgré le fait qu’il ne soit administré que par des proches du parti Sainte-Anne-Plus, les fonds recueillis et distribués au nom de la mairesse de Sainte-Anne-des-Plaines doivent être mentionnés dans les états financiers de la Ville et transmis au ministère des Affaires municipales, tel que stipulé dans l’article 105.2 de la Loi sur les cités et villes.  Si au contraire Réseau famille activités est un organisme partisan, il agit alors au nom de la chef du parti Sainte-Anne-Plus et un rapport annuel doit être acheminé au bureau du Directeur général des élections.

S’agit-il d’une erreur, une négligence, un oubli ou une omission ?  Je suis de ceux qui préfèrent présumer la bonne foi des gens et ce cas-ci ne fera pas exception.  Mais il y a des suites à donner, et vite.

La première étape consiste à régulariser la situation.  Les états financiers suite aux activités doivent être rapidement préparés, vérifiés et déposés.  Les deux déclarations annuelles manquantes doivent également parvenir au Registraire des entreprises du Québec.

La seconde étape sera l’explication.  Comme ce fut le cas à plusieurs reprises au cours des dernières assemblées publiques, madame Collin n’a apporté aucun élément de réponse et a préféré prendre le tout en délibéré jusqu’à la prochaine assemblée.  C’est là son droit le plus strict.  Mais elle devra maintenant se présenter à la séance de septembre avec ce dossier classé, ou en bonne voie de l’être, et en justifier tous les tenants et aboutissants.

C’est une question de transparence et d’intégrité.

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